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Biographie > Manimal factory

Difficile de faire la biographie de Manimal, sans réciter celle (bien remplie) de chacun de ces membres... Pour résumé, Julien et Brice guitariste et batteur issu de Psykup, se sont lancés dans un projet parallèle, à l'instar d'Agora Fidelio mené par Milka. Ils sont secondés par Ludo, guitariste dans Leiden, de Fabrice, bassiste dans Sailenth et de Vidda (Clamor, Attride, Yog Sothot).
Le lien entre Manimal et la série des années 80 ? Celui de la transformation, ou plutôt du polymorphisme dont l'étymologie rend plus justice au son de Manimal. "Open-death", comme le qualifie le groupe, la musique de Manimal allie de nombreuses influences, mais surtout dispense des mélodies, des riffs et des rythmes qui sont tout sauf ennuyant. L'album est produit par Joe, le chanteur de Gojira, et se trouve à la croisée de Cannibal Corpse et Faith no more.

Manimal / Chronique LP > Succube

Manimal : Succube Manimal revient avec son métal foutraque et déjanté. Album dense et touffu, Manimal a mis les bouchées doubles sur Succube, 10 titres éreintants, une tracklist en forme de box-office, où tout les titres sont des titres de film. Une voix de succube brève, en la personne de Élodie Cassarino, soeur de Julien, et Succube démarre sur les chapeaux de roues avec "Le monstre est vivant" qui saigne les tympans avec ses aiguilles accérées.
Manimal se démarque encore par l'avalanche rythmique ou martiale qui se dégage de certains titres, comme l'explosif "La mélodie du bonheur" qui surgit comme expulsé d'un gros calibre, le marteau-piqueur issu de "Le choix des armes", ou le définitif "After hours" qui sonne comme un Meshuggah ou un The Dillinger Escape Plan toulousain ayant acheté une place dans un ciné aux sièges bien rangés, ou plutôt hantés par une succube en mal de victime, cette dernière faisant d'ailleurs sa réapparition frissonante et glaciale à la fin du titre. Le riff qui termine "Straw Dogs" démarre sans détour "La mélodie du bonheur", de manière plutôt étrange, une voix énervé s'excite dessus -rejoins moi dans la guimauve-, le travail sur la voix est impressionnant, un registre vaste et exploité, "La mélodie du bonheur" ou "Buffet froid" en sont de parfaits exemples.
Difficile de rester indifférent aux décibels mis en joue par Manimal, généralement sous tension, acculé sans répit, mais avec quelques périodes de calme, le surrané calme avant la tempête... Où l'on apprécie "Angel heart" et son passage fluide qui se contracte avec sursaut, ou l'orage électrique de "Buffet froid" qui intervient après une longue période brumeuse, déluge saturé, gouttes de mélodies qui se détache du tonerre métallique.
"Tous les matins du monde" livre sa quintessence manimale, guitares chirurgicales, voix qui se donne tant qu'elle peut, un titre qui part en vrille, s'enroule et se resserre avec acharnement, -je ne cesserai de répéter ces mots afin que ta carapace éclate- : Mission accomplie.

Manimal / Chronique LP > Eros & Thanatos

Manimal : Eros & Thanatos Avalanche de guitares, cris vraiment impressionnant, riffs de tueurs, ou cocotte funky, les différentes facettes de Manimal font mouche là ou ça fait mal. Un palette sonore au spectre large, Julien se sert de son organe avec dextérité et en alternant les registres, entre un BBA d'époque Straight in the veins et un Devin Townsend. Les origines death-métal sont indéniables, les rythmiques laissant peu de répit, ayant une rigueur martiale en fait faire palir plus d'un, comme sur "Take me" dont le canon fume encore.
Beaucoup plus pop (tout est relatif, ça reste du métal tout de même), "Les ailes" ou "Dead meat" alternent les courants sonores où les avalanches sonores saturées alternent avec des passages presque lyriques. Pas très loin d'un Meshuggah ou d'un Gojira, Manimal tire son épingle du jeu par un nombre non négligeables d'atouts, dont les rythmiques de guitares et la voix de Ju ne sont pas des moindres.
"Lu et approuvé" swingue du feu de dieu, avec des riffs qui s'emballent, où la vision vacille, se brouille. Une batterie qui vient appuyer avec ferveur l'artillerie lourde délivrée par les guitares, une basse qui sait se faire ronde comme sur "Eros & Thanatos", "Né pour tuer" ou sanguinaire comme sur "The dark half", et un chant qui se renouvel sans cesse, en balayant un spectre large.