metal Métal > Kobayes

Biographie > Kochons d'Inde

Formé en 1997, Kobayes mêlent allègrement et sans complexe ska, punk, métal et fusion. Comme tout groupe se respectant, il tourne sur les scènes de France et de Navarre (avec Lofofora, Kargol's, Nihil, Burning Heads, Defdump...) pour tester aussi bien leurs titres que le public. S'affranchissant rapidement d'éventuelles influences, le groupe produit deux démos avant l'an 2000 puis donne corps à un album (Unité) en 2001, chaleureusement accueilli. C'est en 2003 qu'un split sort en compagnie de Off Your Head, histoire de pas perdre le chemin des studios.
Parallèlement à tous ces évènements, le groupe contribue à une pléthore de compilations (French Core 2, Punk en france 2, Whiskey dancing, Music from the heart ...) et a dernièrement adhéré au principe du Haping (téléchargement légal et à faible prix d'albums où on croisera Jaïl, Keishah, Ex-ld et bien d'autres... ). L'année dernière, Unité qui était épuisé depuis quelques temps déjà a été réédité, et c'est donc à la rentrée que l'on trouvera A bout de souffle distribué dans les bacs. En attendant, il est dispo en VPC auprès du label du groupe (BivouacProd) et en Haping ; le groupe quant à lui mijote une tournée qui devrait passer pas trop loin de chez toi alors tu sais ce qu'il te reste à faire... [ Haping: site de Haping (5 hits)External ]

Kobayes / Chronique LP > A bout de souffle

Kobayes : A bout de souffle Entre Unité et A bout de souffle, que s'est-il passé ? Allons-y par étapes. Ce qui n'a pas changé et qui fait toujours aussi plaisir, ce sont les paroles et l'état d'esprit du groupe : toujours vindicatif, exposant sa vision du monde et aussi cette même volonté de foutre le bordel. Ensuite, il y a l'évolution de line-up qui a conduit le groupe à supprimer l'emploi du saxo qui tirait les Kobayes vers un ska-core festif et corrosif, remplacé (après l'enregistrement de l'album) par un second guitariste à plein temps qui offre à la formation une position plus orientée punk-core. Autre modification, les titres sont allongés pour donner un peu de volume à l'album, mais rassurez-vous "A bout de souffle", dernier et plus long titre du disque, ne dépasse pourtant pas 4 minutes : les Kobayes n'ont pas perdu leur exemplaire sens de la concision. Enfin, ce qui a été indéniablement bénéfique : la production qui rend l'album véritablement compact et donne un équilibre plus respectueux de chaque instrument.
Ici, aucun opportunisme de la part des Kobayes, pas de balades acoustiques ni de titres mièvres pour plaire à un public inapproprié mais on a plutôt affaire à une série de brûlots plus musclés les uns que les autres, teigneux et revanchards à souhait. L'album s'ouvre avec "Nouveau monde" et une paire de gifles à travers la figure notre cher et pas tendre du tout George W. Bush, puis un enchaînement de 3 titres puissants, racés, drôlement bien fichus mais sans extraordinaire coup d'éclat. Et c'est à la cinquième piste ("Apokalypse") que le contraire absolu du drame arrive ! Les Kobayes cassent la baraque ! C'est le premier grand rendez-vous de l'album, groove imparable, textes et paroles sont un régal, on retrouve les Kobayes au meilleur de leur forme. Au rayon des incontournables, vous avez aussi "Do you like my sexy shoes", avec, parmi les guests vocaux Yann (Off You Head), histoire de recycler une bonne fois pour toutes le slogan "Sex, drugs and Rock'n'Roll !". Cette chanson, met entre parenthèses quelques instants le coté purement core du groupe pour s'offrir une glissade rock'n'rollesque très bien sentie. En ce qui concerne, les collaborations, ce n'est pas fini car "Kobfeat." a été écrit à plusieurs mains dont Rick Ta Life. D'ailleurs le garçon vient poser sa voix (en compagnie d'autres acolytes) sur ce titre, opérant quelques clins d'oeils à Unité et délivrant le même message que "Respect to the dancefloor" de Mass Hysteria qui ici prend cette forme : "punk, hardcore, hip-hop unis non-stop / un mélange de styles et de sons qu'on développe". Evoquons "Monster" avec son franc-parler façon EDC et le tonitruant "A bout de souffle" qui ferment la marche d'un album que les Kobayes peuvent être fiers d'avoir mis sur pieds.
Si la première écoute peut laisser sceptique à cause de cette orientation moins fusion accordée à ce deuxième album, on est rapidement conquis par la dimension dense et sincère donnée par le groupe.
A l'heure où bon nombre de groupes se revendiquent rock n' roll par pur intention mercantile, quitte à trahir leur convictions premières, les Kobayes, sans rien demander à personne et sans masturbation cérébrale de bas-étage, recentrent le débat en pondant un disque tout ce qu'il y a de plus honorable ! Les grincheux trouveront que la demi-heure (cette fois sans morceau caché) écoulée est trop courte mais il leur suffit d'appuyer une nouvelle fois sur "play" pour être comblé !!

