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Biographie > Aid El Kebir

Lamb Of God - Lamb Of God C'est sous les traits de Burn The Priest que le futur Lamb Of God prend forme dans les clubs de Richmond, en Virginie, à la fin des années 90. Après quelques évolutions de line up, la formation se stabilise autour Randhy Blythe (chant), Mark Morton (guitare), John Campell (basse) et des frères Adler, Chris (batterie) et Willie (guitare). Après une tournée aux États-Unis, le groupe change de nom pour Lamb Of God et signe sur le label Prosthetic Records (Gojira, Hollow Corp., Kylesa...). New american gospel sort en septembre 2000, un mélange de trash, de metal et de structures alambiquées qui parque un public grandissant. Deux ans de tournée et le quintet s'enferme de nouveau pour donner naissance à As the palaces burn. Alors que le néo-metal tombe en lambeaux, Lamb Of God prodigue un métal intense et agressif où certains y voient la relève de Pantera. Avec une popularité qui ne cesse de croître, Lamb Of God déménage chez Epic, une major qui saura promouvoir Ashes of the wake, nouvelle galette où le groupe repousse ses limites. La tournée qui suit est un succès, à l'image du passage mémorable au Ozzfest en 2004. La formation en profite pour capter l'énergie de ses concerts via un DVD live : Killadelphia. La puissance et l'intensité de Lamb Of God ne font pas de détails. Attendus au tournant pour leur prochain album, les américains ne subissent pas la pression et donnent jour à Sacrement en août 2006. Les ventes s'envolent et le groupe parcours le monde entier, en première partie de Megadeth ou Metallica. Pour couronner cette tournée plus que réussie, Walk with me in hell, un DVD live, voit le jour en mai 2008 : leur prestation au Download Festival montre encore une fois la solidité et la générosité du combo américain.
Wrath sortira le 23 février 2009, un sixième opus qui ne manquera pas de surprendre les fans.

Interview : Lamb Of God, Lamb of Interview (fév. 2010)

Lamb Of God / Chronique LP > Resolution

Lamb of God - Resolution Il a fallu un an aux cinq de Lamb Of God pour écrire Resolution. Non pas qu'ils n'aient pas eu envie de s'y mettre. Mais simplement parce qu'après cinq albums, passer du temps en famille et profiter un peu ne peut qu'être bénéfique. Ils ont respiré, changé des couches, parfait leur art du barbecue et s'y sont remis tranquillement, à la maison.

Sur Resolution, Lamb Of God ne se donne pas de réserves, de marges de manoeuvres. Les titres oscillent entre des tempi raisonnables ("Terminally unique") ou dithyrambiques ("Cheated") sans que l'enchaînement des riffs ne donne beaucoup d'air. A côté, In Waves de Trivium, c'est du doom.
Pourquoi cet acharnement à aller vite? D'abord pour s'affirmer. Lamb Of God est un groupe technique et groovy à la fois. Ils savent très bien le faire et prouvent une nouvelle fois leur maîtrise de l'exercice. Soit. Autre raison un peu plus pratico-pratique: Lamb Of God, en live, suit une piste "click", pour ne pas dévier de la pulsation. Les tempi sur scène sont donc les mêmes que ceux sur CD (pour "Desolation", autour de 140BPM) qu'en live et ne possèdent pas cette énergie supplémentaire que vous donne l'adrénaline une fois sur scène. Si on reprend "In Waves" de Trivium, il est joué à 152BPM en studio et à... 162BPM en live
Cette volonté de "remplir" chaque titre d'une multitude de riffs et d'enchaînements date des débuts de Lamb Of God. C'est leur esprit punk, leur attrait pour la vitesse. A la longue, on fatigue. La seule pause, c'est avec "Barbosa". Et tant qu'à faire, on s'en passerait bien.

