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Biographie > Bain de boue

Bain de boue, tu parles d'un nom opportun ! Plus qu'un nom bien choisi, Mudbath c'est l'envie de mélanger différentes influences métal pour faire un truc "à part". Formé en 2011 par Felix (chant), Mika et Flo (guitares), Marco (basse) et un batteur (qui sera remplacé puis re-remplacé par Luke), le groupe s'offre au monde avec un premier EP en 2012 : Red desert orgy. Ils confient l'enregistrement de leur premier album Corrado zeller à Mathieu Croux (Verdun, Sofy Major...) et laissent le soin à Collin Jordan (Eyehategod, Pelican...) de le masteriser avant de le sortir le 31 janvier 2015 chez Lost Pilgrims Records en France mais aussi en Russie ou au Canada...

Mudbath / Chronique LP > Corrado zeller

Mudbath - Corrado zeller Si tu penses qu'il n'est pas possible de concilier le sludge, le post-hardcore et le black metal, alors tu ferais bien d'écouter ce nouvel album de Mudbath ! Le quatuor sudiste démontre en 3 titres et 35 minutes que la lente lourdeur du sludge peut se marier avec les rythmiques épileptiques du black et passer de l'un à l'autre en quelques riffs dans un même titre ("Salmonella") capable de se métamorphoser en lézard (qui se dore au soleil) comme en colibri (qui envoie du blast à tire d'ailes). Et si jamais il te venait à l'esprit de tronçonner ce morceau en séquences de 15-20 secondes, on pourrait coller un paquet d'autres étiquettes au groupe qui par delà ces chapelles fait surtout du très bon métal.

Même si parfois, je le trouve un poil trop extrême ("Shrim alternative healing center") dans la forme, je ne peux qu'admirer le fond et cette volonté d'apporter une lourdeur maximale que ce soit par les déchaînements les plus brutaux (cette introduction ultra black) ou les moments les plus posés, distendus et larsenisés comme il faut. Et ces passages les plus sombres qui peuvent me sembler "too much", je me rends compte qu'ils sont nécessaires et ô combien vital pour donner une cohérence à l'ensemble. La beauté d'un épisode post-hardcore tient souvent à la différence de tempo et de puissance au coeur même du titre, ce contraste absolu est ici utilisé à son paroxysme et c'est ce qui rend si excitantes les trois plages de Corrado zeller. Même la plus "cool" d'entre elles ("Thus I saw the destructive voracity of an obsessive ritual") n'est pas à prendre à la légère (ou alors aussi légère que du AmenRa) et il convient de ne pas l'écouter dans le noir... Bien que cette idée ne devrait pas déplaire au combo qui est très amateur des salles obscures, Corrado zeller étant le nom d'un des personnages du film Le désert rouge de Michelangelo Antonioni (qui réalisera ensuite les cultissimes Blow-ip et Zabriskie point), un Désert rouge déjà à l'honneur pour leur EP (Red desert orgy) où Richard Harris (Dumbledore chez Harry Potter) tient ce rôle de Corrado Zeller, homme qui évite de faire face aux situations compliquées qu'il croise (n'ayant pas vu le film, je m'en tiens à certains articles).

Ici, Mudbath adore se confronter à la difficulté et affronte avec brio un mélange de genres impossible sur le papier et si ébouriffant à écouter.Tu l'auras compris, Corrado zeller est une des excellentes sorties de ce début d'année !