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Mass Hysteria prend la pose Pour Kmar, chanteur de (No one is innocent), Mass Hysteria c'est "un des seuls trucs qui soit arrivé comme ça, qui a débarqué et qui tient vraiment bien la route." (Presto!, été 98). Au niveau historique, la formation actuelle répète ensemble depuis 1995, dans des locaux également hantés par Hoax ou OnEyed Jack... Grâce à une "putain de démo" (Rage), ils placent un titre sur la compil' Hostile et sont invités à partager l'affiche des Transmusicales de Rennes 96. Alors que ce concert aurait pu être l'apogée pour ce groupe alors peu connu, il est le point de départ de leur grande Aventure (avec un "A" majuscule svp). Les Mass signent chez Yelen, (sous)label de Sony, enregistrent leur premier album Le bien-être et la paix et ont même le droit à un clip, "Donnez-vous la peine" qui passe alors régulièrement dans Best of Trash (RIP).

Petit à petit, au fil des concerts, les Mass Hysteria accroissent le nombre de leurs fans, mais la France est grande et les Mass doivent frapper un grand coup pour se faire reconnaître. Ce coup, ils le frappent aux Eurocks 97. Le mot est dans toutes les bouches, c'est la "Révélation". A partir de cet été 97, on va voir Mass Hysteria parce qu'IL FAUT LES AVOIR VU. Inquiets pour les différences de son qu'il y a entre le CD et la scène, ils ont le même "problème" que leurs potes de Treponem Pal (dont ils ont fièrement racheté le sampler), alors ils ont dégoté Colin Richardson pour produire leur deuxième album qui a considérablement réduit le problème... Ce son live, on le retrouve dans les bacs depuis le 13 octobre 1998, date de la sortie de l'album Mass Hysteria Live.

Le deuxième album de la Mass était un des albums français les plus attendus de 1999, il s'appelle Contraddiction et est sorti depuis le 2 février 99. Dès son lancement, c'est le raz-de-marée : les critiques sont unanimes, nous sommes début février et Contraddiction s'impose déjà comme l'album français de 99. A la fin de la première partie de ce "Contraddiction tour", véritable "Conseccration tour", Mouss se déchire les ligaments de son genou droit et c'est avec un mois de récupération et une genouillère qu'il se démène sous le chapiteau des Eurocks 99. Pour l'anecdote, juste après eux joueront Shovel et MetallicA... A la fin de ce Furia Tour 99, de prés de 90 dates (presque toutes "sold out"), 12/12 aka Erwan profite de son anniversaire le 12 décembre qui tombe pile poil en même temps que le dernier concert furieux, celui de Paris, pour annoncer son départ, il quitte les Hystériques pour le calme de sa Bretagne natale et de ses voiliers. Il est remplacé par Yaya, l'ex-guitariste de Trapped In Life. Pour son premier concert avec les hystériques, il joue à Bercy devant des milliers de KoRnofans déchaînés, le groupe qui ne devait jouer avec KoRn qu'à Bercy subjuguent Fieldy et Mike (batteur de Faith No More qui remplaçait David, blessé) qui insistent pour les emmener avec eux sur les 3 dates restantes. Le printemps se termine furieusement avec le festival de Jarny qui rassemble près de 5.000 personnes. L'hystérie collective se poursuit à travers d'autres festivals l'été notamment les Vieilles Charrues 2000 de Carhaix où 56.000 personnes étaient présentes le soir où Mass jouait...

Et puis vient la composition du troisième album et OS (Pascal) ne trouve plus sa place au sein du groupe qu'il décide de quitter. Pour les quelques concerts de l'automne, c'est Stéphane qui s'occupait jusque-là du light-show qui prend en charge les samples. Mais ce n'est qu'à 5 que les Mass rentreront aux studios de Colin Richardson en février 2001. Yaya, le "petit nouveau" s'occupe désormais des samples et de la guitare et tout se passe bien, l'enregistrement et le mix terminé, le groupe va faire tourner les nouveaux morceaux sur 3 concerts en France et une tournée au Canada, le premier de ces 3 concerts dans l'hexagone est un évènement, c'est Mass Hysteria sur la Grande Scène des Eurockéennes de Belfort 2001. Ce soir, là ils joueront 2 titres live avec leurs potes de La Brigade et "Furia" avec le trio de chanteur de Enhancer, c'est la fiesta Hysteria. L'album De cercle en cercle sort à la fin de l'été (28 août) et la première édition s'arrache (bien que l'album ait été "piraté" peu de temps avant sa sortie et posté sur le web). Tout le monde attend dés lors leur retour en tournée, dés octobre... Une tournée qui se poursuit au printemps et dans les festivals d'été avec un passage à Dour 2002 avec Soulfly...

En 2004, ils signent chez Wagram et le 2 mai 2005 sortent un album éponyme : Mass Hysteria... Pas convaincu, Wagram ne les retient pas et Mass signe chez At(h)ome... Olivier quitte le groupe qui prépare alors l'album suivant, (il sera plus tard remplacé par Nico), il forme Aaron et vit une success story incroyable quand Une somme de détails débarque dans les bacs le 10 avril 2007. Grosse tournée et retour en studio (à nouveau avec Fred -ex-Watcha- pour les prises et le mixage et un dénommé Julien aux samples) pour préparer Failles qui sort en septembre 2009. Le 14 juin 2011, le groupe sort son premier DVD live enregistré à Toulouse (au Bikini), bien entendu, il est énorme.

