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Milles métamorphoses ont permis à Kayan, quartet auxerrois, de façonner une griffe musicale post-metal/hardcore, alternant ambiances violemment désespérées et les moments de calme, certes bien précaires, pour un résultat en forme de "synopsis progressif du tourment". Après une tournée en Europe de l'est en septembre 2008, l'année 2009 a été consacrée à l'enregistrement d'un album composé de six titres instrumentaux mis en boîte et mixés par Mathieu Chocat au mois de juin puis masterisés par Pelle Henricsson au Tonteknik Studio quelques semaines plus tard. Intitulé The causes and what follows il est dispo depuis le premier trimestre 2010.

Kayan / Chronique LP > The causes & what follows...

Kayan - The causes & what follows A ceux qui pouvaient éventuellement se poser la question de savoir ce que pouvait donner du post-hardcore frenchy sans chant (a priori pas plus de 12 ici...), on répondra Kayan. En l'espace de 32 minutes d'un court album exclusivement instrumental (pas plus long heureusement, sinon ce serait vite devenu soporifique), le groupe développe un postcore/metal le temps de six titres à la fois denses et parfaitement équilibrés, formellement maîtrisé et excellemment produits, pour un résultat pas totalement convaincant, mais pas vraiment décevant non plus. En demi-teinte en sommes, car les intentions sont là, c'est une évidence, mais pour répondre à l'interrogation de départ, le chant fait parfois clairement défaut. Comme sur "Noise to sleep", puissant mais un peu stérile ou "Hangman" tout aussi dynamique mais manquant de ce souffle hardcore qu'aurait pu apporter le support vocal.
A contrario, Kayan est parvenu à trouver l'angle d'attaque idéal pour délivrer un post-metal/hardcore mid-tempo à la fois efficace, inventif et suffisamment immersif pour ne jamais nous faire céder aux affres de l'ennui. Un peu à la manière (dans des sphères relativement voisines on l'aura compris) d'un Pelican, d'un Russian Circles ou d'un Kerretta, le quartet auxerrois parvient à trouver la clef de l'efficacité au détour de quelques riffs bien sentis ou d'éléments rythmiques progressivement déchaînés ("In agony I saw you smile" et son final sous très haute tension, l'excellent "Les murmures de l'eau"...). Quelques morceaux de bravoure instrumentale, quelques ratés également (une très poussive "Ode to you") et un climax de haute volée avec le diabolique "Torment of a dream deprived", The causes & what follows démontre que Kayan a d'excellents arguments à faire valoir, surtout pour un groupe non-signé. Ne lui manque simplement qu'un peu d'âme...