metal Métal > Kruger

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Métal hybrique, ou hardcore aux vapeurs éthyliques, Kruger vient de Suisse, et se rapproche plus de Nostromo que de Shovel. Après un premier album Built for Speed sorti en 2002, Kruger reprends sa marche là où le groupe l'a laissée : entre un Neurosis post-hardcore et une approche du son façon Entombed. Enfin, c'est ce que proclame la bio... Leur dernier opus en date, Cattle Truck a été mixé par Fredrick Nordstrom (Dimmu Borgir, In Flames, Opeth, Hammerfall) et masterisé par Peter In de Betou (Entombed, Nine, Dismember, Shovel), ce qui donne un aperçu du son audible au sein de Kruger.

Exposition photos : Kruger, Mathieu Ezan (mai 2010)

Review Festival : Kruger, Poulpaphone 2008

Interview : Kruger, Pooly vs Kruger (Mars 2008)

Kruger / Chronique LP > 333

Kruger - 333 333 comme le nombre d'exemplaires disponibles de ce mini-EP signé Kruger et sorti en édition vinyl 10'', extrêmement limitée donc, par le biais du toujours irréprochable Pelagic Records, ce label dirigé par Robin Staps (architecte de The Ocean) dont on ne compte même plus les sorties de grande classe (Abraham, Coilguns, Nebra, The Old Wind, The Shaking Sensations...). Question chiffres on va continuer en disant : 2. Pour le nombre de titres composant cet effort esthétiquement étudié pour s'accorder avec le menu proposé. Entrée/plat/dessert en une paire de titres seulement. Mais du lourd qui fait saliver... avant de finir par 20, soit le volume imposé à partir duquel, la musique des Hélvètes prend définitivement tout son sens premier. MIAM.

"Herbivores" la joue vegan, c'est à la mode et ce n'est pas pour autant que les Suisses ne se la donnent pas virils. Au contraire, à force de se priver sur les protéines, le groupe semble en manque et ça se ressent tout de suite sur l'humeur.... féroce d'un titre qui, s'il commence en douceur instrumentalement parlant, ne se prive pas de le lacérer la suite de quelques vocalises bien charnues. C'est ça aussi de frustrer des bûcherons suisses, après, faut pas s'étonner de se faire aboyer dessus en cuisine. Hargneux jusqu'au bout des riffs, chantre d'une densité hardcore rock qui lézarde les cloisons auditives en même temps qu'elle serpente le long de l'échine avec une légèreté étonnante, presque (paradoxe ultime) étouffante, Kruger livre ici un premier titre qui conforte son statut de patron de sa catégorie. Façon speed-dating et en moins de sept minutes montre (suisse forcément) en main.

"The wild brunch" ramène la bassine de barbaque façon The walking dead et passe au plat de résistance. Finit les conneries végétariennes, on va causer cuisine de bonhommes. Le truc bien saignant que tu découpes au hachoir et qui inspire un léger rictus écoeuré aux âmes sensibles. Les gaziers s'en cognent... et cognent sur les enceintes avec toute la douceur dont ils sont capables. C'est à dire pas beaucoup. Du coup, les riffs dévorent goulûment la platine, alors que le chant se fait plus clair et mélodique... mais pas tout le temps. Les Suisses ont faim on l'a bien compris et ce n'est pas la verdure locale qui pouvait apaiser leur appétit, alors ils attaquent l'assiette tête la première et y vont avec les doigts parce que les convenances et les belles manières, ça va bien cinq minutes. Le résultat est "auditivement" de très haute volée, explosant aux quatre coins de la pièce et éparpillant les miettes façon sport, Kruger rentre dans le lard façon carpaccio et steak tartare, pour faire ce que l'on attendait tous d'eux : offrir une belle dose de gras maison sur un plateau d'argent. Bon appétit.

Kruger / Chronique LP > For death, glory and the end of the world

Kruger - For death, glory and the end of the world Quatrième album de nos suisses préférés, For death, glory and the end of the world est un opus très compact, immensément dense et tout bonnement solide à souhait. Démarrage sur les chapeaux de roues avec "The ox" bestial, une batterie qui défouraille, une basse qui trifouille bien, des guitares qui sont toujours aux taquets, "Returns of the huns" est du même acabit. C'est bien le problème de cet album. Dense, compact, solide, c'est très bien, mais le gruyère manque légèrement de trous ; c'est un peu comme si notre Obélix national à force de se plaindre de manger des trous avait traumatisé nos métalleux helvètes à ne produire plus que du cheddar. Et le cheddar hein... Le résultat est un Kruger un peu fade qui a accéléré le tempo et en a oublié de respirer. Dans une moindre mesure, "Villains" est un léger palliatif qui faire surtout effet sur la fin mais pas de quoi décorner un bœuf. "Anthem of pretended glory" commence à ouvrir un peu l'horizon, voire même à sortir la tête de l'eau. Prise dans l'étau, "Centre" ne compte pas dans cette descente en apnée et ouvre seulement le bal à "Our cemetery is full of strangers", où l'on voit enfin là où Kruger veut en venir dans cette escapade nucléaire, morceau épique qui tire des bords vers Cult of Luna, les Suisses nous mènent en bateau avec une violence inouïe et une efficacité salutaire. Le groupe continue sur cette lancée, "Dukes of nothing" avec ses envolées krugerienne, un riff qui se dédouble, effet quantique, hallucinations auditives, massif mais haché menu. Kruger s'offre aussi quelques vacances, avec un "Muscle" (mais sans musée) avec Joe Duplantier de Gojira, et pour le coup met les bouchées doubles.
Que dire de plus sur cette pépite qu'est For death, glory and the end of the world ? Un ciel orageux à tous les étages, un air liquide, un masque humide et malsain qui profite cependant de quelques accalmies parcellaires, mais fortement nécessaire, "Turpitudes", "Our cemetery is full of strangers", "Dukes of nothing" ou encore "Anthem of pretended glory". Il faudra certainement un peu de temps avant de le digérer dans son entièreté.

