Membrane : A story of blood and violence Membrane nous avait impressionné avec son Utility of useless things, ils remettent le couvert avec A story of blood and violence, un titre qui fait moins dans l'ironie mais ne trompe pas sur la marchandise : les oreilles saignent à l'écoute de ces 8 titres... Et malgré le changement d'équipe à la production et au mixage, le son de Membrane est toujours aussi abrasif (voire plus), et d'une précision radicale dans sa lourdeur... Nicolas Dick, qui avait déjà réalisé un travail d'orfèvre pour le retour de Basement, a réussi à capter le grain spécifique au son live dans son studio et nous le restitue massivement. Au poids des riffs s'ajoute le choc des mots et parfois la rapidité d'un tempo qui ne laisse pas le temps de riposter ("Snake eyes"). Et là où certains (les Sleeppers par exemple...) vont chercher loin de leurs instruments de prédilection de quoi alléger l'ambiance plombée, Membrane ne fait relache qu'en descendant parfois dans les aigus, des notes qui éclaircissent le son mais qui en aucun cas ne nous permettent de respirer tant elles sont elles aussi agressives ou n'augmentent la tension ("Beauty melancholy"). Les mélodies et la sensibilité de Membrane se dissimulent derrière une proéminente violence et une rugosité de tous les instants mais quand on érode ces couches superficielles, on découvre quelques pépites ("Burn inside", "Bathroom"), prenons garde tout de même à ne pas rester dans la béatitude sous peine d'être emporté par la déferlante qui forcément s'abat sur nous dans les secondes suivantes... L'album se termine avec un court hommage à Unsane puisque Membrane reprend leur "Sick" aidé de Nicolas Dick (Kill The Thrill) qui abandonne ses manettes le temps d'expédier en travers de nos gorges les uppercuts lancés il y a bientôt 10 ans par l'un des groupes les plus influents en terme de noise/rock post/hardcore.
Bref, comme leurs comparses de chez Basement Apes Industries (Elodea, Time To Burn...), si tu as mal au crâne ou une petite baisse de régime, écouter A story of blood and violence n'est pas une bonne idée, tant l'album requiert qu'on soit en pleine forme physique pour l'affronter.