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No Flag > Interview / interview HardCore des No Flag (mars 2002)
Interviewer les No Flag, c'est très facile à dire mais pas forcément à faire... En tout cas pour moi qui les connaît depuis maintenant pas mal de temps... Alors à poser des questions du genre "votre album tue, c'est génial non ?", on aurait pu me taxer de chauvinisme excessif, j'ai donc décidé de leur préparer une interview HxC, avec des questions méchantes ! Ou presque... J'avais même prévu de les poser méchamment mais un mal de gorge m'ayant miné, c'est plus comme un tuberculeux que je me présente face à Arno (chant) et Mic (basse) dans leur loge de l'Escapade...

no flag : live
Arno : On aurait pu faire un album au bout de 3-4 ans mais on aurait fait un album de merde donc on a préféré attendre 10 ans et faire un album qu'on estime ... vraiment bien.
Mic : Il a fallu attendre un peu de maturité sur tout ce qui est l'encadrement du groupe. Depuis le début on ne fait que des dates, que des dates et c'est ce qui nous importait, on faisait des démos quand on pouvait, quand on avait un peu de caillasse. On faisait des dates et on enregistrait 3-4 titres, mais on ne voyait pas plus loin. On ne pensait pas à une quelconque professionnalisation et là, on l'a fait parce que ça nous paraissait être le bon moment. Si on l'avait fait avant, on n'aurait pas été 100% satisfait, là, on a ce qu'on voulait faire.
Le cap du 1er album est difficile à franchir pour un jeune groupe, ça se passe comment pour vous qui êtes déjà "vieux" ?
A : Là, on peut chacun s'acheter une New Beatle (rires)
M : Maintenant, on est plein de thunes !
A : On s'est tous acheté une baraque ! (rires) "un vieux groupe"... Disons qu'on a acquis de l'expérience et on ne voit pas ce premier album comme un premier album mais comme l'album de No Flag pour l'instant et il y a en aura un suivant...
Dans 10 ans ?
A : Peut-être... (rires)
M : Nan, 2003 on va dire...
No Flag serait où vous en êtes sans les liens d'amitiés qui vous unissent depuis longtemps aux gens qui vous entourent (au son, aux lights, Stéphane Buriez, Ric...)
M : No Flag, c'est ça, c'est pas 6 mecs sur scène, c'est les gens qui sont tout le temps avec nous depuis le début sur le son, les lights, le management, c'est des potes, c'est une famille.
A : On ne bosse qu'avec des gens qu'on aime bien et avec qui on a certaines affinités. Tu cites Stéphane Buriez, on a toujours bossé avec lui, même sur notre première prod' parce qu'on sait qu'avec lui, ça va bien se passer. On ne change pas une équipe qui gagne !
Dans le livret, on retrouve "No" et "Refusing" assez souvent, No Flag sait dire oui à quelque chose ?
A : Oui à la drogue !
M (avec un accent à la B.P. dans C'est arrivé prés de chez vous) : Drogue, argent sale et notoriété : oui, oui et oui !
A : Et plein de filles
M : Nan, nan nan !
A : Bon, bah des mecs !
Gus : Des poneys !
M : Et sinon, t'as des questions intelligentes ?
M (tout prés du micro) : Sinon, t'as des questions intelligentes ?

no flag : live
M : Ah, putain, j'ai les boules (rires)
"No Flag" mais pourtant le CD est tout bleu, bleu comme l'espoir, comme le ciel, la mer... comme une couleur de drapeau ?
A : Un bleu grisâtre quand même...
M : Non, c'est parce que toi, tu lis et tu prends tout au premier degré, au pied de la lettre...
Non, c'est parce que moi, je pose des questions intelligentes pour que les groupes s'expliquent ! (rires)
M : No Flag, c'est un appel à l'unification, à aucune catégorisation, un non encore au nationalisme, pas de drapeau ou alors un drapeau unique ... No Flag... Ca te va pas ?
Si si...
La reprise des Dead Kennedys est finalement plus proche de la version originale que du reste de vos titres, pourquoi ne pas l'avoir davantage NoFlagisée ?
M : Parce que c'est un titre 100% punk et il est très bien comme il est. Il ne fallait pas commencer à le changer, il y a d'autres groupes qui l'ont repris et qui l'ont mis à leur sauce, c'est très bien mais Dead Kennedys c'est mon adolescence, c'est un culte et on a essayé de na pas les entâcher. Déjà, c'est notre voix, notre son...
A : Faut dire aussi qu'on avait pas le temps ! On l'a fait à l'arrache...
M : On l'a faite en une prise !
A : On l'a travaillée et on l'a enregistrée à la fin de la session.
M : A la dernière demi-heure de studio, on s'est dit "tiens, on ferait pas une petite reprise des Dead Kennedys, allez on y va !"
A : Et elle est bien comme ça...
Le Big Boss, C un god, c'est pas un peu présomptueux ?
M : De quoi, de prendre le nom d'un god ? Ou encore de prendre ça au pied de la lettre "Big Boss= grand patron", "No Flag = pas de drapeau" ? Non, c'est pas présomptueux !
Il faut beaucoup de décodage, nous (nordistes), on vous connaît mais le gars qui habite à Toulouse et qui voit No Flag / Big Boss, il peut se demander quoi...
M : Il va se dire "et bah, c'est eux les grands patrons !" (rires)
A : J'espère que ce mec-là viendra nous voir en concert...
M : Ou alors il se dira "'Ouais mortel, c'est le titre du premier film de Bruce Lee !" Tu vois, t'en apprends des choses à travailler dans un webzine ! C'est quand même pratique quelque part ! (rires) C'est surtout bien pour Bruce Lee, il fallait relancer sa carrière...
Qu'est-ce qui différencie No Flag de Boost ?
M : Ca (il prend le micro du MD et le fait tournoyer comme si c'était un lasso).

