metal Métal > Lost Sphere Project

Biographie > Grind blast fever

Formé en 2001, Lost Sphere Project a d'abord été un projet émo/éléctro/expérimental, mais quelques mois d'expérimentations musicales déboucheront sur de nouvelles orientations. Les Suisses s'engagent alors dans une veine plutôt hardcore, avec l'arrivée d'un chanteur à part entière courant 2002. Le résultat est un HxC déjà expérimental, qui donnera l'occasion au groupe de pouvoir enfin se défouler sur les scènes. Après une démo cinq titres enregistrée juillet 2003 et sortie mai 2004, le groupe s'évade enfin des terres genevoises, pour prendre sa véritable dimension sur les différentes scènes qu'il arpente. Puis, plus trop de nouvelles du projet en lui-même, si ce n'est quelques dates et des apparitions régulières au VnV Rock Altitude Festival (Suisse), ses membres étant notamment occupés dans d'autres groupes (Rorcal, Kess'Khtak...). Courant 2008, les évènements s'accélèrent pour le groupe qui enregistre enfin son premier brûlot long-format. Intitulé Verse XXIV, celui-ci sort au mois de novembre 2009 via Division Records (ASIDEFROMADAY, Kehlvin, My Own Private Alaska...)

Lost Sphere Project / Chronique LP > Third level to internal failure

Lost Sphere Project - Third level to internal failure Ils avaient fait très mal à l'automne 2009, lorsqu'ils avaient débarqué dans les bacs avec leur Verse XXIV, une première plaque qui posait une belle mine sur la scène grindcore (as fuck) européenne... ils reviennent à l'été 2011, toujours via Division Records, avec un nouveau méfait Third level to internal failure et ne sont toujours pas calmés. Mêmes motifs = même punition, les "chaos grinders terrorists" suisses en remettent une grosse couche avec une séquelle qui en laisse des bien saignantes. Bienvenue en enfer.
12 titres et une grosse demi-heure de démembrement auditif sans nom : une ode délicate à la haine absolue qui déborde sur les enceintes le temps d'un petit "Paradoxal sights" schizophrénique ou d'un "Devotees" mastodonte, LSP, ça ne rigole toujours pas. Ici pas de chant, mais du growl venu des abîmes, des riffs qui charcutent les membranes auditives avec une précision diabolique, de l'hyperviolence déversée par hectolitres, en clair une punition grind metal/chaos-noise inhumaine que le groupe inflige avec une précision chirurgicale ("Post tenebra Chaos", "Infinite necropolis")... avant de dépasser les limites de l'entendement sur un "Dreams are gone" qui vomi sur la platine un nihilisme forcené et dément. A en laisser sur le rebord de la console de mixage ce qu'il nous reste de santé mentale... s'il en restait encore. Aliénant.
Lost Sphere Project ralenti parfois le tempo ("Ice Mike"), pour mieux pilonner l'auditeur l'instant d'après. Un rouleau compresseur sensoriel, guidé par une batterie qui en met plein partout et des zikos qui sont prêts à mourrir les instruments à la main dans le studio. Les titres sont plus qu'explicites et même particulièrement exquis, ("Idyllic disaster", "Vaginal excavation", "Cetaceans rippers"), mais les suisses ne sont pas du genre à tromper l'auditeur sur la marchandise. Quand ils disent que ça va cogner, ça on peut être sûr qu'on va en prendre littéralement plein la gueule. Même quand ils se font plaisir avec un final aux textures technoïdes après nous avoir copieusement labouré les amplis d'infernales minutes durant ("Apathy", "Behold the scorn", "Vultures of conscience"...). Une boucherie léthale.

[ch] Third level to internal failure: Bandcamp (55 hits)External ]

Lost Sphere Project / Chronique LP > Verse XXIV

Lost Sphere Project - Verse XXIV Et dire que Lost Sphere Project a d'abord été un projet emo/electro/expérimental... là on voit déjà les deux du fond qui se marrent rien qu'à l'idée. En même temps, le LSP 2.0 n'a plus pas grand chose à voir avec ce qu'il était au départ. Exit l'emo, exit l'électro. Et pour ce qui est de l'expérimental, disons que d'une certaine manière, Verse XXIV, premier méfait sonore du gang Suisse, est une expérience... à réserver en priorité aux tympans avertis. 15 titres qui suintent la haine, un poil moins de 40 minutes de grind thrashisant, de hardcore sépulcral et de blasts déments aux relents black, autant dire que dans les faits ça secoue sévèrement les neurones et qu'il est bien difficile de retranscrire la brutalité pure de la bestiole en quelques mots. D'une férocité sans nom, Lost Sphere Project est de ces projets qui ne conçoive la musique que par l'hyper-violence auditive. Riffs expulsés sur la platine avec l'énergie du désespoir, un chant sous-mixé tout en hurlements ravageurs et un cocktail sauvage de noise lourde et de grind implacable pour un résultat auto-baptisé : "chaoscore". Verse XXIV c'est un véritable fight club hardcore au sein duquel, une bande de furieux seme la désolation en venant répandre ses compos gorgées de rage brute et d'aversion viscérale pour le confort des tympans. Aucun doute n'est possible, il s'agit là de la sortie la plus violente made in Division Records à ce jour.
De "26122004" à "War for free", on en prend plein les tympans façon Yog ou Mumakil (deux autres poids de la scène helvétique), pas un instant de répit, ça cogne, ça cogne et ça cogne encore. Et à poings nus (ou avec des parpaings) s'il vous plaît. Car, LSP n'est pas du genre à faire semblant. Tout ici n'est que violence pure, primale et sans concession. Un "chant", rien que le terme prend ici un sens très relatif, oscillant en permanence entre aboiement enragés et vociférations déviantes, un matraquage sonore systématique et une maîtrise technique hors norme, le groupe ne joue pas du hardcore, il est, vit et respire le hardcore. En clair, Lost Sphere Project, c'est un peu comme se raser au cran d'arrêt. C'est saignant et douloureux mais en même temps, plutôt efficace et définitif. Pourtant au milieu de tout ça, les Suisses rappellent qu'ils font aussi ça pour se défouler et sans se monter la tête. La preuve avec quelques noms de morceaux bien croustillants comme "Erectil dysfunction", "Alembic addiction Pt1 et 2", "Stomachal butterflies" ou "Ragnagnok the great", des titres tronçonnés à la machette qui viennent jouer les équarrisseurs de membranes auditives sans demander pardon. Arythmie métallique, pulsations grindcore et déflagration corrosive ("Heartstorm"), trépanation hardcore ("Suffer"), ça ne rigole pas des masses et les LSP poursuivent leur entreprise de démolition avec une rigueur et une précision toute suisse de manière à faire de leur Verse XXIV, un sulfurique condensé de power grindcore à dose léthale. L'apologie de la destruction sensorielle en 15 chapitres pour un groupe qui maîtrise la compression des conduits auditifs comme personne. Bestial et dévastateur. En un cri : HAAAAAAAARD !