metal Métal > My Ruin

Biographie > ex-Tura Satana

Fière des expériences accumulés de Manhole, et de Tura Satana, Tairrie B. grande prêtresse rock, revient armée de revanche, toujours influencée par la religion, maniant sa culture hip-hop, et s'essayant à divers styles où elle peut exprimer sa vision du monde, balancer à la tête de ses détracteurs sa rage et sa volonté. Entre rage et metal, violence et féminité. Le premier opus de My Ruin Speak and destroy, n'a pas reçu un accueil chaleureux du public. Hésitant entre un album trop novateur, où déjà vu. Miss B cherches son style, et ne s'arrêtes pas à la première contrariété. Miss B. est une artiste à part entière, écouter sa musique, c'est déjà essayé de la comprendre, elle, son message et sa complexité. Touffu, dense, et complexe d'approche, Tairrie B. reste le fer de lance de My Ruin, même si l'entente avec ses musiciens c'est améliorée depuis le premier opus. Vous n'êtes pas convaincu de la carrure et du charisme de Tairrie ? Un petit tour sur son site officiel finiras de vous convaincre.
Petite remise en question sur A prayer under pressure of violent anguish, hurlement de fond de gorge, hargne, rage, volonté, endurance, My Ruin est bien de retour, un album dense et rouge sous le coude, avec ce petit quelque chose d'original, de différent, qui résonne de la touche Tairrie B..

Review Concert : My Ruin, My Ruin au Mean Fiddler

Interview : My Ruin, interview de Tairrie B. (sept. 2002)

My Ruin / Chronique LP > The brutal language

My Ruin : The brutal language Album de la maturité pour My Ruin, pas si sur, en tout cas The brutal language regorge de riffs gras et de titres dégoulinant, dans la droite lignée de The horror of beauty, Tairrie B s'y donne à gorge déployée, usant ses cordes vocales sans ménagement. C'est un metal'n'roll qui surgit à pleine vapeur, sur des titres compacts et denses, comme "Splilling open" ou "Summer of Hell". Après un passage à vide à l'issue de The horror of beauty, le groupe se retrouvant sans batteur ni bassiste, c'est Mick Murphy qui assure toutes les parties instrumentales, pour le meilleur mais aussi pour le pire, sur cet album qui n'a d'ailleurs failli pas voir le jour, si les parties de basse ne sont pas forcément originales et la batterie parfois un peu monotone, l'ensemble reste cohérent et donne surtout toute sa dimension en live.
Depuis A prayer under pressure of violent anguish, c'est surtout le couple guitare-chant qui fait fonctionner la machinerie My Ruin, difficile en effet de rester indifférent aux vociférations de Tairrie B et aux riffs assassins et monstrueux de Mick Murphy. Alors que certains s'enlisent dans un rock'n'roll mort et enterré [NDLR: mais j'ai des noms !], essayant tant bien que mal des incantations américaines ou à l'aide de Jack Daniel's, My Ruin trouve son crédo à cheval sur un métal massif, en bataille avec de vieux démons...
"Metamorphosis" surgit comme une hydre métallique, break de batterie, coups de semonces délivrés à l'aide de grosses guitares, l'orientation de l'album est définitivement violente, à la limite d'une monomanie hardcoreuse, mais qui trouve des coups d'éclats dantesques, avec par exemple un "Summer of Hell" brûlant et corrosif, avec son riff lourd et entraînant, qui trouve un relatif répit sur un pont calme. "Silverlake 65:71" lui surgit toutes griffes dehors, avec un chant qui accroche à la limite la mélodie, l'ensemble de The brutal language reste compact, enchaînant les titres de manière continue, en laissant au final assez peu de respiration, même sur la reprise de Mudhoney "Touch me I'm sick".

