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Biographie > Meris... au bon lait de brebisse

Originaire du nord de la Californie et fondé en 2003 par deux amis de longue date : Sean Hugunin, (chant/guitare) et Brad Roberts (batterie), Meris est semble-t-il un énième combo néo/émo conçu pour envoyer les décibels dans la face (et les tympans) de l'auditeur et faire headbanger les hordes de fans déchaînés en concert... Sauf que Meris surfe effectivement sur la vague émo qui secoue les USA depuis quelques années, mais contrairement à des dizaines d'autres groupes (on ne citera pas de noms ici...), eux le font largement mieux que la moyenne. Ajoutez au duo cité plus haut un bassiste du nom d'Eli Atkinson et un second chanteur/guitariste en la personne de Ryan Buck et vous obtiendrez du lourd, du propre, net et sans bavure. Meris ça déménage et c'est un bon remède contre les lendemains de cuite.
Mai 2005, la seconde démo du groupe après un EP 6 titres sorti en 2003, débarque dans la boîte aux lettres, il est alors temps de poser une oreille attentive sur ce petit combo californien.

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meris : demo cd C'est l'été, vos voisins ont chaud et on décidé de laisser la fenêtre ouverte, histoire de se laisser bercer par le chant des cigales. Pas de chance pour eux, vous habitez au-dessus et avez envie de découvrir la démo de Meris...
Trois titres, ça fait court, il faut le reconnaître, certains diront peut-être qu'on est à la limite du single et du coup, ce disque mérite complètement le qualificatif de démo. Un CD tels que celui-là étant sensé être le prélude ou le passeport à l'enregistrement d'un véritable album, le combo se devait de nous montrer en l'espace de trois petits morceaux, l'étendu de son talent, si talent ou savoir-faire il y avait.
Lorsque débute "Desire quandary", premier titre de cette démo, on est rapidement rassuré, Meris sait y faire. On pourra, en écoutant ce morceau, penser à Spineshank... mais en mieux. Couplets travaillés, refrains terriblement efficaces, un instrumental qui sait se faire tantôt discret, tantôt dévastateur. Meris alterne avec un talent certain les plages calmes avec les passages plus musclés où les deux guitares font l'effet d'un bulldozer un peu à la Static-X (les samples indus en moins). Seul petit bémol, le chant, dont le rendu est excellent sur les passages mélodiques mais qui manque de puissance lorsqu'il doit se faire plus violent.
"More of nothing" déboule alors dans les enceintes et l'on se rend compte que le combo a su gommé le petit défaut apparu sur "Desire quandary". Pourtant, si le chant est cette fois impeccable, ce second titre à la rythmique saccadée et efficace, devient (une fois passées les deux ou trois premières écoutes) rapidement assez répétitif.
Meris peut mieux faire et le prouve avec "Nova scotia", troisième et dernier morceau de cette démo qui va met tout le monde d'accord dès les premières secondes. Le riff est acéré, la section rythmique omniprésente, c'est ultra carré, groovy, massif tout en restant mélodique et impeccablement maîtrisé. Rien à redire, c'est du travail bien fait qui en laisse plus d'un sur les rotules.
Dans un genre bien défraîchi par nombre de combo néo et émo avant lui, Meris arrive un peu après la bataille et se rend du coup, la tâche de convaincre, encore plus ardue. Et pourtant, avec cette démo sous le coude, ces quatre Californiens s'en sortent largement avec les honneurs. A suivre de près à n'en pas douter…