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Biographie > Que le punk rock repose en paix...

LeATHERMOUTH est un groupe de punk hardcore originaire du New Jersey. Ce quintet s'est formé en 2007, il est composé du vocaliste Frank Iero (guitariste de My Chemical Romance), des guitaristes Rob Hughes et Ed Auletta, du bassiste John McGuire et du batteur James Dewees (Reggie and the Full Effect). Cette formation a sorti son premier album en 2008 : XO. Ce groupe est l'occasion pour son frontman de montrer l'autre facette de sa personnalité, la plus sombre (la partie joyeuse s'exprimant au sein de My Chemical Romance).

LeATHERMOUTH / Chronique LP > XØ

Leathermouth - Xo Le leader de LeATHERMOUTH (Frank Iero) l'a bien dit, son nouveau groupe est très différent de My Chemical Romance et les fans de ces derniers risquent fort de ne pas apprécier le projet parallèle du guitariste de leur groupe favori. Et bien il n'a pas menti, à l'écoute du premier album du quintet américain, on pense plus à Converge ou à Rise and Fall qu'a My Chemical Romance. Les onze missiles SCUD (en fait 10, le 11ème étant un bonus track iTunes) présents dans cette galette ne font pas vraiment dans le mielleux. Le frontman du groupe a beau dire que le punk rock est mort, j'ai personnellement du mal à y croire en écoutant . La plupart des textes ont pour thème le meurtre, pas étonnant vu que le vocaliste est influencé par les films d'horreurs des années 80. Cela dit, certains titres comme "I am going to kill the President of the United States of America" sont relativement engagés, cette chanson fera à coup sur headbanguer l'homme (ou l'ex-homme) le plus puissant de la planète; une fois n'est pas coutume le chanteur y adopte une voix humaine, peut-être pour que son discours soit compris par le plus grand nombre. D' autres titres comme "Sunsets are for muggings" sont dédiés à ceux qui souffrent "this is for the kids who ain't got no soul". Ce titre débute avec une introduction qui sonne assez NY HxC, cette chanson a un petit quelque chose des regrettés Raging Speedhorn, que ce soit dans le rythme ou dans la densité des riffs. Ce titre est le plus HxC de l'album, que ce soit au niveau des paroles ou du son. Si les influences hardcore sont bien présentes, on est à des kilomètres de l'optimisme d'un Hatebreed, dans , le désespoir semble être monnaie courante. Le quintet nous offre quand même des refrains accrocheurs ("That's what i said baby, its where its at baby, i'll wear a smile when i stab you in the back baby") comme sur le rapide "Your friends are full of shit". A défaut de faire une musique réellement variée, LeATHERMOUTH régurgite ses diverses influences tout au long de l'album. Ainsi "My lovenote has gone flat" sonnera punk à l'ancienne, "Murder was the case that they gave me", aura un son plutôt rock'n'roll. Quand au bonus track "Myself", il infligera à l'auditeur le coup de grâce sonore en donnant dans le Crust/D-Beat. Si Jack l'éventreur était encore en vie, il apprécierait probablement "Catch me if you can", Frank s'est inspiré du célèbre tueur en série pour l'écrire. Il y nargue la police new-yorkaise Tthe NYPD ain't got shit on me. Ce titre à la particularité d'être divisé en deux parties, la première est très punk, la seconde est plutôt NY HxC. Bien que l'opus soit relativement bourrin, certains titres laissent place aux mélodies ("My lovenote has gone flat"). Le dixième titre "Leviathan" est le plus bizarre de l'album (surtout l'introduction), presque comique, plutôt punk'n'roll sur les bords, le style du vocaliste rappelle par moment celui de Jonathan Davis (KoRn).

Au final, on a affaire à un album d'excellente facture. La prestation de monsieur Iero est remarquable, il arrive à exprimer une multitude de sentiments (la colère, le désespoir, la haine etc...), ce qui est assez rare (pour ne pas dire trop) dans le punk, le hardcore, et même le metal, où trop de vocalistes semblent avoir laissés leurs émotions aux vestiaires. Par contre, les paroles sont difficilement intelligibles car Frank Iero n'articule pas assez. Cet album dans son ensemble ne brille pas par son originalité, mais arrive à ne pas tomber dans le plagiat des références précitées. Et dire qu'il a failli ne jamais voir le jour... En effet, le frontman du quintet trouvait les paroles trop personnelles, et ne voulait pas exposer publiquement la partie malsaine de sa personnalité.