Love Sex Machine Oui le plus illégitime et furibard des rejetons d'un certain politricard français, bien connu dans le milieu des nuits chaudes de la moitié du monde occidental, est forcément lillois. Oui il porte fatalement sur lui un nom qui annonce clairement la couleur : Love Sex Machine. Oui avec un patronyme pareil, difficile de se défaire d'une étiquette qui va évidemment chercher des punchlines sous la ceinture. Pourtant derrière son pseudo volontairement pas mal racoleur (faut bien exister hein...), le groupe mérite mieux que de pauvres vannes tapant gaiement entre les cuisses. M'enfin en même temps, avec des titres du.... calibre d'"Anal on deceased virgin", "Fucking battle" ou "Killed with a monster cock" : on comprend vite que pour la finesse, le raffinement feutré et l'élégance satinée, va falloir repasser un autre jour. Dont acte. Accrochez-vous ça va balancer.

Parpaings métalliques aux effluves doom encore gluantes, un sludgecore qui vient souiller les enceintes de ses assauts répétés, riffing pénétrant à la brutalité assumée, le premier album de Love Sex Machine est une saillie sonore d'une rare intensité, un bruyant coït animal qui sait rentrer dans le gras comme personne et vomit sa haine dans le stupre et le sang. Evidemment avec un tel programme imposé, on sait parfaitement, ce dès les préliminaires d'usage, à quel sein se vouer. Ceux-ci d'ailleurs ne... durent guère que quelques instants, histoire de déballer le matos proprement et de commencer à sauvagement butiner les enceintes ("Antagonism Can STFU "). Les geysers hardcore éclaboussent ce magma doomcore qui gît, abandonné à son propre sort, tel une proie ayant enfin rassasié une meute de loups affamés. Mais les lillois ne s'arrêtent pas et enfoncent leurs pieux métalliques dans les chairs en fusion ("Vagina curse"), balançant sans vergogne les giclées métalliques à travers le studio. Pris au piège de son propre plaisir masochiste ("Plenty of feelings"), l'auditeur subit(e?) et encaisse les coups de reins qui viennent s'entremêler au coeur d'une harassante orgie de décibels.

Plus il y a de fous, plus elle crie. La bête est en liberté : livrée à ses penchants les plus primaires, incestueux, barbares, à la recherche d'une jouissance égoïste et déshumanisée, mais en même temps, telle une allégorie méphistophélique du Hard, à l'image de notre époque et de ses moeurs décadentes. L'album, particulièrement bien branlé (désolé fallait que ça sorte et c'est jamais bon de se retenir), est à la fois d'une effroyable efficacité et en même temps d'une saveur âcre qui le rend d'autant plus aliénant. Extrême. Possédé par le malin, à l'image d'un Rorcal qui aurait délaissé sa maîtresse black/doom pour une prétendante sludgecore plus fougueuse parce que formée à l'école des seigneurs Black Cobra, à l'instar d'un Black Sheep Wall dur sur l'homme et dévorant un Serpentcult avec un appétit des plus carnassier, le groupe fraye avec les démons de l'Enfer, s'offre sans vergogne aux appétits déviants du Cerbère tout en se laissant aller goulûment à ses fantasmes les plus refoulés ("Warstrike takes the piss "). Oui, on l'a compris depuis longtemps maintenant : Love Sex Machine, Satan l'habite. Qui a dit jouissif ?

PS : toute ressemblance hasardeuse avec un personnage public existant réellement est purement volontaire.

PS2 : la bestiole est en téléchargement libre juste ci-dessous. Fais-toi plaisir mon cochon.