membrane : utility of the useless things Se lancer dans Utility of useless things revient à pénétrer dans un tunnel dont on ne verra jamais la fin, une fois les premiers riffs de "Utility" arrivés à vos oreilles, vous pouvez fermer les yeux, vous ne reverrez plus la lumière... Ou alors un peu moins de trente minutes plus tard quand les 6 titres sont terminés et que le mode repeat n'est pas enclenché.
Et ce tunnel dans lequel vous venez d'entrer n'est pas tout à fait stable, on peut même dire qu'il s'effondre et que aussi rapide que vous soyez vous serez oppressé par ses parois. Pour le coup la bête est l'oppression, elle est aussi la tension, le tiraillement, la déflagration... Membrane ne fait pas de concession, et si le tempo se ralentit ("Neurones") c'est pour que le bélier qui défonce votre crâne prenne un peu plus de recul pour augmenter sa force.
Utility of useless things est profondément marqué par la prod' de Serge Morattel (un son de disto crade à souhait mais qui n'enlève rien à la précision des coups portés), le mastering d'Alan Douches (les références vont souvent par paire) et des influences (on ne citera que les grands frère français Tantrum et Sleeppers) mais s'y engouffrer en connaissance de cause reste un plaisir à la limite du sado-masochisme, on sait qu'on va être maltraité par les assauts des guitares, par cette rythmique étouffante, par ce chant éraillé mais on y retourne, comme des moustiques vers la lumière blanche... Celle qui serait au bout du tunnel...