Review Concert : Mass Hysteria, Canal Hystérique (déc. 2015)

Review Festival : Mass Hysteria, Sonisphere (France) 2011

Exposition photos : Mass Hysteria, Mathieu Ezan (mai 2010)

Review Concert : Mass Hysteria, Aqme et Mass Hysteria au Grand Mix (mars 2010)

Review Concert : Mass Hysteria, Furia au Bataclan (fév. 2010)

Review Festival : Mass Hysteria, La guerre du son 2008

Review Concert : Mass Hysteria, Hystérie calaisienne (mars 2008)

Review Concert : Mass Hysteria, Un Splendid en détails (nov. 2007)

Review Concert : Mass Hysteria, Mass Hysteria au Zenith (Lille, mai 07)

Review Concert : Mass Hysteria, Mass Hysteria à Roubaix (mai 2005)

Interview : Mass Hysteria, Mouss Hysteria (août 2016)

Interview : Mass Hysteria, Back to the future : 20 ans avec Mass Hysteria (Juin 2013)

Interview : Mass Hysteria, Interview sans ombre (sept. 2012)

Interview : Mass Hysteria, Alexis Sevenier Ionatos (sept. 2012)

Interview : Mass Hysteria, Mass Hysteria croise Aqme (mars 2010)

Interview : Mass Hysteria, L'évangile selon St Mass

Interview : Mass Hysteria, Une somme de questions (avril 2007)

Interview : Mass Hysteria, Mouss Hysteria face à la scène française (Novembre 2001)

Interview : Mass Hysteria, Entretien avec Yann et Yaya aux Eurocks (juillet 2001)

Interview : Mass Hysteria, Entretien avec T2 aux Vieilles Charrues (juillet 2000)

Interview : Mass Hysteria, Mass Hysteria Vs Out

Interview : Mass Hysteria, Valenciennes (avril 1999)

Mass Hysteria / Chronique DVD > Le Trianon

Mass Hysteria - Le Trianon Au fil des ans, des albums et des concerts, Mass Hysteria est devenu un incontournable "must seen" de la scène française, leurs nombreux passages en festival ou dans une salle près de chez toi fait que ne pas les avoir vu en live est certainement exceptionnel... Et une grosse tare tant le combo excelle sur les planches. A la mi-mars 2016, c'est dans un Trianon blindé d'ondes positives qu'il présentait Matière noire au public parisien (et à d'autres aussi, il n'y a pas que des Parisiens dans la salle, il y a même des Bretons même si Rapha ne l'est pas). Et si cette tournure "présenter un album au public" est souvent une image, ici, c'est au premier degré car c'est l'intégralité de l'album qui sera joué dans le même ordre que sur disque pour la première heure du show.

Côté technique, le son est maousse, l'image est superbe, le montage impeccable et les nombreux plans des caméras nous font vivre le truc comme si on était partout, un vrai kiffe mais tout ça, c'est désormais la norme. On n'en n'attend pas moins. Là où Mass Hysteria en fait plus que d'habitude, c'est dans la mise en scène avec cette intro qui fait honneur à l'artwork d'Eric Canto et fait écho au digipak, cette matière noire et visqueuse vient tâcher une albâtre beauté. Je ne compte plus mes concerts de Mass Hysteria, depuis 1997, j'ai du les voir au moins trois fois pour la sortie de chaque album et si sur scène, ça a toujours été le même débordement d'énergie et de gros son, ce qui m'a vraiment marqué depuis quelques mois, ce sont les lumières, avec Nicolas Riot (dont tu as pu déjà voir le travail avec Gojira), c'est le top du top, les effets, les choix de couleur, la mise en place est digne des plus grands, même meilleure que certains très gros groupes américains qui ne se cassent pas autant la tête à faire en sorte que le show visuel soit raccord avec la musique. Dans son salon, on en profite encore plus...

Au moment de rédiger l'article sur Matière noire, j'avais du mal à sortir un titre plus fort qu'un autre, après plusieurs expériences live et ce DVD, j'ai maintenant mon petit préféré : "Vae soli" : riffs énormissimes (comme beaucoup, certes), samples percutants, rythmes marqués et paroles qui résument bien l'esprit des furieux : "La joie comme vengeance". Au taquet, le public semble d'accord avec moi vu l'enthousiasme pour reprendre les textes et suer de la fosse aux balcons. Fidèle à eux-mêmes, les Mass sont décontractés pour envoyer les watts et Mouss toujours très bavard dédicace à tout va, tacle à droite et à gauche, place des références culturelles et anime le pit avec des "tournez, allez tournez..." ou en décochant des flèches... L'ambiance est à la fête mais les temps sont graves et la Résistance est de nouveau de mise face à toutes les formes de terrorisme ("L'espérance et le refus" est un autre très grand moment). C'est aussi pour ça que Daesh a le droit à une minutes de bruit, de chaos, d'enfer positif, avant "L'enfer des dieux" dédié aux victimes des attentats... Premier invité d'une jolie liste ce soi-là, c'est Marc Animalsons, producteur de gros rap (entre autres) genre La Fouine, Booba, Mokobé, fan de métal et guitariste à ses heures qui vient épauler Yann et Fred sur "Plus que du metal". C'est logiquement avec "Mère d'iroise" (pour toutes les mamans) que s'achève la première partie du set, là encore j'aime beaucoup ce titre (soyez sympa, jouez-le à Calais en novembre !). Les douze titres suivants sont donc pris dans le reste de la discographie avec assez peu de L'armée des ombres (juste "Positif à bloc" et "Pulsion") et un peu plus des deux premiers opus. C'est d'ailleurs "Contraddiction" qui ouvre le bal comme si un nouveau concert commençait, nouveau concert mais quelques vieilles habitudes comme de jouer "P4" dans la fosse, de faire monter des furieuses sur scène (avec la famille) pour présenter les plus beaux pas de danse sur "Respect to the dance floor", de reprendre le cultissime riff de "Raining blood" (Slayer), de s'attaquer à "Enter sandman" (MetallicA) ou de terminer avec la tornade "Furia". Ce qui change par rapport à un "concert normal" (sic), ce sont les invités qui se suivent sur scène avec Môssieur Stéphane Buriez (chanteur et guitariste du cultissime Clearcut et intérimaire sur Le Bal des Enragés) pour "World on fire", Nicolas sur "L'archipel des pensées" qu'on a eu pour lui, Vinz qui reprend temporairement la basse à Atom sur "Knowledge is power" et enfin Reuno pour un "Donnez-vous la peine" "A l'ancienne" c'est-à dire avec des paroles extraites de la fin d'"Auto-pilote" de Lofofora dedans. Ca match plutôt pas mal et ça fait plaisir de (re)voir tout ce beau monde sur scène.

