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Noein est un dessin animé japonais qui s'est arrêté en 2006... L'année suivante naissait le projet de jeunes Normands qui se réunissaient pour faire mal... Même si dans leurs rangs on trouve deux demoiselles (Cindy à la basse et Jennifer au chant), accompagnées par Nicolas (guitare et samples), Adrien (guitare) et Sylvestre (batterie), le quintet fait quelques concerts, enregistrent un premier EP carton avec Thibault Chaumont (The initial tale en 2010), se font un joli nom sur papier comme sur scène et passent à l'étape supérieure avec la sortie en mai 2013 de Infection - Erasure - Replacement. Ce premier album dispo via Klonosphère est également enregistré par Thibault Chaumont (Trepalium, Miss Burton, Klone...) et bénéficie du superbe travail graphique d'Hicham Haddaji (Strychneen Studio déjà bien connu pour son travail avec Klone, As They Burn, Trepalium...).

Noein / Chronique LP > Infection - Erasure - Replacement

Noein - Infection - Erasure - Replacement Comme c'est quelques mois après le départ de Candice (Eths) que Noein sort son premier album, on ne peut s'empêcher de voir une sorte de passage de flambeau... Car Jennifer a les mêmes atouts vocaux que la marseillaise : une voix puissante, un growl plus que convaincant et une certaine facilité à jouer de sa douceur quand il le faut. S'il fallait forcément qu'un groupe de métal emmené par une fille représente la France, on ne chercherait pas plus loin... Passage de flambeau également au niveau du style car après une bonne grosse dizaine d'années à composer une musique influencée par la vague néo (avec KoRn en référence marquante lors de l'adolescence), nombreux sont les groupes qui émergent avec l'envie d'en découdre à l'ancienne avec un death metal option nouvelle génération, celle qui s'est affranchie des codes du genre pour le bonifier, pour ce qui est de l'hexagone, les portes défoncées par Gojira ont permis la mise en valeur de ce courant (d'air).

Le temps de grandir et de sortir un excellent EP et voilà donc Noein bien mûr pour s'affirmer comme un poids lourd et pourquoi pas un leader... Comme on avait raté ce premier jet (ou l'inverse) et que le groupe a eu la bonne idée de le mettre en bonus dans son digipak, on peut prendre quelques lignes pour en parler. En 5 titres, The initial tale frappait déjà fort, mettant en exergue le potentiel de Jennifer, appuyant sur les contrastes entre mélodies suaves (The Gathering, Lacuna Coil...) et agressions sauvages. Musicalement, ça bastonnait sévère quasiment du début à la fin, quelques touches d'électroniques éclaircissaient l'ensemble mais on ressortait de ce premier conte étouffé et lessivé. On ne pouvait reprocher à Noein que la volonté d'en faire trop (trop de vitesse, trop de technicité) et donc d'être parfois un peu brouillon mais c'était histoire de pinailler. Car on peut d'autant plus le faire qu'avec Infection - Erasure - Replacement, Noein a gommé ces minuscules défauts et a semble-t-il encore durci le propos, les passages délicats et mélodieux étant plus discrets. Le chant clair a quasiment disparu (ne subsistent que quelques relicats sur la fin de "Will live") et c'est un peu dommage car on aimerait pouvoir souffler davantage que sur les trois seuls intermèdes qui donnent son nom à l'opus ("Infection", "Erasure" et "Replacement"). Les constructions qui donnent davantage leur place aux changements de rythme et au sample (comme l'introductif acronymique "I.E.R" ou "D-MOX") peuvent être aussi percutants que les boucheries intégrales du bon niveau de "Human update".

Technique, puissant, efficace, servi dans un bel écrin, agrémenté d'un petit cadeau intelligent, Infection - Erasure - Replacement score sur tous les tableaux, Noein sait y faire pour nous séduire et réussit un sacré coup. Ils ont tout pour s'imposer, y compris hors de nos frontières, c'est tout le mal qu'on leur souhaite.