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Biographie > East London hardcore

Formé à Londres en 1996, Knuckledust est l'une des formations les plus actives de la scène hardcore européenne, sans pour autant avoir été autant propulsé dans la lumière comme leurs voisins de label Kickback par exemple. Non ces anglais-là font partie de ces groupes qui ont un noyau dur de fans pas monstrueusement énorme, mais d'une solidité et fidélité à toute épreuve, ce qui leur permet, bon an mal an de toujours continuer à ferrailler sans jamais pouvoir se lasser, ni être freiné par un quelconque problème de diffusion. Une sorte d'artisanat hardcore à échelle humaine mais qui depuis plus de 15 ans maintenant, fait ses preuves à l'échelle du vieux continent et un peu au delà.
Une première démo quelques mois après sa formation, bientôt suivie d'un split avec le groupe Area Effect puis un EP intitulé London hardcore, Knuckledust ne perd pas de temps, ne se pose pas de question et enchaîne rapidement ses premières sorties. Quelques efforts (splits, EPs) plus tard et voici que les anglais livrent courant 2000 leur premier véritable album Time won't heal this. Le succès est plutôt au rendez-vous et le groupe produira plusieurs autres disques notamment après avoir signé chez l'une des principales maisons de disques estampillées hardcore en Europe : GSR Music (Born from Pain, Kickback, Strength Approach...). En 2012, celui-ci réédite Time won't heal this alors même qu'un nouvel album est annoncé un peu plus tard dans l'année.

Knuckledust / Chronique LP > Time won't heal this [Réédition]

Knuckledust - Time won't heal this Knuckledust, ça fait une bonne quinzaine d'années que cela dure et forcément plus ça dure, plus c'est bon. Plus c'est dur aussi... (ça c'est fait). Toujours est-il qu'en une décade et demi, le quartet londonien - dont le line-up n'a jamais changé ce qui est, soit dit en passant, une bien jolie performance - s'est constitué un noyau dur d'inconditionnels qui le suivra jusqu'à ce que mort (ou surdité) s'ensuive ; et une maison de disques certainement à "ranger" parmi ce que l'indépendance hardcore européenne peut proposer de mieux. GSR Music en l'occurrence, qui s'occupe ici de rééditer le tout premier album studio des anglais, sorti il y a une douzaine d'années et assez peu aisément trouvable dans les quelques disquaires physiques encore survivants (ou alors pour une somme délirante sur le web peut-être...), ce, dans une édition remasterisée et repackagée pour autant assez fidèle à l'originelle. Le dépoussiérage technique en plus.

La recette, pour ceux qui ne connaissaient pas l'album sorti en 2000 (dont votre serviteur), est des plus efficaces : on cause ici hardcore old-school punkisant qui sent la bière et le combat de rue. Une immersion frontale dans les bas-fonds des quartiers les plus mal-famés de la capitale londonienne, oui mais à l'ancienne. Titres courts et enragés, une belle palanquées de riffs qui dénoyautent les cages à miel, un aboyeur au micro qui y va franchement et des gaziers qui montent au turbin comme on embauche à l'usine. Dur au mal mais l'envie d'en découdre en plus. "Time's up" ou "Dust to dust" voire "Two faced fake", Knuckledust harangue, plonge dans le pit et distribue les baffes. L'auditeur lui, il encaisse et valide. La fraicheur juvénile (c'est qu'il y a douze ans, il n'étaient pas bien vieux les gaziers... par ici non plus ceci dit, mais c'est une autre histoire) contamine les enceintes ("Forever alone", "Exposed"), les uppercuts supersoniques se démultiplient et le groupe impose sa patte à coups de griffe. Bien évidemment ce n'est pas avec ça qu'on peut révolutionner un genre extrêmement balisé mais c'est certainement dans cette veine hardcore (punk) old-school gueularde et teigneuse que l'on peut vraiment distinguer les "vrais" des "faux", les gars qui y vont à l'intégrité droit dans leurs bottes de ceux qui font semblant pour donner le change et ramasser le cachet.

Rien à redire de ce point de vue-là : Knuckledust ne triche pas et ne le fera jamais. Hardcore for life.