Remis de nos émotions, on peut prolonger l'expérience avec un peu de bonus. D'abord un petit documentaire où l'on peut voir les répétition avec Cat, les balances (avec tous les invités), un petit tour dans les loges, l'échauffement avant le show jusqu'à la montée sur scène et même toute l'intro depuis la cour. Puis le superbe clip en mode dessin animé de "L'enfer des dieux" et enfin le CD de Matière noire live qui risque de remplacer la version studio que l'on peut désormais ranger pour éviter de l'abîmer...

Il n'y a que 5000 exemplaires à la vente de ce Le Trianon alors si tu ne l'as pas encore, ne tergiverse pas trop, tu pourrais t'en mordre les doigts.

Mass Hysteria / Chronique LP > Matière noire

Mass Hysteria - Matière noire "On n'est pas des rebelles, on est révoltés", le ton est donné dès le premier titre de cette Matière noire, dans la droite ligne de L'armée des ombres, Mass Hysteria en remet une couche, même si une fois encore son histoire interne est marquée par un changement avec l'arrivée de Fred (ex-Watcha et producteur bien installé désormais) pour remplacer Nico (que ça nous fait très plaisir de voir debout, toutes nos ondes positives sont avec toi !). Rarement dans la discographie du groupe, deux albums consécutifs ont semblé si liés que Matière noire et son prédécesseur. Les thèmes, la tonalité, l'ambiance générale sont les mêmes, la plus grande différence au final, c'est le contraste de l'artwork. Là où tout était sombre et obscurantiste, quasiment sans espoir, la série de photos apparaît ici plus manichéenne, le bien, le blanc, la pureté se font certes polluer par cette manière noire, visqueuse et destructrice mais, le fond est encore immaculé et qui sait, si on s'y met tous, qu'on se remonte les manches, peut-être que tout n'est pas encore perdu.

Toujours en phase avec l'actualité, les textes jouent avec la politique ("Je ne vois aucun nouveau Jaurès à l'horizon" sur "L'espérance et le refus" par exemple) autant que la musique ("Quant au Hellfest la musique extrême s'installe, si le silence est d'or, alors le bruit est de métal" sur "Plus que du métal", le "classique" titre dédié à la famille hystérique même si ici "Matière noire" est assez fédérateur également), avec d'autres sujets comme un petit tacle aux fanatiques ("L'enfer des Dieux") mais toujours de quoi puiser de l'énergie pour la transmettre ou pour motiver la révolte. Et si ça tape fort, les samples (géniaux) restent très présents et apportent beaucoup de profondeur aux titres comme à "Vae soli", une locution latine qui rappelle qu'une partie de Mass apprécie particulièrement Ghost mais qui est justifiée car le message ("Malheur à l'homme seul") correspond tout à fait à ceux du groupe qui multiplie encore les jeux de mots et les pieds de nez à l'histoire ("les Français sont des veaux" du grand Charles...).

Si les mélodies ne sont jamais très loin, l'opus est en moyenne en mode "bien baston" avec quelques morceaux qui risquent de faire suer la fosse dans la lignée de "P4" ("Chiens de la casse", "Vector equilibrium") et invitent au headbang à s'en décrocher le bulbe ("L'espérance et le refus", "Plus que du metal"). Des plages de calme apparaissent ça et là, soit en rangeant les instruments pour laisser de la place aux samples ou à la voix ou encore en laissant le champ libre à la musique comme sur une grande partie de "Tout est poison" (le livret a beau rajouter des texte de "L'espérance et le refus", la superbe fin du titre est instrumentale). La force de Mass Hysteria, c'est aussi de savoir calmer le jeu "en apparence" avec un Mouss qui se fait plus doux avec de jolies harmonies et des textes assez ... "peace" ("Une main armée d'un coeur, nous criions ! Imitant le soleil et ses rayons.") sur "Mère d'iroise" alors que les riffs et la rythmique envoyés sont ultra lourds et tendus. Et si ce dernier titre était le meilleur de l'album ?

Cette question risque de faire débat et quand on n'arrive pas à extraire un titre aisément de la masse, c'est que l'ensemble est au top. Encore une fois, Mass Hysteria arrive à coucher sur disque une folle envie de les recroiser sur scène. Encore et encore.

Mass Hysteria / Chronique DVD > A l'Olympia

Mass Hysteria à l'Olympia Jamais deux sans trois ? Et non, la troisième sortie "live" de Mass Hysteria ne s'appelle pas Live mais "presque tout simplement" A l'Olympia. "Tout simplement" parce que c'est là que le show a été filmé et "presque" parce que c'est l'Olympia putain ! Un aboutissement après 20 ans de carrière ? Non, un rêve qui devient réalité car il semble évident que Mass Hysteria ne va pas en rester là... Comment imaginer que ce soit un achèvement après avoir vu combien de sourires ils allument lors de ce concert comme de tous les autres ? Non, c'est plus un avènement, une consécration pour un groupe qui n'a jamais relâché ses efforts et se donne bien du mal pour faire vibrer les salles et le public des festivals depuis le début des années 90.

