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Kehlvin
Biographie > Kehl vine ?
Kehlvin, c'est la suite de Loaf A, qui avait sorti deux petites démos en 2000 et 2002, un quintet formé du côté de La Chaux-de-fond (Suisse) fin 1999. Un groupe suisse que beaucoup ne connaissent pas beaucoup et sous lequel, l'actuel Kehlvin, que beaucoup ne connaissent pas... encore, avait à l'origine en partie composé The Mountain daylight time. Kehlvin, c'est une formation post-hardcore, on dit aussi postcore, pour faire plus court, qui dans la lignée des Isis, Neurosis, Pelican et autres Cult of Luna a emprunté les sentiers escarpés d'une musique extrème, tour à tour puissante, destructrice, calme et planante. L'intensité pour maître-mot, un peu à la manière d'un Mono ou Explosions in the Sky que les suisses citent dans leur biographique, Kehlvin sort finalement courant 2005 son premier album baptisé The Mountain daylight time. Un disque rapidement épuisé et qui ressort fin 2006, avec un nouve artwork, chez Division Records (Forceed, Unsane, Seethings, Unfold) pour une distribution internationale.
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Divisionrecords.com
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Kehlvin / Chronique LP > The mountain daylight time
Dans la catégorie "on a bouffé du Isis au petit-dej, du Cult of Luna au repas de midi et on veut faire pareil pour le goûter", il y a des dizaines (voire plus) de groupes qui viennent s'empiler dans les files d'attentes des prochaines sorties de labels et majors... Le post-hardcore atmosphérique (ou postcore) est hype et depuis quelques temps, peut rapporter des petits billets verts à des indépendants qui triment. On peut les comprendre... mais là, la liste commence à dangeureusement s'allonger, même si le genre dispose encore de quelques têtes d'affiche qui lui font honneur, avec Breach, Aside from a Day, Lymen ou Benea Reach par exemple. Car déjà, on peut largement imaginer que nombre de ces groupes-là ne viendront pas vraiment nous titiller l'épiderme avant de carrément susciter chez nous un ennui poli. Lassitude quand tu nous tiens... enfin pas complètement encore, parce que dans la catégorie, post-'truc" hype, il y a encore des groupes qui parviennent à faire mieux que tirer leur épingle du jeu. Kehlvin est de ceux-là. Et pour cause, Kehlvin est suisse... et, soyons honnêtes, il est de notorité publique que ce petit pays neutre dispose d'une scène incroyablement talentueuse et ce, dans tous les styles ou presques (sic). Pensez donc : Monkey3, Houston Swing Engine, Shora, feu-Shovel, feu-Unfold et j'en passe, la densité de bon groupe au kilomètre carré est étonnamment disproportionnée. Mais ici, dans une veine "postcore" atmosphérique, Kehlvin s'en sort bien mieux que la plupart, même si planent ci- et là les influences des deux mètres-étalons du genre.
Entre ballade stratosphérique et choc frontal tellurique, les suisses ne donnent pas dans la mesure, avec The Mountain daylight time, c'est ou tout l'un, ou tout l'autre. Réservé aux oreilles averties, il dose parfaitement ses envolées post-rock evanescentes et lumineuses pour mieux nous replonger quelques instants plus tard dans les abîmes d'un metal lourd, caverneux et oppressant. Une dualité dans laquelle se complaisent aisément les déferlantes post-hardcore du combo suisse sans jamais jouer la carte du "déjà entendu cent fois". Une sorte de grand huit extrême. Organique, orchestrée dans un mouvement perpétuel, la musique de Kehlvin, est tantôt sublime, tantôt effrayante. Les artificiers suisses sont de sortie, et la violence des décharges métalliques du groupe est d'une rare intensité. Viscérale et sans concession. Le groupe maîtrise parfaitement son sujet et ses longues plages éthérées nous permettent de reprendre notre souffle pendant quelques instants de calme majestueux avant que The moutain daylight time nous replonge dans une gangue de plomb inextricable et insondable. Question : les suisses sont-ils des "suiveurs", ou parviennent-t-ils a apporter leur pière à l'imposant édifice postcore ? Evidemment, les hurlements du chanteur évoqueront sans doute ceux d'Aaron Turner dans la période Celestial d'Isis, les comparaisons seront faciles, mais la tension permanente dans laquelle Kehlvin a mis son album, ses arrangements harmonieux qui le bercent pour mieux nous assaillir de sentiments contradictoires, apportent un début de réponse à notre questionnement. Les suisses ont parfaitement digéré leurs influences et ont eu suffisamment de personnalité pour faire en sorte que leur musique ne soit pas une pâle copie de celle des maîtres du genre. Car pour un premier album, Kehlvin nous livre, à sa manière, un véritable manifeste du genre. A méditer.
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