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Biographie > Psykiatrik metalik


La rencontre : en septembre 2004, trois névrosés aux idées musicales éloignées (au hasard, dub, metal hxc, rock alternatif) se retrouvent enfermés dans un centre d'internement du Mans baptisé Zone Mel-P et commencent à mettre en commun les effets secondaires de leur étrange maladie. Iconoclaste, le projet Mel-P se développe alors avec deux guitaristes, un bassiste de formation classique et un batteur autodidacte.
L'internement : la thérapie préconisée pousse Mel-P à l'enfermement en studio de répet pendant toute sa première année d'existence. De ces quelques 52 semaines d'expérimentation et d'introspection artistique naît l'éclectisme qui caractérise la musique du groupe.
Les camisoles déchirées et les liens qui l'entravaient enfin rompus, le combo poursuit son chemin jusqu'à son entrée en studio début 2006 pour l'enregistrement du maxi Nouvelles de la jungle produit par l'Amicale du Mekanik Metal Disco, sorti en mars 2007.
Un truc de fou : pendant ce même temps, un des guitaristes originels quitte le projet, laissant la place à un nouveau patient, issu du classique, jazz et du métal, ouvrant encore d'autres horizons à explorer. En 2007, le deuxième guitariste d'origine est contraint à l'abandon du centre, conduisant à l'internement d'un tout nouveau venu, lui aussi persécuté par ses propres démons, qu'il aura rencontrés par le biais d'un parcours entre le jazz, la musique traditionnelle orientale et le métal.

Mel-P / Chronique LP > Anima asylum

Mel-P - Anima Asylum Mel-P n'est ni la nouvelle chanteuse des tristement reformées Spice Girls, ni même le nom d'une artiste voilant son identité à coup de diminutif souvent évident. Non, le cas évoqué ici est manceau est pratique une musique hybride constituée de dub et de métal aux ambiances à en devenir maboule. La belle affaire car le W-Fenec est plutôt bon client de ce genre de mélange qui génère très souvent bien d'agréables surprises. Je pense instinctivement à Yerban Kuru, JMPZ et aux inévitables Dub Trio), si proches sur le papier mais tellement éloignés dans la réalité quand chacun élabore sa propre cuisine en fonction de son background. A en croire l'écoute de cet opus discographique, Mel-P semble avoir un passé métal assez sérieux. On ne laisse jamais des plans de tremolo picking sur un enregistrement par hasard.

Anima asylum porte bien son nom. Le premier LP des Mel-P, faisant suite à leur plus tout jeune EP Nouvelles de la jungle, est à l'image de celle qu'ils souhaitent bien laisser à leur auditoire : névrosé, tordu, sombre et oppressant. Certes le parallèle avec l'univers psychiatrique est axiomatique mais il n'est pas synonyme d'insignifiance. Mel-P sait transmettre l'intransmissible, le combo jouant de manière éloquente quand il s'agit de maîtriser les ambiances mélodiques frigides et mystérieuses ("Nyourk reliquus", "Persequor") pour déverser dans la minute qui suit un vrai déluge métallique ("Sollicitudo", "Intermuralis"). La désorientation sonore est alors à son paroxysme et l'on ne sait plus vraiment où donner de la tête : Dub ? Death-Metal ? Math-Rock ? Ambiant ? Post-Rock ? Indus ? Un peu tout ça à la fois en somme.

L'exploration est intense et cette prise de risque est jubilatoire. Ce disque est à l'image des tons de couleurs utilisées pour sa pochette : un peu de noir pour la virulence, un peu de blanc pour la pureté et des nuances de gris parsemées un peu partout pour tenir en haleine ceux qui sauront rentrer dans l'univers de ces musiciens qui n'ont pas peur d'infliger des maux sans mot.

Mel-P / Chronique EP > Nouvelles de la jungle

mel_p_nouvelles_de_la_jungle.jpg Dub-metal névrotique orchestré autours de l'imagerie de la psychiatrie (via notamment un artwork ou une jungle oppressante semble border une mégapole évoquant un Gotham City crépusculaire), Mel-P se défait de ses liens avec l'introductif "Les restes de Nyourk". Rythmiques lancinantes, atmosphères chaudes et psychédéliques, du dub à l'état pur que vient interrompre un break discret avant l'avalanche de riffs groove metal. L'ensemble est exclusivement instrumental, mais exécuté avec une maîtrise remarquable et un feeling dément que l'on pourrait rapprocher de celui de Faith no more. C'est puissant, incisif et efficace. Et le groupe enchaîne. Guitares funky, groove incandescent, le furieux "Fabulous neo-plastic kaotic" met les riffs en avant, avec juste ce qu'il faut d'effets pour que l'alliage dub/rock/metal prenne tout son sens.
Et pourtant rien à voir avec les excellents Dub Trio, Mel-P s'il ne révolutionne pas pour autant le genre, développe une musique organique sans cesse en mouvement et qui peut d'ailleurs prendre des allures de manifeste métallique comme sur le final thrash-core de "Fabulous neo-plastic kaotic" ou le début du titre suivant : "Wall of mind". Résultat, ça cogne juste ce qu'il faut pour nous titiller les tympans, les entrelacs de riffs jouent les funambules entre mélodies rentre-dedans et arrangements fouillés aux influences aussi diverses que variées. Guitares volubiles, section rythmique métronomiques, les Mel-P se posent quelque part entre High Tone et les Deftones, Fantômas ou Psykup comme les adeptes d'un crossover musical électrique, ambiancé et ravageur dont la folie latente peut à n'importe quel instant faire exploser l'ensemble pour repousser les frontières de la démence. Des arrangements dub/électro/rock, une musique éclectique qui part parfois dans tous les sens dans l'étrange "A propos du temps" et son rock tribal organique et se visse dans notre esprit pour ne plus jamais s'en détacher. En guise de cinquième et dernier titre, les manceaux la jouent rock tendu, sec et nerveux aux influences jazzy avec "Ahkbes Ttohc" (si quelqu'un comprend le titre, qu'il le dise...). Psychotique. Quelques breaks groove-metal à la Sikh et le combo referme un premier EP en tous points remarquable. Autoproduit, Nouvelles de la jungle n'en possède pas un moins un sens qui claque bien dans les conduits auditifs et qui laisse à penser que le Mel-P a encore bien des choses à nous dire.

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