metal Métal > KilØ

Biographie > Sandy ?

Au commencement, KilØ, c'était Franck (ex-Cut The Navel String, ex-Skëem), Hervé (Hint, Fragile) et Mehdi (Sweetback, ex-Skëem). Très vite rejoints par Laurent (ex-Kyu, El baron Brisseti) et Pierre (Sexypop), les 5 constituent la fine fleur de la scène Angevine, réunie sous un seul et même étendard de poids (rires enregistrés), et enregistrent une première démo courant 2008 au Dome Studio (Lyzanxia, One-Way Mirror) dans une urgence qui résume finalement bien le groupe. Un an et des brouettes plus tard, le disque, sorti à l'origine dans une relative confidentialité, est réédité sous le nom de Front kick par le label Maximum Douglas Records (Appollonia, Pretty Mary Dies), dont c'est là, la première sortie officielle. Toujours en 2009, le groupe se sépare de Hervé et rentre en studio pour mettre en boîte le premier véritable album du groupe, toujours programmé dans la même crèmerie.

KilØ / Chronique LP > Lock the dogs out

Kilø  - Lock The Dogs Out "Who lock the dogs out ?!"

Artwork sans équivoque, intro bourdonnante à souhait ("Audio four"), puis soudainement... BOOOM : grosse attaque des guitares qui en mettent plein partout, une section rythmique béton à la baguette, une mise sous tension permanente puis cette déflagration, sauvage mais tellement attendue et libératrice qu'elle fait ici office d'exutoire. "Underrated", premier "véritable" titre de Lock the dogs out envoie du gros bois et y met les formes. C'est la guerre et les Kilo ne semblent pas vraiment décidés à faire semblant. Expulsant leur rage à travers le prisme d'un premier titre brut de décoffrage, les gaziers ne se cachent pas et mettent tout ce qu'ils ont dans les tripes pour lâcher quelques unes de ces torpilles noise-metal-HxC dont on les sait capables depuis la claque Front kick. Helmet, Unsane, Today is the Day (rien que le visuel de l'album déjà...) ou Zozobra, dit comme ça, ça semble un peu "too much", mais lorsque l'on se charge de dépecer la bestiole, ça calme tout de suite.
Impulsions hardcore, condensation super-noïsique, Kilo se déleste de quelques compos bien brûlantes armées de riffs capable de percer n'importe quel blindage auditif ("Hellscrack", "Get out") et arrose les enceintes jusqu'à les réduire en cendre. Mais ça c'était avant. Parce qu'à ce moment de l'album, on a beau être déjà bien secoué par la force de frappe du quintet, on n'a encore rien vu. Déboulent "Echo" suivi de "In downtown" et là... on comprend notre douleur. Des bombes à (dé)fragmentations qui s'occupent autant du cerveau que du disque dur, une hargne contaminatrice, une harangue métallique et un groove monstrueux, une explosion de Kilo-octets (facile...), ces mecs-là frappent fort, TRES fort. C'est aussi chirurgical que dévastateur et en deux titres, Kilo démontre qu'il a tout d'un grand. Et le confirme sur "Sinking to the bottom without you", "Day by day..." / "... Shine over my head", autant de purs condensés de noise burnée, de rock, de metal, de punk et de post-hardcore qui pulvérisent les tympans fragiles en distillant au passage quelques mélodies écorchées-vives, que le groupe envoient dans les tuyaux sans ciller. Car oui... il faut bien l'admettre : Kilo, c'est juste énorme.

KilØ / Chronique EP > Front kick

KilO - Front kick Après un titre pareil, Front kick avait plutôt intérêt à envoyer les décibels s'écraser contre les murs du studio. On met la pression sur le groupe, qui évite les balles et riposte avec une précision de sniper. "Frantic", "Golgoth 666", "Groy" distillent leur vénin métallique, hardcore rock super-noïsique punkoïde (copyright W-Fenec), le substrat sonore qu'extrait le groupe de ses intenses séances d'enregistrement fait de beaux dégâts sur nos membranes auditives. Et tant pis sur la prod est un peu trop light pour vraiment tout faire sauter, KilØ fait pulser les watts mais évite soigneusement de céder à la facilité du cliché hardcore punk basique et monolithique. Frénétiques par instants, haineuses mais également parfois plus mélodiques, les sept torpilles soniques signées par les Angevins n'oublient pas pour autant de varier les nuances et les tempi afin de ménager leurs effets... et de fait d'en accroître l'impact.
Accélérations soudaines, pulsations hardcore que le combo injecte en intra-veineuse, vociférations sauvages, riffing metal/rock noise sulfurique quelque part entre Helmet et Unsane avec une petite touche de Today is the Day sur les bords (histoire d'être définitivement classe), KilØ n'a pas besoin d'en faire des tonnes (rires forcés...) pour imprimer sa marque. A ce petit jeu-là, il excelle. Les titres rafales s'enchaînent et le groupe frappe fort et précis. C'est net et sans bavure (l'excellent "Place"). On retrouve l'esprit qui anime d'ailleurs Pretty Mary Dies, la première "vraie" sortie du label Maximum Douglas Records et pour un premier essai discographique, le résultat est plutôt du genre très prometteur ("Slow", "Helmless"). Dommage, encore une fois que la production ne soit pas forcément à la hauteur du potentiel d'un groupe qui est assurément à suivre de très près.