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Interview : Morse, Abel Gibert

Morse / Chronique LP > Beliefs destroyer

Morse - Beliefs destroyer Après deux EPs hautement recommandables Beliefs destroyer (déjà le titre...) marque le passage à l'acte long-format des Morse, lesquels reviennent avec un album qui ne fait pas dans le détail ni dans la finesse mélodique, d'ailleurs, ce n'est absolument pas le but. Le "modus operandi" est toujours le même : la politique de la terre brulée si cher aux armées/conflits qui ont marqué l'histoire et dont les préceptes semblent s'adapter parfaitement à la musique des Montpelliérains. Là où passe Morse, rien n'est sensé repousser. Et force est de constater ça fonctionne plutôt bien, Beliefs destroyer écarte la concurrence de la pile de CDs qui attendent une chronique avec un certain brio.

Dès le premier titre, "Made by monsters", cette mixture hardcore-noise avec de petites touches sludge fait son effet, la décharge d'énergie s'avère dévastatrice. Pas le temps de s'ennuyer, les titres s'enchainent sans aucun répit, les morceaux sont globalement assez courts et c'est tant mieux, la virulence du propos, limite grind, n'a pas le temps de fatiguer l'auditeur et la correction reste jouissive du début à la fin, d'autant que le chant est subtilement varié dans ses poussées de gueulantes. Sur la troisième piste, le groupe ralentit le propos, les velléités sludge se font plus palpables mais le groupe ne renonce pas pour autant à son objectif premier : marquer les esprits grâce à des coups de butoir explosifs. Reste qu'au vu des intentions divulguées, on a hâte d'entendre la prochaine sortie du groupe. Mais ils peuvent déjà s'enorgueillir d'avoir su choper mes oreilles avec un style qui peut parfois manquer d'âme mais dont le caractère "exutwar" compense nettement ce postulat qui ne concerne que votre humble serviteur.

Bref, du bon hard avec un grand H (et une petite dose de gras) comme on aime au W-fenec. Bravo Morse, bravo Head records (Pneu, Mudweiser, Mosca Violenta, Jean Jean, Town In A Mess...), label que l'on ne peut que féliciter dans ses choix toujours judicieux.

Morse / Chronique EP > Mörse

Mörse Après plusieurs dates dans la capitale nordiste avec d'autres groupes remarquables (Loma Prieta, Verdun, Stuntman...), on avait hâte de faire connaissance avec ce groupe intitulé Mörse. Pas de branlette intellectuelle ou de message codé à base de bip-bip-bip que beaucoup de charlatans arriveraient à faire passer pour de la musique mais un groupe qui plante ses canines bien profonds dans la chair auditive pour ne plus te lâcher durant les 3 titres de cet EP.
Des rythmes punkoïdes et des gimmicks à la frontière du punk et du hardcore, un riff efficace, un chant en français hurlé et des textes guerriers, ce court effort de Mörse commence sur les chapeaux de roues avec "Le bannissement", un titre en forme de prise de contact pas dégueulasse.
Mes références de vieux briscards les relient à Snapcase dans la forme et ce n'est pas la seconde et la troisième piste qui vont me faire mentir. Même si "Qui préside l'effroi" flirte avec le mid-tempo par phase, ce titre se révèle avant tout une torpille punk-hardcore plutôt marquante. L'EP se conclue là encore sur une piste pas négligeable : la section rythmique bastonne en mode autouroute, la guitare trace des sillons mélodiques accrocheurs et le chant est toujours en mode je ne lâche rien. Bref, encore un élément de satisfaction à mettre à l'actif du groupe lillois.
Et signalons la pochette qui est plutôt bien torchée dans le genre. Une très bonne découverte made in Lille, une ville qui s'impose de plus en plus comme The place to be en matière de musique indé avec des groupes marquants à la pelle (L'objet, Drive With A Dead Girl, Shiko Shiko, Love Sex Machine et quelques autres, je citerais notamment les math-rockeurs de Oui Mais Non et les Crusaders Of Love, qui ne nous ont pas encore sollicités pour les douces joies de la critique musicale). Mörse : une affaire à suivre de près.

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Morse / Chronique EP > Morse

Morse Celle-là, on va vraiment la faire brève parce les meilleures sont souvent les plus courtes et que même si le groupe a les dents longues, des démos, on en a un peu tout le tour du ventre en permanence. Sauf qu'en fait, à bien y réfléchir : pas tout à fait. Une chronique express s'impose donc parce que quand même, le quartet, notamment composé de membres de Breathe Your Dirt et Spinning Heads et répondant au doux nom de Morse (dents longues ahah => rire gêné), a de sérieux arguments à faire valoir lorsqu'il s'agit de démonter quelques mâchoires. Voilà qui est dit. Pour le reste, Morse n'a pas écrit ses compos avec des moufles (vaut mieux éviter pour pouvoir les déchiffrer ensuite hein...) et développe donc un hardcore frondeur, burné et salement noise de premier choix.
Première titre avec "Daycare for bastards" : riffing méchamment allumé et "vocals" d'aboyeur forcené avec en back-office une paire basse/batterie qui nettoie les miettes, fatalement, ça engourdi méchamment les écoutilles et lorsque le bien nommé "You're already dead" vient faire un bruyant passage derrière, on comprend notre douleur. Le groove est furieusement rock'n'roll/punk, la lourdeur typiquement hardcore metal et le petit zeste de noise qui fait mâl(e) rend l'ensemble un peu plus âpre en-core. Et au passage des plus efficaces.
Titres courts (trois sur cinq flirtent avec les 1'30'') et ramassés, une musique bien compact qui remue les viscères et parlent aux amplis, Morse fonce dans le tas ("Mugiform", "Discontinous circumpolar distribution") et tape dans le mille. Un dernier coup de rein pour le souvenir avec "Odobenus rosmarus" (sérieux les titres...) et voici que Morse en termine avec une démo qui facture du riff qui dépouille par palette et fait sacrément du bien par où ça passe. En attendant la suite...

PS : si t'as aimé la chronique, tu peux directement téléchoper ladite démo ci-dessous. Si t'as pas aimé aussi cela dit.

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