metal Métal > Lody Kong

Biographie > Dans la famille Cavalera je demande les fils

"Burné" et "ultra saturé", voilà ce que j'ai écrit sur la liste des "cds reçus" à côté de Lody Kong avec la précision "à chroniquer". C'était avant même de comprendre que c'était un des projets de Zyon Cavalera autant fils de Max que neveu d'Igor... Il fonde ce groupe en 2011 avec son frère Igor Jr, ils ont alors 18 ans et 17 ans et viennent de saborder Mold Breaker. Avec des potes de Phoenix, ils montent Lody Kong et, n'ayant peur de rien, acceptent d'embarquer sur le "Maximum Cavalera Tour" en 2012 où l'on retrouve le groupe de papa (Soulfly) et celui du demi-frère (Incite), l'occasion pour Zyon de démontrer son talent de batteur pour devenir celui de Soulfly. Un premier EP, No rules sort en février 2013 mais comme Soulfly bossait sur Savages, le projet a été mis entre parenthèses. Au printemps 2016, le premier album Dreams and visions déboule dans les bacs, il est produit par John Gray (au hasard producteur de Soulfly et Cavalera Conspiracy) et porte la patte de la famille avec un artwork presque dégueulasse.

Lody Kong / Chronique LP > Dreams and visions

Lody Kong - Dreams and visions "Presque dégueulasse", c'est ainsi ce qu'on pourrait penser du son de l'opus tant il est saturé mais ici, c'est plutôt un compliment car si pendant longtemps, un son aussi gras et cradingue était synonyme de démo enregistrée à la cave avec les moyens du bord, pour ce Dreams and visions, c'est la volonté des musiciens qui se sont amusés à peaufiner ces sonorités et à jouer sur l'intensité des distorsions (et des larsens qui occupent des mesures entières) pour faire ressortir les instrus sur certains passages et donner davantage de reliefs à des compositions qui ne manquent pourtant pas d'accroche. Du côté du style, ça pioche du côté où ça bastonne, entre punk pour certaines structures ("Chillin', killin'", "The dangerous quest"), grunge nirvanesque (pour "Some pulp" et son parcours de mec bourré) et métal pour l'ensemble ("Rumsfield", "Smashed and blasted"). Vu le pedigree des loustics, on ne peut s'empêcher de faire quelques corrélations (mais pas si nombreuses) avec la grande époque de Sepultura (Arise / Chaos A.D. où on peut d'ailleurs entendre les battements du coeur de Zyon).

Lody Kong n'aurait pu être qu'un des groupes des "fils de" mais les gamins (ok, ils ont la vingtaine mais çà reste des gamins, non ?) ont décidé de faire autre chose, de jouer sur un registre peu emprunté, de sortir des sentiers battus, de soigner leur son, leur identité et de tout nous balancer à la tronche. Alors peut-être que dans la composition, on tourne un peu en rond avec les mêmes bons plans qui ont tendance à revenir et qu'on peut reprocher un chant qui ne varie que très peu, se contentant de très bien faire ce qu'il sait faire mais au final, je donne du crédit à ce Dreams and visions surprenant et qui surpasse l'éventuelle attente de savoir ce que ça pouvait donner.