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Interview : Magoa, Magoa topinterview (déc. 2013)

Magoa / Chronique LP > Imperial

Magoa - Imperial Magoa a beaucoup appris aux côtés de Charles "Kallaghan" Massabo mais fait désormais tout tout seul (ou presque), c'est en effet dans leur propre studio (Ten To One Studio) qu'ils ont eux-mêmes (Cyd et Vince) enregistré et mixé ce nouvel album qui sort sur leur propre label (Ten To One Records). Et alors qu'il porte un nom ambitieux, il le mérite car rien ne laisse penser que le quatuor a perdu quelque chose à s'affranchir de certaines contraintes (l'espace et le temps entre autres). Désormais seuls à la direction, l'adjectif Imperial leur va bien, tout comme il peut décrire la maîtrise technique et artistique de la dizaine de titres.

L'adage portugais "Velu un jour, velu toujours" reste de mise alors que les influences death se sont éloignées pour laisser davantage de place au chant clair et aux mélodies, certains titres étant même totalement "tranquilles" (les inquiétants "Merge" et "Untouchable"). Le chant clair qui n'est pas pour autant synonyme de zénitude, Cyd envoie des rafales de mots et sait être vindicatif et audible, il limite les mélodies à quelques parties bien senties qui évitent au combo de tomber dans les poncifs du metalcore (on n'échappe pas à quelques chœurs sur "The first day" mais c'est le seul titre qui en fait les frais). La variété des énergies chantées comme des rythmes et la diversité des plans de guitare font que l'ennui n'a pas sa place dans Imperial.

Un peu de grandiloquence (qui va avec les textes), beaucoup de violence (et pas que dans le clip particulièrement gore), voilà de quoi résumer cette nouvelle production de Magoa qui assimile parfaitement l'air du temps, conserve des bases métalliques solides (un peu de growl de temps à autres pour ne pas paraître faible), sait gérer et doser le clavier et l'électronique (mais il n'en faudrait pas plus que sur "Kill us"), bref, un groupe qui vit dans son époque et s'est donné tous les moyens pour faire la musique dont il avait envie et pouvoir surpasser Topsy turvydom.

Chronique Compil : Magoa, Ghost ship sworn enemy

Magoa / Chronique LP > Topsy turvydom

Magoa - Topsy Turvydom Enchaînant assez rapidement après la sortie de leur EP Animal, les Magoa sont partis enregistrer en Californie chez leur producteur de toujours Charles "Kallaghan" Massabo exilé là-bas. Ca sonnait déjà bien quand c'était enregistré en France, là, c'est un petit cran au-dessus avec davantage de nuances et un son de batterie assez énorme (le reste est bien aussi mais c'est à mon sens derrière les futs que les améliorations sont les plus notables). Ils reviennent donc avec 10 titres qu'ils emballent dans un digipak plutôt réfléchi : on a en effet entre les mains un album dont l'artwork est chargé d'images à interpréter combinant chimères, symboles déiques et d'autres influencés par l'écriture cunéiforme ou le chaos et effets de symétrie, le tout dans une nuance sombre de gris bleu, un travail de fort belle facture signé Vincent Fouquet (du studio Above Chaos qui bosse pour le Hellfest, Loudblast...). Pour en terminer avec les présentations, sache que Topsy turvydom est une vieille expression anglaise popularisée par une opérette de la fin du XIXème écrite par Gilbert et Cellier où la norme est devenue l'exception, le mot signifie aujourd'hui "grande confusion" ou "chaos", tout un programme...

S'il dépeint un monde plutôt chaotique, Magoa ne risque pas d'apporter de l'ordre avec cet opus qui tire dans tous les sens et surprend les nôtres en éparpillant les influences tout au long de ses morceaux. Dans son death assez "BIM prends ça dans ta face", le groupe a intégré tout un tas d'éléments dont pas mal de mélodies que ne renieraient pas bon nombres d'amateurs de metalcore : "Party time" et son chant clair risque par exemple d'en estomaquer plus d'un. Preuve de cette ouverture à tout va, le combo a invité un hurleur, un rappeur et le leader de Threat Signal... sur le même titre ! Le résultat, c'est "Broken record" : un morceau assez accrocheur de part sa multiplicité de chants (entre rap, douce mélodie et growl) mais qui ont en commun une certaine rage. Dommage qu'un clavier un peu pourrave évadé d'un vieux disque de Type O Negative vienne un peu trop montrer que le groupe n'a peur de rien. Magoa n'a pourtant pas besoin de renforts pour varier les utilisations de la voix qui oscillent avec facilité entre clarté et lourdeur, mais alors qu'il semble savoir tout faire (même titiller les fans de heavy sur "Eat you alive"), quand il ne s'agit que de parler, Cyd laisse le micro à Aline Déry ("Forgotten saints"). Si les mots accaparent pas mal l'attention, les instruments ne sont pas en reste : les rythmiques et leurs breaks se signalent tout au long de la galette tout comme les guitares qui multiplient les effets de disto', jouent avec les harmoniques et peuvent sortir de gros solos ("Betraying grace").

Cette grosse évolution musicale de Magoa ne plaira pas à tout le monde et si certains choix sont assez discutables (quelques samples, le son de clavier...), la plupart sont très intéressants car ils démontrent la maîtrise artistique, ce dans de nombreux domaines, d'un groupe qui ose ouvrir son metal tout en gardant un fond brutal.

Magoa / Chronique EP > Animal

Magoa - Animal Après un premier album sorti au printemps 2011, les Magoa sont retournés au Kallaghan Studio (qu'ils squattent depuis 2008 et leur première démo) pour mettre sur bande plusieurs titres regroupés sur un EP intitulé Animal. Et la bestiole incarnée par le démon, c'est plutôt du genre avec des griffes et des dents acérées. Les guitares sont bien félines et rugissantes entre puma et lion, les rythmes ont eux plus de poids comme de coffre et défendent méchamment leur base comme le plus lourd des périssodactyles ; quant au chant, l'analogie se tourne vers le taureau car ça beugle sévèrement dans le micro ! Au bestiaire, tu ajoutes un peu de requin ("Sharks") histoire de te faire peur jusque sous l'eau et la visite du zoo est presque déjà terminée. Ca s'est fait à fond de balle, sans trop de fioritures car l'essentiel est dans le blast. Bestial, Magoa vise plus la mâchoire que l'esprit pour obtenir le K.O. technique. En plus des 6 titres, un code dans le digipak donne accès à la partie "membres" de leur site web et un titre bonus "Let's die (on saturday night)" avec, pour l'anecdote, Shawter de Dagoba en guest métallique.