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Merge / Chronique LP > Elysion

Merge - Elysion Deux ans après son remarquable et remarqué EP Transmission, Merge refait surface avec un album long format intitulé Elysion signé chez Red Cord Records (un label américain qui a une quinzaine de groupes dont Phinehas ou Beware the Neverending). Bonnes idées, bel artwork, digipak classe, énorme son, Elysion enfonce le clou et défonce les tympans, se plaçant du même coup dans les traces de Doyle Airence pour porter haut les couleurs d'un métal français qui ne fait pas que suivre des modèles.

Si tu as raté l'épisode précédent, la base de la musique du groupe est un post-hardcore assez savant et expéditif (la plupart des compos font moins de quatre minutes), base sur laquelle vient se poser un chant screamo qui sait aussi se faire charmeur et mélodieux donnant parfois des faux airs de metalcore à certains passages. Bref, Merge ne fait pas comme tout le monde dans ce registre et assure dans tous. Alternant passages très dégagés et très énervés (voire carrément HxC sur "The discord"), les Parisiens sont à l'aise partout et même quand il s'agit de placer des choeurs (le genre de truc que je n'aime pas du tout) et bien, ça passe ("Us against our cities"). Le gros son sert les distorsions et la rythmique plombée et la qualité de production permet d'amalgamer sans problème les parties plus éthérées. Et quand le contraste de poids n'est pas là, ça fonctionne aussi, en témoigne l'ultime "In details part 2 : Is this my wish, is this my will", titre totalement instrumental, assez cool jusqu'à une déflagration sonique à la Explosion In The Sky de toute beauté. Et si Alex de The Prestige s'ajoute à un titre ("Wolf's dagger"), là encore, ça coule comme de l'eau de source ! A noter qu'il est également responsable de la très belle pochette...

Si Merge a fait quelques dates et commence à se faire un nom en France, le combo risque vite de passer à la vitesse supérieure et de conquérir nos voisins avant, pourquoi pas, de franchir l'Atlantique. A ta place, on n'attendrait pas trop pour profiter d'eux tant qu'ils ne sont pas encore entre deux tournées à l'étranger !

Merge / Chronique EP > Transmission

Merge - Transmission Il y a clairement dans cette nouvelle scène parisienne post-hardcore/emo/screamo métal qui émerge (désolé après on ne le fait plus) depuis quelques années à boire et à manger. On ne citera pas de noms ici mais il y a assurément pas mal de choses à jeter. Quelques trucs à garder aussi. Genre au hasard Merge. Ne serait-ce que pour la formule, qui ne se réduit curieusement pas à la simple équation "post-hardcore x screamo / metal (=) carton" parce que hype bien tendance, grâce également à un savoir-faire plus que correct malgré quelques petites facilités mélodiques dans le chant clair et l'approche emo/metal dont on ressent par instants les effluves pop/post-punk héritées d'une scène nord-américaine un peu boursouflée.

Pour autant, avec son "Calypso" inaugural, Merge démontre déjà de belles qualités instrumentales, un équilibre parfait entre les passages ambient et les poussées de fièvre post-hardcore, les mélodies émo-rock/pop et les fulgurances screamo, ce qui n'est malheureusement pas donné à tout le monde. Le cocktail est de fait particulièrement assaisonné même si on sent que le groupe semble par instants en faire trop, comme s'il voulait absolument convaincre à tout prix, quitte à tout verrouiller dans les moindres détails ("In this ghost town"). Sans doute que le mélange des genres oblige aussi le groupe a laissé de côté une spontanéité presque hardcore punk qui lui sierait à merveille là où développe sa musique tout en contrôle absolu. Ce qui du reste fonctionne intrinsèquement mieux quand il se lâche, et pas qu'un peu, sur le puissant "Ecclesiast".

Une déflagration hargneuse (mais pas que) et une déclaration d'intention en bonne et du forme, Merge envoie les décibels s'entrechoquer aux quatre coins du studio avant de s'offrir une petite pause au calme en terrasse avec "In details". Un titre d'ambient rock classe exclusivement instrumental aux harmonies cotonneuses et délicates, une jolie douceur dans un univers de presque brute, sur lequel embraye du reste le cinquième et dernier titre de ce Transmission EP : une torpille ultra-sonique se ménageant quelques plages de calme absolu là aussi pour mieux les faire contrebalancer par quelques éclairs ravageurs confirmant une ultime fois tout le bien que l'on pense de ce groupe forcément à revoir très vite en CD ou live. Parce que si Merge est encore jeune, il a déjà une personnalité affirmée et de sérieux arguments à faire valoir. En attendant la suite.