Mastodon - The hunter Pas facile d'écouter ce nouvel effort de Mastodon. Fini les concept-albums comme Leviathan ou Blood mountain à l'aspect beaucoup plus immédiat et à l'écoute directe. Cette nouvelle mouture, nettement bien plus finalisée, est une nouvelle étape dans la carrière musicale du quartet d'Atlanta. Si tu n'es pas fan de métal, cet album est surement pour toi. Compositions léchées, son massif, un tsunami sonore même. Il n'y a qu'a jeter un coup d'oeil au nombres de pistes de guitares et de basses enregistrées pour "Curl of the Burl", titre que le groupe a mis en téléchargement pour un temps limité : entre 4 et 5 guitares en simultané et le double sur la longueur totale du titre. Au final, on donne dans l'orchestre de guitares ici, résultant en un son absolument monstrueux mais aussi une perte immense en définition et subtilités.
Les titres ne sont pas si moches que ça en fait, par contre le morceau éponyme de l'album est lui particulièrement chiant. On s'ennuie sec, une ballade électrique lente et presque mélancolique. Les mauvaises langues diront qu'il s'agit là d'un hommage au frère de Brend décédé pendant l'enregistrement de l'album et donc par ce fait même, tout à fait inattaquable, certes. Mais musicalement, à part le travail d'arpèges à la guitare, c'est un peu chiant tout de même. Mais qu'on se rassure dans les chaumières, quand Mastodon se prend pour Pink Floyd sur "Creatures lives", c'est du même acabit. Une piste de seconde zone.
Mais qu'est-ce qui cloche sur cet album en fait ? Bah, la production. C'est surproduit, un peu trop poli et un peu trop dense au niveau sonore. Mastodon s'est calmé au niveau composition, moins de riffs complètement hallucinants comme sur Crack the Skye, mais toutes les pistes de guitares sont doublées voire triplées. Du coup on étouffe un peu sur "Curl of the Burl" et sur "Black tongue". Et c'est vraiment dommage car il y a des refrains très, très bien de-ci de-là. Une lueur d'espoir sur le solo de "Black Tongue". Mais un titre comme "Octopus has no friends" en souffre un peu en étant brouillon. En fait, la pochette est à l'image de l'enregistrement de cet album, quatre mâchoires pour ce monstre mythique en bois, mi-ours mi-cerf. Et ouais, deux de trop, ça ne se mord pas la queue, ça se mord la langue. "Dry bone valley" propose un refrain qui sonne comme un répit en fait. D'accord les overdubs en veux-tu en voilà, c'est bien aussi, mais seulement quand c'est utilisé à bon escient, "Thickening" en donne un bon exemple pendant la partie lente du solo.
Les gremlins ont aussi invité Scott Kelly de Neurosis sur "Spectrelight" où tout découle d'un riff survolté. Là, on ne s'ennuie pas, ça envoie du grain de manière inconditionnelle. Un titre en total contraste avec "The sparrow", lente ballade qui monte en neige doucement mais surement, comme quoi avec un peu d'effort...
Contrairement à Crack the Skye absolument impossible à restituer proprement en live dans sa forme "initiale", de part sa complexité, il serait intéressant de voir comment Mastodon titre son épingle du jeu avec The Hunter en live et sans filet.