Klone au Koko, 2012 Klone au Koko, 2012 Klone a la dure tâche de garder le public réveillé et bien chaud après Trepalium et avant Gojira. En comparaison des deux groupes précédemment sus-nommés, Klone c'est un chouilla plus soft et sonne limite rock pour tout dire. Mais le groupe n'est pas sans ses fans de ce côté-ci de la Manche, les albums All seeing eye et Black days ayant leurs afficianados. Par contre, The dreamer's hideaway est un peu plus confidentiel. Le groupe enchaine "Rocket smoke", "All seeing eye" sur cette scène qui parait un peu grande pour eux. Klone attise les braises et fait feu de tout bois. C'est une tâche plutôt difficile que d'ouvrir pour un groupe comme Gojira pour lequel le public est déjà conquis d'avance. En comparaison Godflesh n'a pas du tout eu ce souci là quand ils ont ouvert pour Neurosis ce mois-ci, vu qu'une partie de la foule est partie après leur performance sans écouter Neurosis... Ici Klone se donne sans compter, se concentre sur leur set, essaye de convaincre les derniers réticents et délivre ses décibels sur une foule qui se fait plus compacte au fil des minutes. Peut-être que le groupe y aurait gagné à flirter avec le public et à les haranguer sans relâche. Un mosh qui démarre timidement mais sûrement, "The dreamer's hideaway", "Army of me", c'est sans aucune surprise que le groupe aura converti plusieurs fans dans cette assistance.

Après Klone, c'est au tour de Gojira de verser de l'huile sur les flammes dans cette salle qui finalement n'attend plus qu'eux. La dernière fois que Gojira est passé sur Londres, c'était le 27 juin pour un show un peu spécial juste à la sortie de leur nouvel album, show étrange puisqu'ils n'avaient joués que très peu de titres du nouvel album. Cet fois ci, le set est bien plus équilibré, L'enfant sauvage, The way of all flesh et From Mars to Sirius se partagent les trois-quarts de la setlist. Gojira démarre avec "Explosia", mais la salle ne se réveille vraiment que sur "Flying whales". Gojira joue devant un décor massif réprésentant cette tête d'enfant sauvage avec en arrière plan un fond étoilé. Ce qui marque avec Gojira, c'est cette facilité à communier avec le public et l'aisance avec laquelle ils enchaînent titres après titres en une mécanique huilée à la perfection. C'est rodé, c'est précis, difficile d'y voir des failles, c'est carré et millimétré mais avec l'apparence d'une facilité déconcertante. Si ce nouvel album avait quoi que ce soit à prouver en live, c'est chose faite ce soir avec le titre éponyme "L'enfant sauvage" qui a du être écouté par toute l'audience au vu de la réception massive qui lui est faite. "Toxic Garbage island", "The art of dying", Gojira ne laisse aucun répit à l'assistance et donne un show exceptionel.
Un set épuisant et dégoulinant de sueur, un "Oroborus" anthologique, Gojira s'est donné ce soir comme jamais à un public quand même un peu conquis d'avance.