metal Métal > Minsk

Biographie > A city rebuilts like a Phoenix rising from its ashes

Comme son nom ne l'indique pas forcément, Minsk est originaire de... Peoria, petite cité de l'Illinois (aux Etats-Unis donc). Formé en 2002, le groupe sort très rapidement une première démo intitulée Burning, ce qui lui assure une petite exposition du côté de son état d'origine et lui offre la possibilité d'enregistrer un premier album. Out of a center which is neither dead nor alive sort ainsi en 2004 via At Loss Recordings. Après quelques mouvements au sein de son line-up, Minsk est rejoint par un grand nom de la scène post-metal nord-américaine, Sanford Parker, membre de Buried at Sea et notamment producteur de Pelican, YOB, Yakuza ou Zoroaster.
Au terme d'une tournée qui les aura vu jouer en première partie de Sun O))), High on Fire ou Pig Destroyer, les Américains signent chez Relapse avec qui ils sortiront leurs deux albums suivant : The Ritual fires of abandonment en 2007 puis With echoes in the movement of stone deux ans plus tard.

Minsk / Chronique LP > With echoes in the movement of stone

Minsk - With echoes in the movement of stones Post-doom psychédélique. Bon d'accord, c'est un classement musical à la con. Mais en même temps ce n'est pas si éloigné de la réalité du groupe, de ce qu'est intrinsèquement sa musique sur ce With echoes in the movement of stones au titre assez poétique quand on y repense. Minsk puisque c'est d'eux dont il s'agit érigent d'entrée de jeu un mur de doom/stoner psyché agressif et incantatoire ("Three moons"). Les éléments instrumentaux s'enchevêtrent, harangués par des vocalistes à l'aise dans n'importe quel registre, les constructions semblent se démultiplier, accumulant les couches sonores de manière à composer un véritable magma de doom cosmique mélangé à un postcore des plus labyrinthique. Classe.

On aurait pu s'attendre à ce que le tout aille à deux à l'heure, même pas, le groupe parvient à inssufler une véritable dynamique à la bestiole, un tempo constamment soutenu malgré quelques ralentissements nécessaires lorsqu'il faut passer en mode "doomster pachydermique". Mais là encore, ça fait plus que tenir la route. "The shore of trenscendance" se veut alors plus subtil dans ses approches, plus vénéneux aussi : Minsk délaisse le doom massif pour s'en aller lorgner vers des contrées "post-rock", toujours heavy certes, mais là encore empreintes d'un psychédélisme qui sied parfaitement aux américains. Quelques moments de bravoure plus tard, sur lesquels le groupe sort la machine à riffs qui déboisent et les se remettent à dominer l'ensemble avant que quelques incartades mélodiques ne se présentent, en contrepoint, pour nous transporter un peu plus loin dans des dimensions parallèles.

Les morceaux défient régulièrement la barrière des dix minutes (la moitié de l'album en dait) et ces pièces-fleuves font bourdonner les enceintes en même temps qu'elles nous triturent les neurones ("Almitra's premonition"). Minsk semble alors avoir tout compris, sauf que ça ne l'empêche pas de s'égarer sur des chemins de traverses avec un "Means to and end" qui plombe la bonne dynamique d'un album jusque là assez irréprochable. Et ce n'est pas "Crescent to mirror", sa séquelle immédiate qui va complètement redresser la barre. With echoes in the movement of stones voit le groupe s'aventurer sur des sentiers toujours plus tortueux avec un peu moins de réussite qu'au début de l'album et ce n'est qu'avec "Pisgah" et surtout sur "Consumed by horizons of fire", après ce petit "trou noir" de deux morceaux, que les natifs de l'Illinois ne retrouvent toute leur splendeur doom. Le petit dernier pour la route ne viendra confirmer que l'évidence (le bien nommé "Requiem : from substance to silence"), on n'est pas passé loin d'un petit chef d'oeuvre du genre sur ce coup. Mention très bien quand même.