Kickback - Et le diable rit avec nous Kickback l'a annoncé sur l'opus précédent, No surrender. C'est donc avec naturel qu'ils remettent le couvert sur Et le diable rit avec nous. La même musique noire, vile et incendiaire coule à flôts. Imaginez un filon de pétrôle brute qui file entre vos doigts, collant, opaque, volatile, à l'odeur nauséabonde et au potentiel hautement explosif; non, imaginez plutôt une bile noire, pestifère et infectieuse, un crachat de fin du monde, un mollard de haine contagieuse. Kickback c'est tout ça à la fois, une perspective pessimiste et une musique qui reflète ces sentiments violents.
Kickback détruit le décor avec "Sorption", guitares agonisantes, chants écorchés à vifs, celà s'emballe très vite, et l'explosion souffle tout sur son passage. Et le diable rit avec nous ressemble par bien des aspects à No surrender, même production homogène, même cancer musical, et se détache également, notamment sur le travail de composition, avec des guitares qui s'aventurent beaucoup plus, qui prennent soin de construire l'ambiance sonore et le malaise mélodique comme sur "Mind of a lunatic", ou "Cavalcare la tigre", ou avec une batterie qui jette quelques bouts de gras sur "Weltanschauung" ou sur "Sorption".
Kickback se donne corps et âmes sur des titres comme "Stained I", tout en revenant avec de nouvelles infections sur "It's burning hell" au downbeat contagieux et dégoulinant; ou encore sur un "Mind of a lunatic" surréaliste et fantomatique, une présence spectrale maléfique.
Contrepoint aux bites molles du précédent album, les vers qui rampe rappelle la médiocrité humaine sur cet enregistrement. Sans faire dans la dentelle, Kickback évite l'écueil d'être ennuyant, alternant passages et ambiances, avec le même objectif en tête, une préoccupation mono-maniaque. Encore un album d'une noirceur effrayante, d'une noirceur imprégnée jusqu'au cœur, avec un memento mori pour seul objectif final.