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Attention, les amateurs du manga One piece connaissent déjà le nom de Nami mais ici, rien à voir avec une jeune fille dessinée pour exciter les ados, non, Nami est un groupe de métal. Attention encore, quand tu entends "Endors la vieille", ne pense pas que le quintet joue des berceuses, non, ils sont originaires d'Andorre-La-Vieille, ce bled autonome perdu dans les Pyrénées surtout connu pour le prix de ses clopes et ses contrefaçons. Plus sérieusement, le combo est formé de Roger au chant, Bernat et Filipe (qui a remplacé Jonathan) aux grattes, Sergi à la batterie et Ricard à la basse. Quand, deux ans après leur premier album Fragile alignments (2011), j'écris ces mots en écoutant leur nouvel opus, je me demande pourquoi le précédent n'avait pas eu de chronique, il faudra que je me penche sur la question car The eternal light of the unconscious mind (raccourci en TELOTUM pour les fans d'acronymes) a d'évidentes qualités qui devaient forcément déjà être présentes auparavant...

Nami / Chronique LP > The eternal light of the unconscious mind

Nami - The eternal light of the unconscious mind Certainement moins estampillable "death" que son prédécesseur, ce nouvel opus joue bien davantage sur les contrastes de luminosité dans tous les titres et pas aussi brutalement que par le passé (si j'avais plein de temps libre, je me pencherais à l'écrit sur le cas du grand frère mais voilà, comme toujours, on fait avec le temps qu'on a quand on a géré sa vie de famille, son boulot et la vie réelle...). Le chant passe donc plus aisément d'une voix growl à une autre bien plus éclairée, accompagnée par les guitares qui lèvent le pied sur les saturations pour mieux renfoncer les pédales l'instant d'après. Nami a mis du vin dans son eau et vice-versa, rendant l'ensemble plus compact et l'amalgame bien plus fin. Certes, il reste des passages bien metal à l'ancienne mais ils sont vite contrebalancés par des mesures atmosphériques parfois même très osées car les sonorités que l'on découvre ici sont bien éloignées de celles que l'on attendrait "logiquement".

Parfait résumé de cette introduction, le premier titre met en exergue l'aventure dans la composition en intégrant Marc Martins issu de Persefone (le leader de la scène métal andorrane dont le guitariste Carlos Lozano vient aussi placer un solo sur "The dream eater") et Santi Casas (des Mordigans, autre groupe andorran mais plus rock). Leur travail sur "The beholders" donne du relief au titre mais pas autant que Una and Imelda Hartnett dont les voix féminines viennent nous charmer sur "Ariadna" et "Crimson sky", le mélange se fait parfaitement avec les velus qui se calment bien vite en présence des demoiselles. "Ariadna" est un titre assez particulier car il profite également de l'ajout d'un saxophone (comme "The animal and the golden throne" et "The dream eater") et d'une partie avec une structure entêtante à la Tool (à 3"05), après multiples réécoutes, on est quand même tout près du plagiat et j'ai désormais du mal avec ce qui au premier abord m'avait plutôt ravi... Dans le même registre (saxophone, influence de Tool) les Klone s'en sortent bien mieux ! Passons, car après tout, ce ne sont que quelques secondes sur un album de plus de 50 minutes. Sur le troisième titre, on a le droit à une nouvelle voix, celle de Loïc Rossetti (The Ocean) qui donne à "Silent mouth" un côté assez prog' (Porcupine Tree, Riverside). Avec autant de guests, on se demande un peu quel est le vrai visage de Nami, est-ce celui de "Hunter's dormancy" ou "Bless of faintness", deux titres assez différents, entre violence et douceur, le groupe fait le grand écart...

Au final, Nami livre un album fouillé et disparate dont la ligne directrice semble être le mélange des extrêmes, servi avec un bel artwork et un gros son (on trouve Jens Bogren, déjà aux manettes pour Opeth, Katatonia, Soilwork ou God Forbid, au mixage et au mastering), l'opus se laisse écouter sans mal. Par contre, c'est quand on cherche à le décortiquer qu'il commence à poser problème...

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