metal Métal > Moanaa

Biographie > A ne surtout pas confondre avec Moana A

Bielsko Biala est un bled du "Sud" de la Pologne (car oui, il y a bien un "Sud" en Pologne), c'est de là qu'est originaire Moanaa et si tu es sensible au post hardcore, tu ferais bien retenir ce nom. Moanaa pas Bielsko Biala hein... Le groupe a déjà sorti un EP en 2010 mais a changé de chanteur (une habitude, ils en sont à leur troisième) et de guitariste avant d'enregistrer leur premier opus autoproduit Descent qu'ils donnent en pâture au monde à la fin du mois de septembre 2014. Et c'est du lourd.

Moanaa / Chronique LP > Descent

Moanaa - Descent Descent porte bien son nom, depuis les sommets des sons clairs tout en douceur au début de l'album, on s'enfonce toujours plus bas dans les tréfonds d'une noirceur post-hardcore abrasive et sans concession. Cult of Luna, AmenRa, Neurosis, Omega Massif, on peut invoquer un tas de noms prestigieux pour présenter Moanaa mais les Polonais font leur truc, leur musique à eux et pas une pâle copie usinée à l'Est. La principale caractéristique du combo, c'est d'exploser les limites de la norme sludge-doom-core en allant encore plus loin dans les mélodies et la limpidité d'un côté et en s'enfonçant jusqu'aux portes d'un black metal pour toucher du doigt (et de la voix) le noir absolu de l'autre. Et quelques soient les extrêmes, c'est réalisé avec une grande classe et on navigue de l'un à l'autre avec une aisance naturelle tout simplement bluffante.

Et si Moanaa est clairement un groupe métal, c'est peut-être quand il joue sur la légèreté et la délicatesse avec des passages éthérés et des notes aériennes qu'il se sublime. La jouissance atteint son paroxysme quand les distorsions lumineuses croisent la route des textes et accords plus bruts ("Lit", le duo "Ion..." / "...Mills"). Quand les Polonais nous entraînent sur le seul registre métallique sans trop pousser, sa musique devient plus banale (tout est relatif...) et passe partout (au rayon post-hardcore s'entend), mais j'ai l'impression que le groupe en est conscient puisque ces moments sont plus que réduits sur ce Descent où chaque morceau est un voyage de plusieurs minutes (1 heure au total pour 8 titres).

Excellente découverte, Moanaa démontre qu'on peut encore s'extasier sur un style qui résiste au temps et à la passion qu'il a développé ces dernières années et que même juste après la bataille (on peut imaginer que la grosse vague est passée...), on peut encore tomber sur des combattants de très haut niveau prêts à en découdre avec les meilleurs (mêmes si ceux-ci sont en retraite anticipée). Avec en plus un très gros son et un superbe artwork, il y a tout pour vouer un culte à Moanaa.