metal Métal > Mal d'Aurore > Chronique LP / Kryzalyd

mal daurore : kryzalydCet album est très soigné, très pointilleux, Mal d'Aurore ne laisse rien au hasard et insiste sur les ambiances. Ainsi avant même de faire "play", on sait que l'opus se compose d'une intro et d'une succéssion de "chants" jusqu'à un épilogue. D'entrée de jeu, avec "Raven", Mal d'Aurore pose son style et annonce clairement que KoRn est une de leurs influences majeures mais s'en détache également avec un refrain très rock où les lourdes guitares laissent trainer les accords. Les rythmes sont très travaillés et à ces breaks qualifiés de KoRniens s'enchaînent des parties autrement plus rapides et carrément plus enragées et lourdes. A peine le temps de comprendre comment ils fonctionnent qu'un solo vient se superposer au-dessus de tout ça. Le son est lourd, bien maîtrisé, la puissance est là, le chant est clair, sombre, pénétré, envoutant, passionné et déroutant, les rythmiques sont mesurées et folles. Sur "Sometimes", on comprend un peu mieux le côté "indus" du combo avec un beat plus binaire, plus excité et déchaîné sur des refrains auxquels un garde de Buckingham en fonction ne pourrait pas résister !!! Putain, ça arrache grave ce titre !!! Et c'est vraiment nouveau ! Un peu de scratch ) la voix, et des notes qui tintent dans le lointain pour "I swallow" où la gothicité du combo s'exprime enfin vraiment. Les gimmicks au chant rappellent encore Jonathan Davis mais comme ça tient plus que bien la route, on ne trouvera personne pour s'en plaindre. Sur ces deux titres, c'est Fox de Money Lisa qui a apporté sa puissante voix pour rendorcer le tout. Le chant troisième ou "Ma douce amertume" dévoile encore une facette de ce $Kryzalyd, Benoît peut aussi chanter en Français et le fait très bien, ce n'est pas du rap-métal, c'est mélodieux, on comprend les paroles et le lancinant ensemble est très profond. "The click" est un peu plus banal ou alors c'est qu'on s'est déjà habitué au son Mal d'Aurore... Les petits sons que l'on retrouve éparpillé au sein de l'album servent ici d'interlude avant de lancer un "Cortex" très psyché, très frappé, assez démentiel dans Le fond et la forme. Son chant lourd s'oppose à la douceur du commencement d' "Opéra" qui nous lacère les écoutilles tranquillement entre les gémissements plaintifs du chant vraiment impressionnant. "Amaurea", l'épilogue, déjà, et une raison de plus pour que le groupe soit indéfiniment comparé à KoRn, l'utilisation, sur un rythme militaire, d'une cornemuse (c'est une gratte qui sort ce son, bravo la pédale d'effet !) et d'un chant plus éthéré. Mais faut-il le répéter, Mal d'Aurore est très loin de pouvoir être réduit à KoRn, apportant beaucoup d'autres influences et crééant sa propre musique, et nous envoyant de belle paire de claques !!!

Oli
Janvier 1999

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