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En 2005, James Jasta (Hatebreed, Icepick) annonce qu'il compte faire équipe avec Kirk Weindstein pour monter un all-star band stoner/sludge metal de luxe. Ceux qui connaissent le second nommé commencent à trembler, les autres filent chercher sur Wikipédia qui est ce type dont ils sont certains d'avoir déjà entendu parler. La réponse ne se fait guère attendre : rien moins que l'un des membres de Crowbar et d'un autre projet de luxe : Down, là tout le monde comprend que ça va cogner sec. La paire commence à écrire dans son coin et d'autres zikos viennent alors se greffer à un projet qui a de plus en plus fière allure : Derek Kerswill (Seemless), Steve Gibb (Crowbar, ex-Black Label Society) et l'inconnu Matthew Brunson venant grossir les rangs d'un groupe qui promet déjà de dézinguer du riff comme pas deux. Initialement baptisé Crowbreed (Crowbar + Hatebreed), le groupe devient alors Kingdom of Sorrow et c'est sous ce nom qu'il signe chez Relapse. 19 février 2008, le premier album, éponyme, de KoS débarque dans les bacs. La déflagration est immédiate.

Kingdom of Sorrow / Chronique LP > Kingdom of sorrow

Kingdom Of Sorrow - Kingdom of sorrow Crowbar x Hatebreed x Down x Seemless... avec un tel pedigree, forcément Kingdom of Sorrow, ça devait envoyer sévère... Déjà, rien que le visuel annonce la couleur : ça va être sauvage et guerrier, on n'est pas là pour déclamer des sonnets. "Hear this prayer for her" roulement de caisse claire, entrée des gros riffs qui dépouillent, rythme enlevé, chant gueulard, aucune mauvaise surprise, KoS balance du gros son dans les tuyaux et désencrasse la carrosserie avec enthousiasme et savoir-faire. La prod est clinquante, les rythmiques branchées sur courant alternatif, entre southern metal et stoner/sludge, le groupe taille la route à la force du manche de gratte et à coup de mélodies bien grasses portée par une voix HxC bien connue des inconditionnels des pourtant très répétitifs Hatebreed. Une bonne rasade de riffs de mammouth, une section rythmique qui baffe à tout va, Kingdom of Sorrow, c'est rien de moins que du Crowbar new look, la prod qui arrache une boule et les hurlements hardcore en plus. Car le coup de semonce "Hear this prayer for her" n'était pas qu'un vulgaire "one shot", avec "Grieve a lifetime" ou "Led into demise", le groupe enfonce le clou et défonce les cloisons du stoner, du sludge et du metal en appuyant là où ça fait mal, bien aidé en cela par des rythmiques dantesques et un riffing pachydermique (merci Kirk W.). "Piece it all back together" est à ce titre l'un des tous meilleurs titres de Kingdom of sorrow, un chant rocailleux, un feeling particulièrement rentre-dedans, si tout cela ne respire pas forcément l'inventivité et n'apportera pas une véritable relecture des fondamentaux du genre, le groupe pilonne les enceintes et fait vibrer les vertèbres de bon nombre d'inconditionnels du genre.
Primaire, fleurant bon la bonne grosse recette commerciale (pensez donc Hatebreed + Down + Seemless, évidemment ça attire le chaland), KoS envoie alors la sauce sans se soucier une seconde des dommages collatéraux. Une basse foudroyante, des riffs meurtriers, un chant particulièrement saignant, Kingdom of Sorrow se lance dans une séance d'équarrissage métallique de premier ordre, enfilant à la suite un "Demon eyes" au groove phénoménal et un "Free the fallen" solidement burné, dopé à la testostérone et à l'huile de coude. Pas un instant de répit, pas la moindre faute de parcours, KoS, c'est du réglé comme une horloge suisse et entre deux accès de rage brute, le groupe s'offre une petite ballade métallique à la mélancolie hargneuse ("Screaming into the sky"). Un hymne au headbang, une harangue métallique plus tard (les très efficaces "Lead the ghosts astray" et "Buried in black"), on s'accroche tant bien que mal et on encaisse les uppercuts que l'on se prend dans la face... Mais c'est qu'on en redemanderait en plus. Du lourd, du furieux, du velu qui transpire le gros sludge bien sauvage accouplé à du metal sudiste qui défouraille, voilà un premier album sans trop de prétention, ultra-carré et qui rempli allègrement son contrat. Réveiller brutalement les masses, par la force s'il le faut. Et ça les ricains de KoS savent faire. En même temps, on n'en attendait pas vraiment moins d'eux...