On revit pour l'éternité cette soirée d'avril 2013 en s'installant (ou pas d'ailleurs) pour mater ce DVD, on entre dans le temple parisien de la musique, on sélectionne sa qualité de son (stereo ou 5.1) et on balance le "Concert". Et d'entrée c'est du très gros. Le rideau s'ouvre sur une mise en scène option "artwork vivant" avec quelques tambours ambiance "Aimable à souhait", c'est beau et qu'est-ce ça claque (les "acteurs" repasseront sur "Même si j'explose")... Noir puis noir et blanc éclatant pour débuter le spectacle qui nous permet d'en prendre plein les oreilles mais également plein les yeux car le plan de feu, les angles de caméra et le son sont d'une qualité exceptionnelle. Le public également, qu'on voit et entend bien dés "Positif à bloc" et qui se fera remarquer à plusieurs occasions pour chanter "Joyeux anniversaire". La caméra qui passe au-dessus de la scène, les images depuis le public, les plans fixes sur Rapha, les plans larges dans ce cadre cultissime sont plus que bien utilisés dans le montage qui est toujours dans le bon rythme, les épileptiques n'ont donc rien à craindre... Côté show, Mass Hysteria enquille les tubes qui font rentrer en sudation tout l'Olympia (ce "World on fire" du feu de Dieu !) et semble ne jamais vouloir faire de pause... Ou alors c'est pour préparer le braveheart de "P4" (et non, le groupe ne descend pas dans la salle cette fois-ci)... Il faut attendre "Remède" pour récupérer un peu et on est déjà au dixième titre... Soit à la moitié du concert. A priori, tu as déjà vécu un concert de Mass Hysteria donc tu sais comment ça se passe, tu connais les discours de Mouss, les attitudes de chacun, tu sais ce qu'est un circle pit (si "non", mate "Vertige des mondes"), tu as déjà repéré le petit clin d'oeil à MetallicA sur "L'archipel des pensées" mais sache que ce soir-là, Yann n'a pas envoyé ses riffs favoris de Slayer ou Sepultura. Et pendant qu'on est dans la rubrique "ce qu'on ne trouve pas", ne cherche pas non plus "Killing the hype (ruff style !)", "Mass protect", "Aimable à souhait" ou n'importe quel titre de l'album éponyme (ni "Poison d'asile" ni "Instant film" ...), ils n'ont pas réussi à s'incruster dans la set list bien dense et blindée des excellents petits nouveaux titres de L'armée des ombres joué quasi dans son intégralité. On a par contre le droit à quelques belles surprises comme quand avant d'attaquer "Respect to the dancefloor", Mouss balance du "toi tu sors" et du "imposteurs" à l'encontre de Nico et Vince ! Ils sont alors remplacés par les historiques Stephan, Erwan et Pascal mais aussi les fils et les filles du vice, les Mass Hysteria qui avaient écrit ce morceau ont 20 ans de plus et quelque enfants qui participent donc à la fête. Une fête qui se termine comme toujours avec une grosse "Furia" où les sonorités de samba font monter sur scène des danseuses peut-être venues de Rio, on fait péter le pas de danse une dernière fois et il faut déjà (le temps passe vite) se dire "rencart au bar"...

En bonus, tu peux revoir le très beau clip de "Même si j'explose", dans une qualité forcément supérieure à celle du web (et puis si on attend de le voir à la télé...) et suivre la vie des Mass durant la tournée des festivals de l'été 2013 (Hellfest, Eurocks, Dour, Rock en Stock), on les voit en live (et oui encore !), en backstage, avec des ballons et des shooters dans les mains, on les entend aussi déconner et répondre à quelques questions. Le digipak (superbe, merci Eric Canto pour la qualité des photos) offre également le concert en version double CD pour que tu puisses frissonner partout et pas seulement devant ta télé. C'est Mass Hysteria qui fête son anniversaire et c'est eux qui nous font un cadeau. Que dire, à part "merci... et à bientôt sur la route" ?

Mass Hysteria / Chronique LP > L'armée des ombres

Mass Hysteria - L'armée des ombres Après un Failles qui n'en avait pas, Mass Hysteria revient sur un nouveau label et avec un nouveau bassiste... mais ces changements ne semblent pas avoir profondément changer le groupe, non ce qui fait que Mass change un peu, c'est surtout le climat économico-politique mondial. L'ambiance n'est plus à la fête et aux simples slogans pour protéger notre environnement, il faut désormais s'attacher à sauver ce qui reste de bon en l'homme, histoire de pouvoir continuer à y croire...

Exit la samba de la "Furia", les rythmes dansants ou les quelques douces mélodies qui arrondissaient les angles saillants, bienvenue à un MH sombre, plus métal et industriel que jamais. Marqués par les guerres, les attentats et les vicissitudes de quelques puissants ("L'homme s'entête", "Commedia dell'inferno", "Sérum barbare"), Mouss et les siens continuent de contempler un monde en feu et à sang et de s'insurger avec leurs armes.
L'armée des ombres laisse donc peu de place aux mélodies, Moustapha est davantage dans la revendication et l'exhortation et tente de suivre les cadences imposés par les rythmes et les riffs matraqués par ses comparses. Dans cette masse sombre de sons qui nous assaillent ressortent des samples extrêmement travaillés, en petites touches ou par nappes, ils sont toujours choisis avec soin et d'une qualité rare. Ils tiennent de nouveau un rôle important dans les compositions et sur cet opus prennent même le pas sur la basse qui en étant plus proche des guitares se fond davantage dans le décor. Les lignes de Vincent sont plus discrètes que celles de Stephan mais il n'était que fraîchement intégré au groupe au moment de terminer les compositions, gageons qu'il s'affirmera davantage par la suite et apportera son empreinte personnelle. La fusion entre des samples omniprésents, une musique dense et des textes acérés n'est pas sans parfois me rappeler un de mes albums de références des années 90' : Utopia de No one is innocent, c'est surtout le cas sur "Commedia dell'inferno" ou la gradation de l'intensité et le discours me renvoie aux doux souvenirs de "Ce que nous savons"/"Inside".

