metal Métal > Khynn

Biographie > 26 points au scrabble !

Khynn se forme en 2004 à Besançon autour de Fab (chant, guitare), Sam (guitare) et Max (batterie) qui sont rejoints par Nel (claviers) et Joker (basse). Ils sortent un premier EP en 2007 : Breakin' the fury. Le groupe connaît ensuite un changement avec Sam prennant le chant à la place de Fab, deux bassistes se succédant pour remplacer Joker (Guillaume puis Rémi) et enfin le départ de Nel, laissant le combo jouer sans machiniste. C'est dont à 4 qu'ils vont enregistrer leur album au Tower Studio de Montpellier avec Brett Caldas-Lima (chanteur de Kalisia qui a travaillé avec To-Mera, Malmonde, Bomb Scare Crew...). Any fear calms down sort le 7 mars et devrait ramener le combo sur les scènes qu'il a quittées depuis 2008.

Khynn / Chronique LP > Supersymmetry

Khynn - Supersymmetry Any fear calms down laissait entrevoir un groupe aux capacités énormes, Supersymmetry vient confirmer tous nos espoirs ! Khynn a opéré quelques changements dans sa façon de faire, Sam prenant le chant principal à Fab qui reste dispo pour la deuxième couche, et rien qu'avec ça, nos griefs quant à la qualité de l'ensemble ont totalement disparu. Le combo a de nouveau fait confiance à Brett Caldas-Lima (To-Mera, Bomb Scare Crew, The Walrus Resists...) et nous gratifie d'un superbe artwork presque supersymétrique (signé Hicham du Strychneen studio) décliné sur tout le digipak et même en poster à la place du "livret".

Après quelques notes pour poser une ambiance, les Bisontins passent les vitesses, appuient sur les pédales et envoient du très gros. Dès "Tainted impression", l'impression donnée n'est pas en demie-teinte, gros riff à la Gojira, virage avec une harmonique et vas-y qu'on embraye avec quelques choeurs pour lancer un titre sacrément charpenté. Pas question de laisser retomber la pression, du moins, pas tout de suite, les rythmiques enfoncent le clou et défoncent les enclumes alors que le chant puissamment éraillé cherche parfois à calmer tout le monde avec un peu de phrasé ou quelques tentatives mélodiques mais vite rattrapé par la densité et l'explosivité de l'ensemble, le chant retourne à la baston. Ce n'est que quand il donne immédiatement le tempo ("Black circles", "Wasted time") qu'il arrive à contenir les assauts. Et si les guitares relâchent les pédales et la jouent acoustique, on obtient de grandes bouffées d'air frais, que ce soit sur "Breath inside me" (où l'on retrouve Ani Ritzel de Dharma) ou sur "Living time". Deux titres qui tranchent forcément avec le reste mais qui trouvent leur place dans cet opus au même titre que "A wild night" ou "Into the supersymmetry" aux structures plus posées qui gagnent en relief en beauté même si l'ombre de Gojira (encore mais il n'y a plus meilleure référence) plane sur certains passages.

Sans faire trop de bruit depuis son prometteur EP, Khynn a doucement mais sûrement préparé l'étape suivante qu'était pour lui ce premier album. Avec ce Supersymmetry, les Doubistes remettent les pendules à l'heure, ceux qui les avaient un peu oublié (j'avoue) voient leurs mémoires être ravivées, pour les autres, le choc de leur découverte sera brutalement bon.

Khynn / Chronique LP > Any fear calms down

Khynn - Any fear calms down N'y allons pas par quatre chemins, Khynn aurait pu être la claque métal de 2011, avec une grosse production, un visuel qui attire l'oeil, un clip léché, des concerts et une bonne promo, le groupe aurait pu marquer l'année de son empreinte avec un métal à la fois dense, technique et très ouvert. "Aurait pu" parce qu'il manque encore aux Bisontins de faire les bons choix même s'ils sont certainement difficiles... En l'occurence, il s'agit ici de faire face à une lacune de première importance : des parties chantées d'un niveau proche de celui des parties jouées par les instruments. Parce qu'il faut être sévère mais clair en même temps, certains passages de chant sur "Hypnotic black box" ou "The last lane" sont simplement catastrophiques et sur d'autres morceaux comme "Mallet law", c'est assez foireux. Alors certes ce n'est pas tout le temps mais les titres ici incriminés sont vraiment durs à écouter en entier, le chanté parlé étant faux, il détruit l'ambiance construite par les instruments et pourtant, putain que ces ambiances, ces riffs, ces rythmes sont bons... C'est à la fois là tout le drame et le motif d'espoir (qui motive cet article) car musicalement Khynn peut aller chatouiller Gojira ou Klone la tête haute. Leurs influences sont larges et si on ne veut citer que les plus vieux et glorieux Pantera et Sepultura sont en bonne place. Le combo possède un sacré tranchant et joue aussi bien sur les cadences infernales que sur les atmosphères posées, dans les deux cas, ils le font avec classe sans oublier de caser des harmoniques artificielles puissantes et des solos destructeurs qui eux témoignent davantage du background heavy des guitaristes. Musicalement, quoi qu'ils fassent, les Khynn le font bien, jouent juste et atteignent leur cible, et le côté technique de leurs compositions n'est pas là pour en mettre plein la vue (qui a dit "comme Dream Theater" ?), c'est fluide, utile, construit, réfléchi et si les décortiqueurs de riffs trouveront peut-être des ressemblances douteuses avec des plans existants ("And any fear calms down" sonne par passage très Gojira par exemple), les Bisontins démontrent le reste du temps la différence qui existe entre intégrer des influences et copier un groupe qui marche...
Désolé d'y revenir en conclusion mais Any fear calms down aurait pu être la bombe de l'année sans ces problèmes de chant, espérons que le groupe fasse la même analyse à tête reposée et évite la même erreur dans l'avenir car pour le reste, c'est une tuerie.