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Laundry's Day, c'est un groupe francilien formé en 2003 par 4 musiciens avides de concilier leur goût prononcé pour les mélodies rock et les riffs du metal, le tout baignant dans des textures et atmosphères lorgnant largement du côté du mouvement progressif. En résulte une musique que le groupe avoue être autant influencée par Tool, Dream Theater que les Smashing Pumpkins ou Faith no more. Après pas mal de temps passé à composer dans son coin, le groupe sort un petit DVD live d'une demi-heure enregistré à Fontainebleau puis enchaîne quelques mois plus tard avec son premier album autoproduit : Symbiotic minds.

Laundry's day / Chronique LP > Symbiotic minds

laundry_s_day_symbiotic_minds.jpg Une intro aux tendances émo-rock avec un chant quasiment à capella, puis une entrée des guitares et d'une section rythmique qui balance, "Quicksand" n'a pas encore vocation à impressionner l'auditeur mais constitue plus sûrement un premier tour de rodage pour Laundry's Day qui fait là ses premières armes discographiques. Cependant, on distingue déjà là chez le groupe, une capacité évidente à produire des mélodies efficaces et à écrire des compo qui tiennent la route sans verser forcément dans le "déjà entendu", même si ce n'est pas non plus révolutionnaire. Deuxième round, "Abandonne" et ses textes en français montent sur le ring avec ses textes en français et une prod un peu légère pour convaincre, malgré quelques fulgurances rageuses et un refrain lorgnant du côté de SOAD. Pas encore transcendant toutefois. Puis vient le moment de passer aux choses plus sérieuses : "Louder than you" pointe les bouts de ses riffs meurtriers sur la platine, et là, le groupe passe à la vitesse supérieure à tous les niveaux.
Maîtrise formelle absolue, mélodies ultra-efficaces, riffing béton et section rythmique qui assure, Laundry's Day, qui est visiblement influencé par la scène metal alternative des 90's mais également l'icône Toolienne frappe un grand coup. Parfois un peu naïf dans son approche mélodique, un défaut que qu'il compense par un enthousiasme démesurée et rafraichissant, le groupe livre des morceaux parfois un peu inégaux. Là où "Tribute to Parallelism" marque durablement les esprits par sa puissance rageuse et sa rugosité sèche, "Dark haired girl" déçoit un peu par son aspect inoffensif et un peu trop "mellow" quand il a tendance à recycler les clichés de la vague néo. Les parisiens soufflent le chaud et le froid sur nos enceintes et on ne peut manquer d'être agréablement surpris par un "Ebow nightmare" progressif, au psychédélisme assumé et à la technicité étonnante. Passé cet interlude venu d'ailleurs qui évoque plus les élucubrations musicales d'un Mike Patton (période Faith no more) que le néo-metal précédemment évoqué, Laundry's Day montre qu'il a décidément plus d'une corde à sa gratte. "Symbiotic minds", titre éponyme de l'album est le parfait exemple du mélange des genres voulu par le groupe. Un alliage étonnant, parfois incongru pour les puristes, mais qui n'en reste pas moins maîtrisé avec une vraie personnalité artistique et intelligement mis en place. Metal ("The hightest tower"), rock, néo, prog, acoustique ("Twisted twin"), ovni musical ("Ebow dreams" l'autre face nébuleuse du dégénéré "Ebow nightmare"), ces jeunes franciliens ont su conjuguer leurs backgrounds musicaux et leurs envies d'innover pour produire un cocktail musical séduisant et salvateur. Que ce soit par des titres speedés et incisifs qui défouraillent sévère (le puissant "The chest" et ses envolées progressives à la Dream Theater) ou des morceaux qui envoûte avec classe et retenue ("Matter of fate" et ses ambiances dans la veine d'un Porcupine Tree), Laundry's Day livre un premier effort plutôt prometteur. A suivre de près donc...