Mass Hysteria a beau faire face à L'armée des ombres, il n'en oublie pas sa philosophie première qui tient en trois mots : "Positif à bloc". Taillé pour la scène, l'album fera des étincelles en live et c'est pour répondre à cette "Pulsion" que les Hystériques nous demandent d'être nous-mêmes, d'aimer la vie et de s'accrocher. Des idées que l'on connaît déjà mais dont on ne se lasse pas, surtout qu'elles passent ici parfois avec grâce. Les textes sont en effet, pour la plupart, assez réfléchis et très bien écrits, Mouss se délecte toujours de faire s'entrechoquer les références jouant autant avec la littérature classique (Lamartine, Carroll, Nietzsche, Kessel...) qu'avec la sous-culture culte (X-Files, Aldous Huxley), mettant face à face les technologies les plus modernes et un des écrits les plus anciens (Apple face à la Génèse dans "Commedia dell'inferno" qui voit ensuite s'affronter les idéologies communistes et capitalistes avec Jacques Séguéla dans la peau du chantre de la réussite personnelle). Quand le clin d'oeil n'est pas directement inscrit dans les textes, il l'est dans la dédicace, "L'esprit du temps" est ainsi associé à Edgar Morin (sociologue) et Stéphane Hessel (auteur d'Indignez-vous !). Mouss s'amuse avec les références et se joue de la langue française, faisant sonner "braise" de façon à entendre "Breizh", nous déroutant avec le titre oxymorique "Sérum barbare" et écrivant même un texte assez complexe mais d'une poésie rare : "Raison close". Les interprétations sont multiples (faut-il prendre "Amour" comme le fleuve ?) mais il nous forcément nous incliner face à la beauté de quelques idées comme celle-ci "Dans le coeur c'est un naufrage, fermez l'aorte à clé".

Outre les deux titres bonus, le superbe digipak à l'artwork si inquiétant offre également un DVD où l'on retrouve un documentaire signé Julien Metternich (qui avait déjà bossé sur le DVD Live). Le groupe répond à pas mal de questions et les réponses sont entrecoupées d'images essentiellement captées en live. Mass Hysteria revient sur son histoire depuis Failles et donc sur la rencontre avec MetallicA, le Sonisphere et son incroyable "P4" joué au coeur d'un énorme circle pit, les "vacances" à Nouméa et les 3 concerts donnés en Nouvelle-Calédonie, l'arrivée de Vince, le travail en studio avec Fred, cette fameuse déclinaison d'images qui servent de pochette et bien sûr cette armée des ombres...

Cet album n'est pas un cri sans écho, c'est un album mûrement réfléchi, un album explosif et corrosif qui montre combien Mass Hysteria est marqué par le monde qui l'entoure et ne restera jamais immobile.

Mass Hysteria / Chronique DVD > Live

Mass Hysteria - Live Au moins depuis la sortie de Contraddiction, on attend un live de Mass Hysteria et un vrai live, pas un extrait de concert à la Mass Hysteria Live qui n'a fait qu'attiser notre envie ou un bootleg aussi bon soit-il (le Art Sonic V de 2000 !). Les fans, le groupe, tout le monde le voulait, Athome a fini par plier et accepter de risquer de l'argent dans l'entreprise (oui, la vente de disques ne rapporte déjà pas grand chose alors celle des DVDs...), Mass Hysteria a donc soigneusement préparé son show du Bikini (Toulouse le 9 décembre 2010) pour le graver à jamais. Côté setlist, c'est du béton armé, pas de surprise si ce n'est le retour de "Donnez-vous la peine" et la disparition totale des titres de Mass Hysteria (ok, ce n'est pas franchement une surprise) et de De cercle en cercle (ni "Millenium appauvri" ni "Remède" que l'on entendait encore parfois), ce Live n'est donc pas un best-of croisé avec un concert mais bel et bien le pouls de Mass Hysteria fin 2010, le groupe est alors au sommet de sa forme (encore qu'ils peuvent peut-être encore aller plus haut) et sait faire sonner ses plus vieux tubes ("Mass protect", "Respect (To the dancefloor)"...) aux côtés des plus récents ("World on fire", "Failles", "Get high"...). Sur le DVD comme sur le CD, le son est simplement énorme, ceux qui le trouveront trop propre n'auront pas assisté à de bons concerts des Mass, lesquels ne sont pas du genre à laisser traîner des sons foireux en concert et jouent toujours avec en tête l'idée que ça doit être gros et propre ! Les caméras sont partout, par rapport à d'autres lives, on profite d'un plan depuis le public et un d'autre depuis le balcon qui nous permettent à la fois d'être au-dessus de la salle et au coeur de la salle ! Pour savoir ce qu'il se passe à un concert de Mass, il suffit d'y aller (ou de mater le DVD), là, en plus de la panoplie habituelle (les tomes d'"Aimable à souhait", le public sur scène pour "Respect (To the dancefloor)", un braveheart ("Furia"...), le groupe (sauf Titou et Raph) vient se placer au centre d'un circle pit pour "P4", ça avoine tellement que le morceau ne sera pas sur le CD (qui est également amputé de "Killing the hype" pour des raisons de durée)... Difficile de ne pas jumper, chanter et danser tout seul comme un con dans son salon durant toute la durée du Live, la fameuse phrase de Mouss "Hysteria en la casa" n'a jamais eu autant de sens !
En plus du concert, Mass Hysteria nous offre un documentaire exceptionnel sur la vie du groupe avec de nombreuses images d'archive ultra collector, ceux qui n'étaient pas là au début de l'histoire peuvent donc rattraper leur retard et dévouvrir d'où vient le groupe et ce qu'il est au travers du discours de ses membres (présents ou passés) et d'illustres comparses (Stéphane Buriez, Kemar No one is innocent, Reuno Lofofora et Mudweiser, Francis Zegut, ...). "15 ans de furia", c'est plus d'une heure dans la vie de Mass Hysteria avec des anecdotes et des images qui valent leur pesant de cacahuètes ! Vraiment exceptionnel !
Du bonus, qui veut du bonus alors qu'il en a déjà pris plein la tronche ? On repasse par un petit peu d'archives live avec 4 titres : "Mass protect" et "Le dernier tango" captés aux Eurocks 1999 qui sont bien plus carton que le "Fausse route" chopé aux Eurocks 2005 ou le "Nous sommes bien" des Vieilles Charrues 2007. La partie vraiment intéressante du bonus, c'est encore le documentaire, en l'occurrence celui réalisé pour l'enregistrement de Failles avec les interventions des zicos mais également de Fred (Watcha, producteur) et de Pierre (qui travaille le chant avec Mouss), c'est encore une mine pour qui apprécie le combo...
Un DVD Live, on en rêvait, on le voulait, Mass Hysteria l'a fait et a fait mieux encore en le livrant avec 2 docs de grande qualité et un CD pour prolonger notre bonheur. Merci.

