nedgeva She hides from the sun est composée de 4 titres pour... 32 min 43 sec !!! On commence avec "Amble along", avec son intro au piano (qui n'est pas sans rappeler "Nocturne" sur le 1:00 AM de Nihil) où la voix douce et maîtrisée se pose et amène progressivement guitare effet-isée et basse bien ronde. Le premier son distortionné arrive à plus de 2 minutes d'écoute pour un riff noisy-metal décoiffant, puis tout s'enchaîne parfaitement, voix doublées, guitare electro-acoustique et pour finir, rythmique metal plombée. Si les couplets de "Sundripped devil" peuvent faire penser à Cold, l'esprit reste époque 1:00 AM. C'est dans ce morceau que les backing vocals apparaîssent dans une espèce de beuglerie d'outre-tombe qui amène la fin du morceau et les parties les plus hargneuses de la démo : une fin titanesque avec riffs de guitares noisy, dissonants, une basse slappée (?) et des cris apocalyptiques...On arrive après cela dans ce que l'on pourrait appeler la seconde partie de la démo, "Lethargic pain in an endless red cave" (à tes souhaits !) commence avec une (trop) longue intro rappelant peut-être trop fortement Neurosis, Isis et Co.
Intro pas forcément inintéressante mais qu'après une écoute on aura bien vite fait de passer. Le morceau commence réellement après 7 minutes, et on se demande un peu pourquoi il n'y pas de séparation de plage. Peut-être le seul petit point faible de cette démo, mais qu'à cela ne tienne ! Nedgeva nous assène une fin metal-hardcore bien dissonante et toujours assez Neurosisiène, bien puissante, à l'écoute de laquelle on ne peut s' empêcher de remuer les cheveux (si on en a bien sûr). Le trio clôt agréablement cette démo avec "Angels to better commotion", morceau intrumental d'une dizaine de minutes : des mélodies arabisantes envoûtantes, alternant passages calmes et planants à souhait à passages remuants et intenses sur lequels ne cracheraient pas Tool ou Dredg. Avec cette première démo, Nedgeva ne révolutionne pas le monde de la musique (mais qui peut prétendre le faire de nos jours ?), mais évite les clichés actuels, apporte par sa qualité de composition sa pierre à l'édifice du metal français, et prouve aussi la qualité de la scène colmarienne en pleine effervescence (Skull, Hellsuckers, Coverage, J'aurais Voulu, Bulle...)