metal Métal > Nebra

Biographie > Nez, bras...

Constitué en janvier 2006, Nebra se compose de Robert Emslie (Fuzzy dice men), Philippe Hess (Knut, Intercostal), Sam Kraher (Forge, Seaplane Harbour, Macadam Pale Horses) et de Jérome Pellegrini (Nostromo, Mumakil). Fort de son line-up et de membres aux backgrounds musicaux déjà affirmés, le groupe ne perd pas de temps et forge sa musique dans un registre post-metal dynamique à la force de frappe particulièrement percussive. Début 2007, le quartet enregistre un première démo, dont les titres sont remasterisées deux ans plus tard pour sortir sous la forme d'un véritable premier EP au mois de juin 2009 via Pelagic Records. Son titre : Sky disc.

Nebra / Chronique EP > Sky disc

Nebra - Sky disc EP Intercostal, Knut, Nostromo, Mumakil, Seaplane Harbour. excusez du peu, mais à lire le background des membres de Nebra, on se dit forcément qu'on va s'en prendre plein la gueule. Repéré par Robin Staps (The Ocean), au moment-même où celui-ci monte son propre label, Pelagic Records, le groupe sort à l'été 2009 un premier EP qui s'annonce comme une grosse baffe instrumentale. Du côté de chez Pelagic, on parle d'ailleurs de "Swiss powerhouse", donc forcément, tout un programme pour qui connaît de près ou de loin le registre des gaziers.
Initialement enregistrés en 2007 mais remasterisés à l'occasion de cette sortie plus officielle, les cinq titres de ce Sky disc illustrent à merveille ce que la scène post-metal helvétique a dans les tripes. Une mise en route énergique et bruyante, des palettes entières de riffs catapultés à la force du poignet contre des murs de saturation ; un petit zeste de groove bien senti : du hard façon suisse en sommes. On pensait au départ à quelque chose d'assez hardcore qui évoquerait les Kehlvin et autres Rorcal, Palmer ou Impure Wilhelmina, finalement, on avait tout faux. Car les Nebra sont du genre à ferrailler leurs instruments dans un registre post-metal à la dynamique ébouriffante plutôt qu'à faire monter la pression sur des crescendo éruptifs. Une mécanique rythmique de premier ordre, sorte de Keelhaul croisé avec Pelican et un petit soupçon de Torche histoire de corser un peu l'addition et d'en mettre plein les mirettes, "Shoulder of orion", le titre d'ouverture de l'EP met les gaz et plus rien ne semble pouvoir entraver la marche en avant d'un groupe qui affiche ici une maîtrise assez fulgurante.
La suite, avec "Tannhäuser gate" et "Andromeda crash course" témoignera de la belle impression que laisse ici le groupe. C'est carré, implacable et sacrément venimeux, la prod° est irréprochable, mettant parfaitement en valeur la puissance d'impact d'un groupe qui n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour nous mettre une belle claque. Pourtant, (oui il y a un mais.) il manque un tout petit truc qui ferait la différence. Peut-être le chant. plus sûrement, un léger manque de furie métallique de la part d'un quartet qui semble d'abord vouloir en imposer avant de faire jaillir des émotions ("Magellan clouds", "Sailing the methane seas"), au risque de paraître parfois un peu répétitif. En l'occurrence, on sent le groupe capable de bien plus, cela dit, Sky disc n'étant rappelons-le "qu'une" démo au départ. Dès lors, on se dit qu'une fois son potentiel pleinement exploité, le groupe pourrait bien faire de sacrés dégâts au beau milieu d'une scène hard suisse déjà plutôt bien pourvue en fiers et bruyants représentants. Sky disc, une excellente démo/EP qui appelle nécessairement une suite d'un tout autre calibre. A suivre de très près.