Kobayes / Chronique LP > Unité

Kobayes : Unité Avec leur premier album, les Kobayes imposent déjà leur style : morceaux brefs (dépasser les 2'30 semble être un exploit ! Ah si, il y a "S.D.F." qui fait 3 minutes !), tempos ultra-rapides, riffs expédiés en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et une énergie débordante sont les éléments que nous ont réservés les Kobayes.
Une "Intro" instrumentale ouvre le bal, mais passons aux choses sérieuses. "Vengeance" donne la tonalité générale : spontanéité, bon esprit, revendications et claque sonore ouvrent l'album. Mais c'est sans compter sur le fait que tout le disque est ainsi emballé ! Les titres enchaînent les uns après les autres à un rythme effréné et c'est avec habileté que le groupe envoi son punk-ska-core aux oreilles venues lui prêter attention. Pour certains titres, on peut même dire un ska-core qui défouraille sévère ! Trompette en avant, chant scandé, basse furieuse, grattes trépignantes d'impatience, batterie qui assure un max' et chœurs qui réchauffent l'ambiance : c'est ça les Kobayes : l'urgence, l'urgence et toujours l'urgence, et pour mon plus grand plaisir !
Si la trompette dans le jazz en a ému certains, (cf "Jacques" des VRP) je vous assure que la trompette dans Kobayes ajoute une énergie incroyable aux compositions. Permettant à "Untitled crew", similaire à un générique de cartoon ou à "A tout prix" de devenir des produits hautement explosifs, les cuivres incitent aussi bien que les guitares à jumper sans trop se poser de question. Par l'intermédiaire de platines, la folle armada opte parfois pour un penchant fusion du meilleur effet ("A vendre") ou, inversement, en étranglant toute fioriture, s'octroie un droit de passage en territoire clairement punk ("Unité"). Histoire de mettre en application l'ouverture d'esprit qu'ils prônent si fièrement ! Pour les autres titres, on navigue entre hardcore, métal et punk avec, à chaque fois, un bonne louche d'hilarité, de volonté et surtout d'originalité. ("HxC 95", "Mes frères" ...)
Malheureusement, cet album n'est pas parfait (s'eut été trop beau !). La production donne un objet qui sonne "garage", handicapant quelque peu la compréhension des paroles, par ailleurs pleines de bon sens et d'intelligence (joie et bonne humeur, anti-sectarisme, anti-discriminations et j'en passe...). Mais ne nous plaignons pas trop, de temps en temps, des trucs "roots", ça le fait !
Pour conclure, il y a une piste cachée après "Fier", sur laquelle on se rend compte de la foire que sème les Kobayes. C'est donc dans une joyeuse cacophonie organisée (!) que l'album se referme, laissant derrière lui une très bonne impression de ce que les Kobayes savent faire !