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Madcraft > Chronique EP / Sans attendre que les choses viennent
Ah, chouette un nouveau Madcraft ! un petit peu plus d'un an après la sortie de Harissa Core, quelle bonne surprise de recevoir ce nouveau mici cd 5 titres. Première constatation et non des moindres, Madcraft se professionnalise, et se crédibilise encore un peu plus. Dossier de presse, album dans un vrai packaging, livret avec paroles, Madcraft est passé un cran au dessus. Et la musique me direz vous ? bah ne vous faites pas de soucis, de ce coté là, ça cartonne sec aussi. 4 titres enregistrés chez Francis de Miserecords (Dysfonctionnal By Choice) plus un titre issu d'un live de novembre 2000 pendant l'excellente soirée Sonotome organisée par E-Zic, composent cet album qui est distribué par Musicast. Dès le premier titre, "Personne à l'écoute", on reconnaît le style des 5 parisiens. Guitare funk accompagné de wha wha, une basse/batt déjà efficace, un échange de voix entre Manu et Medhi, et on rentre dans le vif du sujet avec une bonne vieille fusion. La fusion tout de suite accouplée à un rythme hardcore bien lent, bien lourd, bien…bon. Les textes sont mi-français, mi-anglais, mais à 1OO% engagé, disons plutôt réfléchi. Le son est un peu trop aigu pour ma part, mais il faut reconnaître tout de même que ça le fait bien. "Temps de réflexion", le calme après la tempête, une basse batterie bien jazzy, un rapé à 200 à l'heure, toujours ce coté funk à la guitare, on en démord pas. La mélodie est omniprésente pendant le refrain malgré cet aspect brutal, on est sous le charme. Incontestablement. Toujours des textes bien pensés, ils le reconnaissent, ça ne sert à rien d'écrire pour ne rien dire. Tout à un sens. L'émotion pointe son nez, et comme si de rien n'était le funk prend le dessus, pas le temps de souffler, ça cartonne, ça s'énerve. Bien vu. Comme sur le premier cd , Madcraft s'essaie avec brio à un instrumental bien oriental. Comme quoi on peut jouer du funk, du métal et kiffer les rythmes de l'Orient. Et le meilleur dans cette histoire c'est que Madcraft ne se loupe pas ! Guitare acoustique, percussions, tout cela nous embarque dans un voyage à travers les frontières, comme dans un rève. Mais soudain tout s'accélère, tout s'emballe sans jamais rencontrer le brutal. Un joli titre. "Belleville brûle t'il ?" à cette question, je ne peux que répondre que par l'affirmative. Ou du moins, ça ne va pas tarder car ce titre est chaud, extrêmement brûlant. Assurément le titre le plus énervé de l'album, à grand renforts de disto, de slap et de hurlements relayés par un rap précis. Ça tue !!! encore une fois, les textes sont forts, cette fois cela concerne un quartier qui, comme un homme, meurt car on le laisse dépérir. La fin du morceau part dans des contrées acoustiques très atmosphériques, avec encore des percussions. Et ça repart, la furie gagne le terrain pourtant adoucie quelques temps plus tôt, pour finir sous un délire techno mais sans boucles, mais plutôt avec une guitare ravagée et une batterie hyper disco !!! Yes, ça le fait ! Sans attendre que les choses viennent se clôture (déjà !) par un inédit live. Le son, pour un morceau enregistré en public, est plutôt bon. Et grâce à ce titre, on retrouve la vraie nature de Madcraft, c'est-à-dire la scène, le live, la sueur, l'énergie, pour un morceau dans la veine de ce disque : alternance de passages, bonne coordination des voix. Peut être pas le meilleur morceau du cd, mais c'est de l'authentique. Madcraft a progressé, ça se sent même si parfois j'ai le sentiment que le son n'est pas encore à la hauteur du talent de la musique. Mais surtout si vous avez l'occasion de les voir en live : n'hésitez pas, déplacez vous, vous ne serez pas déçu !
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