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Kingdom où quand deux Amen Ra soit Colin H.Van Eeckhout et Mathieu Van de Kerckhove et un membre The Black Heart Rebellion, en l'occurence Tim Brion, s'associent au sein d'une seule et même entité musicale. Le résultat, on s'en doute un peu, n'a rien d'électroklash hype et voit les trois musiciens ferrailler ensemble dans un registre postcore lourd et incisif, parfois aéré d'autres fois plus monolithique et qui renvoie autant à Neurosis, Justin Broadrick (Jesu, Final...) ou ... AmenRa. En 2008, le trio sort un premier effort éponyme via Genet Records.

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Kingdom - S/t A l'origine, ce premier opus éponyme signé Kingdom était une démo. La qualité des trois titres la composant et l'opportunité aidant d'en faire un disque inaugural "officiel" via le label Genet Records, voici donc Kingdom, un EP/démo livré dans un digipack à l'artwork étudié et au contenu 3 étoiles. Side-project d'AmenRa et The Black Heart Rebellion, cette entité partage avec les deux groupes sus-cités un goût prononcé pour les atmosphères poisseuses et tourmentées, la noirceur mid-tempo et les éléments métalliques qui s'amoncellent pour ne plus former qu'un ensemble monolithique à la lourdeur écrasante et à la saturation postcore étouffante.
Sans surprise de ce côté là, Kingdom donne, à première vue, dans un registre assez typiquement postcore mais se révèle rapidement moins caverneux qu'Amen Ra, moins sauvage que TBHR. La différence réside ici dans la volonté affichée par les musiciens d'aérer la musique de ce projet. De nappes éthérées en chant éclair, les Belges nuance la noirceur qu'ils importent de leurs autres projets respectifs pour faire évoluer le son vers quelque chose de plus paradoxal, un peu moins massif, tout aussi intense. Un postcore plus hypnotique que brutalement frontal, "Cendre" premier titre et climax de l'EP (quatorze minutes tout de même) est sans doute symptomatique de cet état de faits. Le groupe y prenant tout son temps pour dévoiler puis développer patiemment des ambiances claires/obscures, porteuses d'une violence latente, oppressée, mais finalement assez contenue, du moins sur ce morceau-là.
Une longue plage ambiant minimaliste et léthargique en intro, une montée en puissante toute en progressions puis l'éclatement de la bulle sonique, l'oclusion métallique et le déchaînement screamo, avant un descrescendo ambiant qui ferme cette première piste audio comme le groupe l'avait commencée. La méthode est rôdée, le résultat remarquable. Alors Kingdom enchaîne avec "Wiech" selon le même procédé (au départ) mais en raccourcissant la durée à quelques trois minutes trente et en augmentant la puissance de feu (vers la fin). Grésillement saturé, vibration métallique, incantation enfievrée, "Throne" poursuit le cheminement musical du trio, à savoir se différencier dans le fond mais sans s'affranchir complètement sur la forme de son background. Car dans l'absolu, ça reste lourd et anxiogène, une déchirure émotionnelle portée par les effluves d'un rock sombre et asphyxiant. Ces trois-là sont des spécialistes du genre et ils font sans doute ici ce qu'ils savent faire de mieux.