KoRn - The serenity of suffering The paradigm shift avait montré un énième visage de KoRn, un groupe qui devait alors renouer avec son passé lourd et métal sans toutefois totalement abandonner son histoire récente électronique et mélodieuse. Son petit frère, The serenity of suffering, poursuit le même chemin mais en s'enfonçant davantage dans la nostalgie des années 90' avec quelques énormes clins d'œil à la marque de fabrique "KoRn", comme ce passage de "Rotting in vain" qui reprend "Twist". Autre fantôme ressurgi du passé, la peluche mal en point traîné par le gamin de la pochette, c'est bien entendu celle qui apparaissait dans Issues... S'il y a un vrai travail de recherches et d'ambiances dans l'artwork général, l'illustration de façade n'est clairement pas des plus réussies. On retrouve le sujet favori du groupe, puisque l'on traite de l'enfance avec l'ambivalence insouciance/maltraitance (KoRn, Life is peachy, Untouchables, Remember who you are...) mais d'autres images du même auteur (Ron English, un habitué des couleurs flashy dégueu) dans ce même livret sont plus percutantes notamment celle à côté du titre (le bouton/oeil avec les fils qui ressemblent à des vers).

Enregistré avec un maître du clair/obscur, à savoir Nick Raskulinecz (dont le CV enquille un paquet de jolis noms depuis 15 ans comme My Ruin, Velvet Revolver, Alice in Chains, Danko Jones, Deftones, Foo Fighters, Mastodon, Stone Sour...), les Californiens en ont profité pour alourdir la basse tout en gardant d'autres sonorités très limpides et quelques éléments électro qui se fondent assez bien dans l'ensemble, en tout cas, beaucoup mieux que dans un passé récent. Il s'agit ici plus d'un habillage subtil épisodique ("Insane", "Next in line") que de lourds sabots comme sur les tubes d'il y a quelques années. Revenu à chant guttural aux hurlements qui ont fait sa renommée, Jonathan Davis se lâche également sur les lignes mélodiques, variant énormément son chant (jusqu'à rendre anecdotique la présence de Corey Slipknot Taylor sur "A different world"), tous les registres gagnent en puissance tant il excelle dans l'exercice. Tu ajoutes un bon paquet de riffs incisifs et une batterie qui a retrouvé de la spontanéité et sa force de frappe et le cocktail est parfait.

KoRn vient donc de sortir l'album qu'on attendait qu'il sorte en 2016 ! Avec toute la modernité technique et la richesse des arrangements qu'on espère d'un groupe culte et une forme d'honnêteté dans des titres directs, rageurs, autant entraînants que percutants, des titres qu'on ne peut qu'apprécier, du premier au dernier.