nedgeva : 9.0 mm Nedgeva a quelque peu modifié son line-up depuis She hides from the sun (2002 !) et s'est forgé une (nouvelle) identité musicale, le combo étant désormais franchement rock'n'roll ! Et même plutôt genre "high energy rock'n'roll" (une sorte de Houston Swing Engine avec un chant plus "rock" ou alors un Lazy moins métal) qui réussit à incorporer des textes en français sans que ça ne sonne ridicule à côté de sons anglais ! Bref, pour son retour aux affaires publiques (ils ne les ont jamais quittées, on avait même eu le droit à un advance "privé" il y a quelques temps), Nedgeva frappe fort, avec son 9.0 mm (et non Rideau rouge comme initialement prévu, mais un 9.0 mm ça fait plus mal qu'un Rideau rouge...).
Basse ultra présente, rythmes d'enfer, guitare qui sait tout faire et ne s'en prive pas et un chant des plus entraînants, Nedgeva est un grand 8 rock'n'roll qui démarre en sautant l'étape de la longue montée fastidieuse. Aprés avoir lâché un premier tube ("I Know"), le trio n'hésite pas sur "Release my pain" à sortir un solo mortel (qui sonne un peu comme ceux des Firecrackers) et surtout à placer un orgue orgasmique et des orgasmes hammondiens ! "Taedum" apporte discrètement le chant en français (largement passé par la boîte à effets), "Warm hands" ralentit le tempo, la clarté de la voix de Patrice apparapit au grand jour de "Comme une évidence", un titre qui accroche moins, non pas par la voix (le suivant "Couleur éphémère" est très bon) mais par l'ensemble, sa construction basée sur des couplets calmes étant des plus classiques. Car bien que rock avant tout, 9.0 mm propose des architectures qui ne sont pas toutes radiophoniquement correctes, les titres avancent à l'énergie, se servant de leur élan pour aller plus loin ("Mémoires").
L'album se referme avec "The bitter disorder", un monumental instrumental qui a survécu au premier maxi (celui qui lorgnait vers Isis et toute la clique...), histoire de montrer qu'ils ont en mémoire les bonnes choses du passé et qu'ils peuvent les faire évoluer. Sur ses bonnes bases, Nedgeva a lui aussi évolué vers d'autres cieux, moins denses et ténébreux mais tout aussi bons à écouter.