no flag : live
M : On s'inscrit plus ou moins dans la même lignée et pour les différences, s'il n'y en a pas : tant mieux. Musicalement, ils ont leur son.
A : Crass, c'est vraiment un gros puant de toute façon ! (rires)
M : Ils ont leur son, on a le nôtre, on a tous les deux un côté HardCore, on a fait l'album au même endroit, on les connaît bien, c'est des potes, c'est tout. On fait des choses ensemble, on se croise... On n'a pas réfléchi à ça et eux non plus je crois. Et tant mieux si on nous met dans la même équipe.
A : On se sent à 400% plus proches d'eux que d'autres groupes.
Des noms !
M : Aeons, Hertz and Silence, on n'est pas du même monde qu'eux !
Ce soir, vous jouez avec Pleymo qui clame haut et fort la renaissance du Hard Core, vous en pensez quoi ?
M : Leur HardCore à eux, je ne sais pas ce que c'est mais en tout cas, c'est pas le même que le nôtre. Musicalement en tout cas.
A : C'est une question de vocabulaire.
M : Nous, on ne se rapproche pas de la techno HardCore, du rap HardCore, on a chacun notre monde, on fait chacun notre HardCore, c'est juste un mot. Nous, on met des choses derrière, eux, ils mettent d'autres choses, c'est tout.
A : Y'a des gens pour qui le HardCore, c'est pipi caca dans une assiette, nous, c'est pas ça.
M : Nous, dans la musique, on a emprunté, non, en fait on a tout plagié, a tout copié au HardCore pour vendre.
Et ça vend ?
A : On est à 15.000 uniquement chez Rockmitaine ! (NDO : un disquaire de Lille) Je vais pouvoir m'acheter la New Beatle mais Majorette !
M : On est assez content des ventes jusqu'ici parce qu'on a pas beaucoup tourné, donc par le bouche à oreille et les quelques trucs de presse qu'il y a eu, c'est bien. On est content d'avoir un public et des gens qui aiment.

no flag : live
M : Pareil.
A : C'est pire.
M : On fait peur ! Personne ne veut jouer avec nous, les salles ne nous veulent pas ou plus... (rires) En général on est bien accueilli, quand les gens se donnent la peine de venir parce que pour le moment y'a pas toujours eu beaucoup de monde, là, les gens qui sont venus sont satisfaits. C'est vrai que le Pas-de-Calais, c'est particulier, c'est notre terre d'amour depuis toujours...
A : C'est un nid de psychopathes !
Vous avez accés au net mais votre site internet est aussi beau que mort... ?
A + M : Ahah (rires)
M : Le graphiste ne viendra pas ce soir, il est over booké... On pense à une nouvelle version et d'ici la rentrée, ce sera fait. Voilà, t'attendras encore un peu ! Et puis on ajoute les dates de concert, qu'est-ce tu veux, t'es pas content ? Le tien, il bouge pourquoi ? Parce que tu rajoutes des interviews, c'est tout, tu devrais un peu changer le graphisme, ton truc à 3 Francs, putain... (rires)
G : En plus sur le W-Fenec, c'est même pas nos bonnes dates !
A : Mais c'est pas de leur faute...
On met celles que nous envoient Céd de Hypnoise...
A : Qui ça ? Ah ouais le guitariste de Hertz and Silence, le groupe de tappettes... Ils jouent avec Sodom, c'est ça ?
M : Ils sont fort occupés par leur activité d'acteurs pornos, porno gay bien sûr, surtout Richard. On produit d'ailleurs leur prochain film...
Quelque chose à ajouter ?
M : C'est déjà fini ton truc HardCore ? J'hallucine !
A : Un petit mot de la fin ?
M : C'est toujours pourri le mot de la fin...
A : Comme on dit chez nous ... :
No Flag : Nique mou !
M : Maintenant, coupe la bande, on va t'expliquer ce que c'est que le Big Boss !
Merci aux No Flag et à leur fine équipe , o)
Dans les minutes qui ont suivi, les Big Boss sont (bien) montés sur scène et ont mis le feu à un public qui a fait honneur à son image de "psychopathes" (cf la phot d'en dessous prise à la fin du concert)
Photos ©Oli le 29 mars 2002 à l'Escapade (Hénin Beaumont)
Note :
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