Livhzuena : Dark mirror neurons La première écoute de Dark mirror neurons est plutôt anthologique, ça joue vite, ça joue fort, ça tabasse sec, les références s'entrechoquent, les clichés auditifs défilent à grande vitesse. Une avalanche d'idées et de riffs plus effarants les uns que les autres. "Mars" est une excellente entrée en matière, une espèce de déluge non-stop où il est dur de reprendre son souffle. Quand Livhzuena met le couvert, ils ne font pas les choses à moitié. Un petit coup d'oeil au dos de la pochette; le groupe est signé sur Klonosphere. Les choses se précisent donc, peu de labels français sortent ce style de musique, encore moins avec cette qualité-là.

Les guitares enchaînent sans répit, c'est une grosse claque que Livhzuena cherche à nous administrer. Prends 3 secondes pour bien décomposer le mot, Livh-zu-é-na. À part être un anagramme de "Inhalez", c'est une recette certaine pour que Google ne confonde pas le nom du groupe avec autre chose.
Ça sonne un peu comme Klone, une peu comme Hacride, mais avec plus de mordant et plus de dynamique, on peut y voir des influences comme Meshuggah, ou même Soulfly (oui, oui, écoute bien "Quantic quake monster"). "Shadows and matter" déballe son lot de cadeaux, un riff très condensé, un train lancé à vive allure que rien n'arrête, un passage beaucoup plus mélodique avec un chant clair par-dessus. Une atmosphère que l'on retrouve sur le dantesque "Quantic quake monster", un riff à faire décoller les lames du parquet, un pont presque atmosphérique, enfin presque, il ne faudrait pas relâcher trop la pression, le baromètre monte soudainement d'un cran, c'est tout l'art de Livhzuena et l'air devient tout de suite beaucoup plus étouffant, la batterie continue sans relâche; le tout explose dans la stratosphère avant de se désintégrer lors de la rentrée atmosphérique où tout se consume. Cette pression intense, c'est mise en boîte en bonne et due forme, on la retrouve sur "Void", qui n'est pas vide de charme par ailleurs, notamment lorsque une dynamique pétillante guitare-batterie s'ouvre sur un chant qui s'en sert comme tremplin.

Dark mirror neurons est petit condensé de bonne idées à la réalisation plutôt bien réussite, qui ne mérite qu'une chose : d'augmenter le son !