Le potentiel de songwriting est inégalement réparti parmi les cinq membres du groupe. Mark Morton (guitare) prend clairement le dessus, même si un titre comme "The Undertow" est signé par la doublette Willie Adler/Randy Blythe (on le sent d'ailleurs du point de vue musical avec cet excès de complexité cher à Adler). Et même quand l'ami Morton se réveille et nous propose du groove et un peu d'air ("Insurrection" par exemple), il nous pourri tout ça avec un déversement de pinched harmonics (spoiler alert: une fois que vous aurez remarqué cette technique de jeu dont Zakk Wilde reste le maître, vous n'entendrez que ça). Il n'y a que dans ses solos et le riff punk de "Invictus" que cela n'ajoute quelque chose. Partout ailleurs, c'est dispensable.

La production est très similaire à celle de Wrath. Josh Wilbur est une nouvelle fois derrière la console. L'américain fait sonner Lamb Of God comme jamais, c'est très impressionnant et ça vous entoure la tête de murs de guitares. Mais il ne s'est pas arrêté là: c'est lui qui est derrière les violons et la chanteuse d'opéra présents sur "King Me". Il a poussé le groupe à aller au-delà de ses propres attentes et c'est le job de n'importe quel producteur. Mais l'arrangement est passable, anecdotique. Pourquoi? Parce que ce sont les violonistes eux-mêmes qui l'ont écrit. Quitte à essayer d'étendre le champ musical de Lamb Of God, autant essayer de le faire soi-même, avec le risque de se planter. Au moins on aurait pas eu l'impression d'avoir déjà entendu ces staccatos un peu partout.

Ne vous méprenez pas. Resolution reste un excellent album. Mais le meilleur élève du métal américain aurait pu prendre le risque de sortir du "par-coeur".

Lamb Of God / Chronique LP > Wrath

Lamb Of God - Wrath Sur le toit du monde après l'interminable tournée de Sacrament, Lamb Of God n'avait quasiment plus rien à prouver. En live, le combo a fait lever des foules entières et a ouvert pour les groupes les plus prestigieux, Megadeth et Metallica en tête. En entrant une nouvelle fois dans le top 10 du Billboard, les Américains ont prouvé que le metal se vendait mieux que Britney Spears, ne serait-ce qu'outre Atlantique. Car en Europe sa notoriété reste trop confidentielle, cantonnant le quintet à des salles comme le Trabendo à Paris. Mine de rien, en quatre albums, Lamb Of God s'est imposé comme la face publique du metal actuel, fer de lance de la New Wave of American Heavy Metal.
Après Machine sur Ashes of the wake et Sacrament, le groupe s'est attaché les services de Josh Wilbur, trentenaire responsable notamment du son de ... Pink, Avenged Sevefold ou Limp Bizkit. Bref, il y a de quoi réserver une concession au cimetière du coin. Mais la première surprise de cet album est ce son poisseux, rugueux, à l'opposé d'un Sacrament presque chirurgical. N'empêche, avoir le bon son n'inclut pas d'avoir les meilleures idées. À l'image de Ride the lightning, Lamb Of God donne pour la première fois dans les intros orchestrées, sans toutefois tomber dans le travers de la ballade. "The passing", à défaut d'être intrinsèquement exceptionnelle, est une magnifique introduction pour "In your words", dose concentrée d'énergie. On reconnaîtra à coups sûrs les éléments imperturbables du son des Américains tout au long de l'album : "Dead seeds", "Everything to nothing" sont à élever au rang de standards, alors que le jouissif "Contractor" repêche les influences punk-hardcore du groupe (et dieu que c'est bon !). La complexité des riffs fait un pas en arrière pour se focaliser sur les progressions à tendance mélodico-aériennes, en témoigne la seconde partie de titres comme "In your words" ou "Fake messiah". À cette évolution marquante du son Lamb Of God, il faut ajouter l'apparition d'introductions acoustiques ("Grace", "Reclamation"). Et c'est là la grande nouveauté qu'avance Wrath, des orchestrations certes recherchées mais qui font descendre la pression d'un cran par rapport à la discographie passée du groupe. On gagne en visibilité, mais on perd de cette furie de riffs qui assommait l'auditeur jusqu'à la dernière seconde. Wrath au contraire se termine "en douceur" avec "Reclamation", plus de 7 minutes assez aériennes couplées à un break qui remet un peu de rythme dans la machine. Finalement on sent le groupe presque en roue libre, faisant de Wrath l'album le moins stimulant de leur discographie.
Wrath est néanmoins un excellent album, mais se démarque franchement de ce que le groupe a pu proposer les dernières années. Pour ceux qui ont aimé Sacrament, Wrath en sera la suite logique et plus que réussie. Quant aux fans de la première heure et des folies furieuses que sont As the palaces burn ou Ashes of the wake, ce nouveau méfait aura un goût amèrement différent.