My Ruin / Chronique LP > A prayer under pressure of violent anguish

my ruin: a prayer ... On commence, on a l'habitude avec une petite intro, une prière matinale. "Beauty fiend", pas d'entrée en matière, directement, un gros grondement, une saturation bien grasse, My Ruin crache son venin, prêt à en découdre avec le monde entier. Voix presque gentille, refrain contrasté, hurlements saturés -Watch me bleed-, un riff profond, presque une ritournelle. -Fuck what they print in those dawn magazines-. Après cette attaque en règle, menée de front par toute la bande, deux alternatives, la poursuite de l'écoute ou non... "Stick it to me", continue dans la même veine. Ce qu'on pourrait reprocher à l'album entier, c'est ce manque de contraste, d'être trop homogène. Avec tant de rage à porter, il est plus facile d'écrire des paroles que de les chanter. Cependant chaque morceau apporte sa pierre à l'édifice. Entre cliché rock 70's, et lourdeur metal 90's, les influences sont impalpables, trop diffuses, noyés dans la création spontanée. Un riff un peu bateau, qui a du swing, oscillant sur une même harmonie de teintes, "Heartsick", mais qui fait du bien aux oreilles : le moment de monter le son. Après tout, -The Bible tells us Jesus was a Rockstar-, et toujours sur le même cri -The Bible tells us Mary was a whore-. Une construction qui tient debout, un impact dans un mur. Le tout s'enchaine très vite, pas le temps de souffler, déluge guitare-batterie-cris guturaux. La basse reste enfouie dans la masse qui s'écoule de la guitare, en un flot magmatique. Voilà, My Ruin se distingue par la présence magmatique de ses guitares. Une reprise où on ne reprends pas son souffle, c'est comme ça My Ruin. Rompant avec l'endurance des précédents morceaux, "Rockstar" délivre son petit couplet vibrant, émouvant, symbiose enchanteresse chant et syncopes de batterie. L'imagination se laisse porter sur la scène de My Ruin, une Tairrie B. penchée sur son micro, en communion avec son esprit. Le couplet se déroule toujours aussi puissant, plus original, plus rageur, plus novateur - I'm just a girl that hurts-. Une intro déroulée lentement, rondement par la basse, la suite rappelle terriblement le premier album de Manhole "All is not well", même si cette fois-ci, le parfum est différent : densité, noir, brouillard de charbon, le fameux smog londonien du début du XXème. La musique de My Ruin est singulièrement organique : Le tout ne pouvant s'intégrer sans la compréhension de chacune de ses différents éléments, La fonction de toutes les composantes étant indissociable du tout... "Miss Ann thrope", un petit riff de guitare simplet appuyé par la batterie, mais définitivement puissant, pas de compromis, pas de fioritures, le tout étant repris avec toute la densité qui caractérise My Ruin. La participation de Jessica de Jack Off Jill, apporte à la musique de My Ruin, une toute autre dimension, allègeant et élevant l'harmonie de la composition sur des terres vierges. Déroulement symbiotique, entre voix aérienne et voix guturale, l'équilibre est tout trouvé. -You're so pretty when you lie-, des paroles à penser, à chanter. Une sentence lourde, un jugement, ou une crainte, "Hemorrhage" commence mystérieusement, et se poursuit entre rage déclaré et rage contenu. Chose n'est pas coutume, un interlude prolonge le mystère, -if violence is religion, Then everyone's a star-. La torture se poursuit -Torture you my friend-. "You believe everything you read, Letter to the Editor" appuie là ou ça fait mal, et appuie fort. La musique au service des paroles -Honesty is the Holiest Disease-, les paroles parlent d'elles mêmes. "Let it ruin", un couplet feutré, un refrain pas plus haut que celà, presque de la douceur dans un univers de ruine, une basse calme et oscillante, une guitare qui sait s'effacer, une introspection naturelle, une prise de conscience montante, appuyé par des toms judicieux. "Do you feel faith, or do you fell Fear ?" Idéal pour enchainer sur la densité de "Post noise revelation", un riff tout en courbe, en nuances, en son, mais aussi tout en paroles, en introspection douloureuse, -Fakes degrading Ladies-. Album complet, plus qu'une simple galette musicale, la vision de Tairrie B. est dense à l'image de la musique de My Ruin, plus qu'un univers musical, c'est un univers entier qui se découvre lentement à l'écoute de A prayer under pressure of violent anguish, à la lecture des paroles, à la contemplation du livret. "Do you Love me ?" Vision magmatique, sous une densité palpable, cachée sous un voile intime...