metal Métal > Kongh

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Fondé en 2004 sous l'impulsion de David Johansson (guitare, chant) et Tomas Salonen (batterie), Kongh ne se présente sous son format définitif qu'après l'intégration d'Oskar Ryden (basse). Après quelques dates dans sa Suède natale, le groupe, qui est très exactement originaire de la province de Småland et encore plus précisément de la ville de Jönköping, le trio enregistre fin 2006 un premier album baptisé Counting heartbeats qui voit le jour en 2007 via Trust No One Recordings (Khanate, Old Man Gloom Switchblade soit que du très très lourd). La critique est particulièrement élogieuse et confère au groupe le statut de nouveau venu très prometteur au sein d'une scène metal "extrème" foisonnante du côté du Grand Froid. Après ce coup de Trafalgar, le groupe sort l'année suivante un split LP avec Ocean Chief puis s'attèle à l'enregistrement de son deuxième album long-format. Celui-ci sort au printemps 2009 et porte le titre évocateur de Shadows of the shapeless.

Interview : Kongh, Interview s(h)imiesque (août 2009)

Kongh / Chronique LP > Shadows of the shapeless

Kongh § Shadows of the shapeless Artwork annonciateur de l'imminence d'une l'Apocalypse qui semble inexorable, près de 57 minutes de destruction sensorielle, cinq titres de metal downtempo d'une lourdeur écrasante à déconseiller aux dépressifs chroniques, voilà en deux mots le contenu du deuxième album long-format des Suédois de Kongh. Shadows of the shapeless met l'auditeur sous sa coupe, une véritable chape de plomb lorsque les riffs métalliques s'abattent sur nos conduits auditifs. "Unholy water" réserve quelques moments de calme certes, mais quand les éléments instrumentaux/vocaux se déchaînent, c'est l'Enfer sur Terre. Le groupe assénant avec force ses compos sans se soucier une seconde des dommages auditifs qu'il va entraîner. Il n'est pas là pour ça. Mélange de sludge agressif, de doom-rock dépressif et de downtempo déviant, le tout assaisonné d'un léger soupçon de black metal, "Essence asunder" et son quart d'heure de pilonnage haineux est sans doute le titre le plus représentatif de ce dont est capable le trio. Des hurlements qui déchirent l'atmosphère, une production poisseuse, heavy, malsaine, à la noirceur extrêmement palpable - âmes et tympans sensibles s'abstenir - Shadows of the shapeless n'est certainement pas à mettre entre n'importe quelles mains. Le groupe y développant un mélange des genres déjà vu par ailleurs, notamment parmi ses congénères de Khanate ou Old Man Gloom (également chez Trust No One Recordings), mais le faisant avec une maîtrise rare, tant dans les crescendo les plus psychotiques que dans les moments de calme relatif et incertain. Schizophrénique. Le propos est ici résolument nihiliste, Kongh empilant les riffs les plus pachydermiques, engluant l'auditeur dans des sables mouvants métalliques dont il ne peut réchapper, afin d'apposer invariablement sa marque, au fer rouge si nécessaire. Etouffant. D'autant que lorsqu'il réduit la voilure de ses morceaux ("Tänk På Döden" et ses seulement 4'23 d'agression sonore), c'est uniquement pour permettre à l'auditeur de respirer un peu. Avant de remettre ça sur "Voice of the below" puis l'éponyme "Shadows of the shapeless", mettant par là-même en scène sa violence exacerbée pour mieux laisser parler la bestialité. Accents rock bienvenus, un chant qui est relativement en retrait, utilisé par les Suédois comme un instruments de plus au sein de leur musique, un metal protéiforme à haute teneur acide, une secousse sismique dont on ne se remet pas comme ça. Dantesque.