Lamb Of God / Chronique LP > Sacrament

Lamb Of God - Sacrement Il est rare d'enchaîner deux albums reconnus tour à tour album de l'année par la presse spécialisée anglo-saxonne. Même quand on s'appelle Lamb Of God et que l'on est capable de tourner avec des poids lourds comme Opeth ou Chimaira, le challenge est de taille. Surtout qu'après Ashes of the wake, il fallait se lever tôt et suer dru pour donner une suite à la hauteur. N'écoutant que son envie, le combo s'est enfermé pendant quelques semaines dans leur local, chez eux, à Richmond en Virginie. Là encore Machine (producteur de groupes comme Clutch ou Every time I die) est venu aiguiller les phases de pré-production, avec cette fois un peu plus de liberté que sur Ashes of the wake, où il n'avait quasiment pas eu son mot à dire. Avec un statut de groupe issu de l'underground et maintenant fermement installé aux manettes d'une nouvelle génération de groupes américains, Lamb Of God continue néanmoins à prendre des risques malgré sa maîtrise évidente de l'exercice.
Côté éléments fondateurs du "son" Lamb Of God, on retrouve dans Sacrement le chant si familier de Randy Blythe, une batterie infernale et ce son de guitare si particulier, avec peu de gain et beaucoup de dynamique. On oublie les powerchords au profit de phrases complexes exécutées la plupart du temps à l'unisson par Willie Adler et Mark Morton. Une technicité incarnée par un "Redneck" qui n'en finit pas de partir dans tous les sens, une rapidité digne de Slayer dans "Pathetic" ou encore une lourdeur Panter-esque sur "More time to kill". Utilisant toujours les mêmes outils, Lamb Of God produit néanmoins une première partie d'album à couper le souffle. "Walk with me in hell" qui passe de riffs atmosphériques à un mid-tempo à déchausser les molaires, "Again we rise" et son faux ternaire à en perdre pied, "Redneck" et son pont survolté, une montée en puissance au fil des titres et qui se maintient sur les rapides "Pathetic" et "Foot to the throat". Pour ceux qui en douteraient encore, Lamb Of God sait encore comment hacher menu ses fans.
Dans un album de pur métal comme celui que les américains nous offrent ici, difficile de déceler les éléments changeants d'un enregistrement à l'autre. "Descending" en est pourtant un, toute une plage de Sacrement qui se détache du reste par son apparente simplicité et son ternaire lancinant. Un titre signé Mark Morton qui n'a pas rencontré l'unanimité au sein du groupe lors de la phase d'écriture, Chris Adler en tête. Preuve de l'intelligence du groupe, "Descending" finit par figurer sur Sacrement et y trouve logiquement sa place. "Blacken the crusade sun" exploite un côté épique que l'on avait rarement rencontré dans la discographie des américains. Presque six minutes de sonorités recherchées, une progression toute en puissance qui se termine dans un flot polyrythmique.
Quant à dire que Sacrament se place au-dessus d'Ashes of the wake, c'est s'avancer. Car Ashes of the wake a bénéficié d'un effet de surprise qui a pris le monde du metal par derrière. Répondant à une demande de grosse claque dans la tronche, Sacrament ne partait pas à armes égales avec son prédécesseur, même si le résultat est proche.