Mass Hysteria / Chronique LP > Failles

Mass Hysteria - Failles Failles est le meilleur album de Mass Hysteria depuis Contraddiction. Et j'aime beaucoup Une somme de détails. Du très gros son, de bons samples (signés par un certain Julien), un rythme d'enfer, des textes qui percutent, un visuel intriguant (signé Eric Canto (avril 2009)), cette fois-ci, c'est sûr, les furieux ont refermé la parenthèse De cercle en cercle / Mass Hysteria. Pour autant, Failles n'est certainement pas une "copie" 10 ans plus tard de Contraddiction, l'époque de cet album phare est révolue et jamais on ne revivra de pareilles sensations, les frissons de la découverte d'une pochette dans le rayon de son disquaire, l'explosion des riffs dans les enceintes de sa chaîne hi-fi, l'impression de prendre un truc vraiment nouveau dans la tronche, tout ça n'existe plus mais on peut continuer à prendre son pied en écoutant des titres puissants et bien envoyés.
Temps de crise, envies de révoltes, "World on fire" est scandé, ouverture du disque et échauffement avant un titre complètement en anglais ("Get high (Yallah)") où les guitares et les samples viennent bien épauler Mouss, pas aussi à l'aise qu'avec le français pour jouer avec les mots. D'autres petits mots dans la langue de Shakespeare se promènent dans les textes ("Clean", "Dysphoria" qui rime plus avec Hysteria que "dysphorie"...) et aiguisent autant notre sens auditif que les références culturelles (La lune dans le caniveau, le tonnerre de Brest, teintés d'alcools, d'Apollinaire ou encore deux vers d'Aragon Rien n'être plus ce qu'aujourd'hui nous sommes, Tout peut changer mais non la femme et l'homme). Les textes se retiennent très vite, certains sont écrits en pensant au public (le traditionnel titre pour les furieux et les furieuses "Comme on danse" mais aussi "Aller trop loin" où une vie à deux peut aussi se transposer sur la relation entre un groupe et son public), d'autres sont plus introspectifs ("Failles", "Clean"...), fidèles aux idées de Mass Hysteria, si on veut que ça bouge, il ne faut pas attendre que d'autres le fassent à notre place. Et pour ce qui est de bouger, ils en connaissent en rayon et les rythmes lâchés devraient nous aider, qu'ils soient lourds ("L'archipel des pensées") ou matraqués ("World on fire"), ils ne font jamais de pause et basse comme guitares ne se privent pas de rajouter quelques couches ("Get high (Yallah)"). Le côté dansant et festif est amené par les samples qui font un retour en force au premier plan des compositions pour mon plus grand bonheur (mêmes si les recettes sont parfois semblables : "Failles", "Le magnétisme des sentiments").
Pour moi, vieux fan hystérique, Failles est un sacrément bon album...
Reste à savoir ce qu'en pensent des "petits jeunes", des personnes qui n'écouteraient pas ce disque avec un brin de nostalgie vivant l'écoute comme une cure de jouvence, se rappelant qu'ils peuvent encore sauter, hurler, danser comme il y a 10 ans, déjà. Putain 10 ans.

Mass Hysteria / Chronique LP > Une somme de détails

Mass Hysteria : Une somme de détails Loop à gauche, gratte à droite, petite accroche et la machine Mass Hysteria se remet en branle aprés deux albums où les mélodies avaient pris le pas sur la furia, les slogans et le son massif. Et si l'hystérie collective était toujours de mise lors des concerts, avec Une somme de détails, ça va suer autrement sur la tournée à venir... Et oui, Mass Hysteria n'a jamais été aussi proche de Le bien-être et la paix qu'avec Une somme de détails, 10 ans ont passé, des choses ont changé mais le combo est revenu prendre (et donner) de l'énergie à ses sources pour mieux repartir vers l'avant.
Gros riffs, samples électro qui travaillent les esprits, chant scandé, textes envoyés sans être pesés, rythmiques qui incitent aux jumps, Mass Hysteria nous refait sourir et sauter dans tous les sens durant un album entier (ou presque) et comme c'est ce que tout le monde attendait depuis Contraddiction, on ne peut qu'être ravi par le réveil de leurs pulsions primitives ! D'ailleurs depuis quand n'avions-nous pas entendu parler de "Babylone", d'"osmose" et de "dance floor" ? Certes la prod' n'est pas aussi destructrice que celle de Colin Richardson mais très précise, jouant de la stéréo et mettant en valeur une somme de détails non négligeables, elle aurait certainement nui aux compositions en étant plus directe et métallique. Les titres qui blastent sont tout de même légions ("Une somme de détails", "Killing ze hype", "Regarder le monde", "Une joie kamikaze"...) et contrastent avec l'angélique demoiselle qui habille le digipak... Sur le rythme effréné, les mots de Mouss s'entrechoquent avec plus ou moins de bonheur, les références valsent (Mèche rebelle à l'anglaise, triste écho post Noir Déz (...) Mon télescope vise des étoiles pas très académiques ... -"Killing ze hype"- , Qui de l'homme ou du loup voit la terre bleue comme une orange -"L'espoir fou"-), certaines tournures sont percutantes (Une balle perdue me traverse l'esprit et perce à jour ce que je fuis ... -"Je ressens"-) et des idées "politiques" continuent d'affleurer (Plein emploi, hausse des salaires, c'est la kermesse des slogans publicitaires. Que faire quand un gouvernement a peur de sa jeunesse... -"Echec"-). Aprés 40 minutes de Mass Hysteria à donf (avec quelques passages plus cools et "positifs à bloc" comme "Nous sommes bien"), Une somme de détails se referme en rendant un vibrant hommage à Mika, Dolly a grandi avec Mass Hysteria (nous aussi...) et avec beaucoup d'émotions Manu vient chanter son bassiste, shine on, brillons. Brillons, oui, continons de "Briller pour toi" et versons des larmes de joie. Hysteria.