Kruger / Chronique LP > Redemption through looseness

kruger_redemption.jpg Après un premier album claquant, des scènes à travers l'Europe aux côtés de Dillinger Escape Plan, Sleeppers, Gojira, Isis ou Unsane, les petits suisses de Kruger sont de retour avec neuf titres tout neuf, bétonnés, compactés et dissidents. "Ammunition matters" est le bras armé du slogan digne d'un spam size matters, la preuve en musique, guitares armées jusqu'au dents, basse claquante, au ronronnement léger, l'alchimie propre à Kruger se révèle dès le premier titre. Guitares ultra-saturées, petit gimmick aigüe, batterie plombante à la grosse caisse régulière et incisive, Kruger se distingue par ses lignes de basses crescendo et son chant particulier, riffs taillés à la hache, "The graveyard party" s'en donne à coeur joie, déluge aiguisé, accélération du tempo, les suisses ont dopé le métronome à l'adrénaline, un rush de sensation pour un maximum de décibels.
Là ou Cattle truck se faisait plus sludge-core, à la Neurosis ou Isis, Redemption through Looseness se fait plus hardcore, plus concis, plus rentre-dedans, moins aérien, avec une petite touche de Meshuggah ou Scarve, c'est en tout cas l'impression qui se dégage de titres comme "Ammunition matters" ou "Queen of the meadow". "Hummers vs pedestrians" renoue quant à lui avec la bétaillière métallique, nourrie au grain (celui qui sert à faire du Whisky et à tailler des voix comme ça) et au grand air, du métal bio en quelque sorte. "Holy fire" poursuit quelque peu l'évolution musicale de Kruger, avec un pont tout batterie, un titre qui semble s'éteindre doucement mais aux braises rougeoyantes, près à se raviver au moindre apport d'oxygène, guitares éthérées, chant épars, ces neuf minutes sonnent comme une transition, un feu purificateur. Une transition comme "Army of lovers" par exemple, une rage sous-jacente, voire entièrement apparente, déluge sonore, mais une intro au timbre particulier, au son accrocheur, un peu détonnant mais ne laissant aucune place au doute après ce mur meurtrier, visions fugaces de l'armée de Sparte en action, une guitare en lieu et place de la lance...

Kruger / Chronique LP > Cattle truck

Kruger : Cattle truck "Speedometer" fait monter le compteur de vitesse, avec une rage folle, des guitares au son caverneux, des poussières de charbon dans l'air, des cris qui font écho aux accords de guitares, -I don't know no fear-, les guitares surfent dans des profondeurs malsaines, une rage que l'on peut retrouver dans Down for life, avec une touche suisse (l'air dela montagne...), un chant qui devient envoutant, la saturation décolle, met le pied au plancher, une basse qui trémousse, plante sa mélodie avec un coup de coude dans les côtes, le slide est dantesque et propulse l'engin avec violence et malgré tout avec circonspection, 8 minutes de son, on rejoint là Tool ou Unearthed de façon plus noisy, plus hardcore, plus structuré aussi.
Guitare éthérés et saturées, coups de semonces, un chant solide et dense, Kruger met toute son énergie dans Cattle Truck, "Captain america" déboule avec verve et un décor carré qui taille ce qui dépasse sur son passage, Kruger plante son installation sonore non loin de Cult of Luna, Isis ou Mastodon.
Vibrements de guitares, démembrements sonores, des guitares qui surgissent de l'ombre, un chant hardcore, Kruger va de "Las Vegas is a piece of shit" à "Yalta (the night Joseph Staline stole my hear)" à la hache, guitares suitantes, reprennant son souffle de manière magistrale, tout en douceur comme les intros de "I hate this band" ou la reprise de Depeche Mode "I feel you" qui dégage une sensation rock'n'roll de première instance, une lenteur majestueuse qui se déroule sous une influence neurotoxique, très bon, à l'image de "Drive run" et de son ambiance atmosphérico-hardcore toute en finesse.