Mass Hysteria / Chronique LP > Mass Hysteria

mass hysteria Et si cette pochette noire était un signe de deuil ? Car le Mass Hysteria du Le bien-être et la paix et de Contraddiction semble bel et bien mort et enterré (du moins en studio, sur scène Mass Hysteria est toujours au taquet) : De cercle en cercle avait montré leur volonté de calmer le jeu, sur ce Mass Hysteria, c'est un tout nouveau visage que nous offre le quintet. Finis les samples destructeurs, terminées les boucles entêtantes, au placard les rythmes binaires marteau piqueur, tout ce qui faisait la force de frappe indus du combo est mis de côté, il reste bien quelques samples mais ils sont plus là en décoration, ils ne mènent plus la danse et ne nous mettent plus en transe... Les guitares se sont elles assagies et font demi-tour lorgnant plus vers les racines du rock (ou le stoner de QOTSA ? "On coule !") que vers le futur (celui entrevu à leurs débuts chez Gravity Kills ou Pitchshifter). Bien plus pop, elles tombent même dans un grand pot de miel avec certaines paroles (là, le groupe fait vraiment "Fausse route"), elles ont donc suivi l'évolution du chant de Mouss, on oublie les paroles positives à bloc, les refrains slogans, les textes scandés avec la foule et on tente de trouver des mélodies et du sens (et si Miossec s'écrit de jolis textes pour lui, ici il plombe un peu l'ambiance et seul "Laisser penser" vaut vraiment le détour). Alors, à la dérive les Mass ? Pas totalement (et heureusement !) : les deux premiers titres de l'opus éponyme sont deux bombes "Poison d'asile" joue délicatement avec les mots et balance des riffs rageurs contre ce "vote bancal et suicidaire" Mustapha se plaît ici, nous aussi, alors pourquoi tant de (F) haine ? S'enchaîne "Instant film" où Rapha matraque sa batterie comme jamais, "Désaxé" alterne lui ce genre de passages à toute blinde et des couplets trés posés... Côté calme et classe on a "Intérieur à revoir" planant et prennant, un des rares titres "pop" qui tiennent vraiment bien la route. Le titre bonus "Sexylex" est assez marrant, presque du Indochine !
Au final, on n'a qu'un album moyen où les trés bons titres ("Poison d'asile", "Instant film", "Intérieur à revoir") ne sont pas assez nombreux pour faire oublier ceux qui sont durs à supporter ("Fausse route" !!!). Il va falloir qu'on s'habitue à un Mass Hysteria qui ne met plus la péche, qui n'a plus trop la banane et qui se met à réfléchir un peu trop loin... Le cul entre deux chaises, pas évident de réserver le même accueil à ce Mass Hysteria qu'au Futura jouissif de Backstab ou au trés réfléchi Intérieur nuit de Paraffine...

Mass Hysteria / Chronique LP > De cercle en cercle

Mass Hysteria - De cercle en cercle Mass Hysteria a vieilli, les jeunes gens sont devenus des parents et après avoir montré qu'ils pouvaient faire tout exploser, ils se sont assagis pour nous offrir un album à écouter, finies les séances de jumping dans le salon, on se pose et on réfléchit aux millions d'hommes et de femmes qui rayonnent. Le groupe unis, soudé, au taquet a aussi vécu des séparations, plus ou moins heureuses et l'histoire entre eux n'est plus la même, le positif à bloc n'est plus forcément de mise. Mass pousse la contradiction et prend à revers un public acquis d'avance, c'est à ce prix que se gagnera la raison. Play. Petits sons de machine, la guitare part à gauche, Mouss pose sa voix et sur un mid-tempo "Remède" coule dans nos oreilles, le son n'est pas lourd, il est doux, satiné. Les effets ont été retravaillés, les plages de calme aussi, c'est dans un nouveau cercle que Mass Hysteria nous invite à pénétrer. L'agressivité et le ton du combo qu'on connaît tous revient sur "La puissance bienvenue" et "La aventura humana", mais les guitares sont en retrait sur les couplets, les rythmes prennent les devants, DJ Ombre intègre parfaitement ses scratchs sur le titre hispanisé qui est l'un des plus dynamiques de l'opus, j'entends déjà résonner les "Yo creo" dans toutes les salles de concerts... Le calme de l'album passe par des pistes où Olivier apporte son talent de pianiste, "Ya-vyemma" est la première de celles-là, sur le dernier refrain la guitare refait son apparition, c'est magique. Puis vient "Millenium appauvri", pour moi, c'est le morceau le plus riche de l'album, la guitare part toujours de la gauche, l'écho vient donc de la droite et bing, la Mass Hysteria se met en branle, sans la puissance sonore du gros son auquel Colin nous avait habitué mais avec toujours cette même énergie. "Fragment" est une autre de ces périodes de calme, instrumental, il est rebondissant et reposant. "Immixtion" était attendu, c'est le titre où ont été invités les rappeurs de La Brigade et malheureusement ça part en couille. Les sonorités sonnent très Dr Dre, les paroles tombent bien bas, même celles de Mouss qui prouve qu'il ne sort pas de St-Cyr mais de derrière les fagots (sic), comme à l'accoutumée quand un groupe "métal" invite des chanteurs rap, seul le refrain est sauvé du naufrage par le renfort des guitares. Il y a certainement d'autres moyens de montrer le respect que l'on porte aux autres musiques, l'intégration est manquée, le fossé musical n'est toujours pas comblé. "La canopée" relance la machine, très rythmée, elle réveille les esprits. A nouveau "Temps mort", respiration sous fond d'orgue et de break beat. Et de nouveau le tempo change, "L'harmonie invisible" bénéficie de sa position en fin d'album, on est habitué à entendre ce nouveau son, moins hystérique, et on peut tranquillement suivre les progrés de Mouss au chant, au fait, les guitares partent toujours de la gauche... L'hymne du Mass Hysteria de 2001 est "Coup2mass", le morceau fait le point sur la vie du groupe à cinq, nouvelle mise, mais à bloc reste leur devise. C'est sans conteste l'occasion de lâcher les guitares et les samples de bris de glace ou de tartines de gnack. Retour aux sonorités chaudes et aux nappes d'accord sur "Montherlant" aux samples orientaux bien sentis, c'est une sorte de "berceuse" à la sauce Mass Hysteria ... sans que cela soit péjoratif ! Bien au contraire, la chaleure humaine dégagée est réconfortante, apaisante. Quelques notes de piano, des riffs qui tombent et "L'importance du sort" est lancé, le chant de Mouss est vraiment plus mélodieux, la guitare hachée est toujours à son poste, sur la gauche et les samples relancent une dernière fois l'hystérie dans nos coeurs.

Mass Hysteria / Chronique LP > Contraddiction

Mass Hysteria - Contraddition LP Mass Hysteria a construit sa réputation sur scène et nombreux étaient les fans déçus de ne pas retrouver la puissance Hysterique sur le premier album studio Le bien-être et la paix. Contraddiction, le deuxième devrait pleinement les satisfaire ! La production confiée à Colin Richardson est nettememnt plus tranchante, plus lourde, plus métal, plus proche de la réalité métaloindustrielle de Mass Hysteria . Sur cet album, les guitares ont pris le pas sur les machines qui viennent se greffer sur les riffs dévastateurs ("Zion"), ce changement dans la façon de composer se sent tout de suite ("Contraddiction") et tout le monde y gagne. Cet album montre aussi que les "Parisiens" ont THE sens du rythme, qu'il soit infernal ("P4"), génial ("Sur la brèche") ou tribal ("Furia"), les percussionnistes vont se régaler... Cette Mass aurait-elle gagné en raison à provoquer la Contraddiction ? En tout cas, les textes de Mouss sont plus réfléchis, toujours aussi directs, toujours aussi positifs et chargés d'un bon esprit ("Aimable à souhait", "Finistère amer"). Un Mouss qui module ses intonations et varie son chant jusqu'à se la jouer reggaeman ("Osmos'9"9). Mass Hysteria est un phénomène qui risque de rallier tous les suffrages tant leur maîtrise du son et du tempo est impressionnante. L'expérience de la scène leur a permis de travailler leurs compos et de réduire le décalage entre son live et son studio ("Le dernier tango"). Enfin, comme un album de Mass Hysteria ne peut se conclure normalement (remix sur le 1er, reprise sur le live), les Mass se sont faits un trip expérimental entre l'Orient et la Mano Negra ("Corazones Olviados"). Aujourd'hui, la Mass occupe plus que jamais une des premières places du rock français qui avance. L'année 99 sera Hystérique ou ne sera pas. Ils sont vraiment forts ces enculés...

Mass Hysteria / Chronique LP > Mass Hysteria Live

Mass Hysteria - Live (album) Le Mass Hysteria Live, c'est 9 titres dont l'inédit "Le dernier tango", la reprise "Refuse / Resist" de Sepultura et toute l'ambiance de la Mass Hysteria sur scène. Pour un prix ridicule (moins de 13 Euros), vous avez le droit à près d'une demi-heure du concert donné le 16 mai 1998 au Spectrum à Montreal. "Knowledge is power", "L'homme qui en savait trop rien", "L'effet papillon", "Donnez-vous la peine", "Respect to the dance-floor" et "MH2 C.E.S." sont de la fête et même si un CD enregistré live ne vaudra jamais un vrai concert, fermez les yeux et écoutez ... avant de retournez voir Mass Hysteria sur scène...

Mass Hysteria / Chronique LP > Le bien-être et la paix

Mass Hysteria - Le Bien être et la paix L'album commence par "L'homme qui en savait trop rien" dont les rythmes basse/batterie rappellent par moment KoRn, le son est métal à souhait mais c'est bien de l'indus que l'on écoute. Les Mass sont dans la place, "les pieds sur terre, la tête dans les étoiles". Le ton est donné. Plus j'écoute ce premier morceau, plus j'ai envie de revoir Mass sur scène...
"Knowledge is power", la puissance de Mass Hysteria s'étale. Break technoambiant de quelques secondes et ça repart jusqu'au "Mass protect" et à son discours écolo à 200 % "j'aime le monde moi" mais les "nuages noirs ne sont pas virtuels" et la "pollution sans solution". Réapparaît le soleil avec "Shine" et ses bonnes vibrations. Excellent morceau, riffs surpuissants, samples bien placés. La bonne humeur est présente et elle s'impose. Tout comme dans "L'effet papillon" où après une intro assez calme la Mass Hysteria nous exhorte à être heureux "ne serait-ce que pour donner l'exemple", les samples donnent une profondeur assez magique au morceau, souriez vous écoutez Mass Hysteria ... Cette intro mortelle, c'est celle du tube "Donnez-vous la peine" et de son beat techno qui ferait jumper le pape sous sa douche. "Hard corps" porte bien son nom, double pédale à fond jusqu'à l'arrêt brutale et à cette géniale montée en puissance avant le dernier couplet. Le calme, relatif, de "Gone" est appréciable, après ce carnage pour les médiators, la basse donne le rythme, laissez-vous emporter jusqu'au "Respect to the dance-floor". Tekno-Dance-Métal, "une même note pour plusieurs musiques", respect est certainement le maître mot des Mass Hysteria. "Unique", seul le message marque et il est retenu "soudez-vous". Soudés, ils le sont, ils l'expliquent sur "MH2 C.E.S.", leur hymne surpuissant qui résume leur état d'esprit et leur musique. Encore un très bon morceau. Enfin l'album se termine par un remix de "Knowledge is power", pour la nouvelle année ?, le morceau s'en retrouve assagi, orientalisé, adouci. The end.