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Formé à Stockholm (Suède) en 1991, Katatonia est devenu au fil des années l'une des références incontournables de la scène death/doom/black metal européenne (voire planétaire), aux côtés notamment de formations toutes aussi cultes comme My Dying Bride, Anathema ou Paradise Lost. Présent sur la scène internationale depuis près de deux décennies (avec une interruption d'un peu moins de deux années entre 1994 et 1996), le groupe a sorti dans l'intervalle 3 démos, huit EPs, deux albums live/DVD et surtout une petite dizaine d'albums studio, tout en connaissant pas mal de bouleversements de line-up et essentiellement deux labels Avantgarde Music et Peaceville Records.

Katatonia / Chronique LP > Dead end kings

Katatonia - Dead end kings Message à caractère informatif : dans ce neuvième album des suédois de Katatonia, l'auditeur ne se farcira jamais de notes nébuleuses et ariennes avant d'être attaqué au plus profond de son âme. Mais sur "The parting", le chant de Jonas Renkse décroche les cieux dans les trois premières secondes, sans longueur, à la manière des deux prédécesseurs de Dead end kings qui ne donnaient déjà plus la belle part à la souffrance fantomatique caractéristique d'un black metal mélancolique. De composition rock et frénétique il est ici question et ce nouvel album confirme la direction prise par le groupe depuis The great cold distance en 2006. Leurs inspirations lyriques d'antan auraient-elles disparu ?

Que l'on se rassure. La production est impeccable et les structures toujours aussi inspirées. Le morceau "Hypnone" nous transporte aux sons de la guitare et du piano avec ferveur bien que le groupe prenne de plus en plus de distance avec leur doom originel. Jamais linéaire, la force des morceaux réside dans une rupture constante de la monotonie. Jouant à la fois sur des structures classiques comme le refrain et les couplets, des instants soudains viennent s'ajouter à la structure globale. Dans "The one You're looking for is not here" Silje Wergeland (la remplaçante d'Anneke Van Giesbergen au poste de chanteuse au sein de The Gathering) vient ainsi ajouter son chant à celui de Jonas Renkse tandis que des passages inattendus complètent la richesse de l'ensemble. Refusant la linéarité, du piano, violon et quelques samples s'incrustent toujours avec finesse dans l'ensemble. Ne craignez rien, Katatonia n'est pas Apocalyptica et les singularités d'ambiance ne sont toujours que de passage pour ne pas briser la rythmique rock et expérimentale du groupe. La preuve sur "Buildings" notamment, où l'introduction façon metal symphonique ne dure qu'un temps avant que le vocaliste de la formation suédoise ne débute une complainte renforcée par des instruments nerveux et saturés.

Pourtant, tandis que l'album défile, des morceaux rappellent les premiers amours torturés du groupe avec des rythmiques moins rapides : "Ambitions", "Undo You". Jusqu'ici Katatonia balance entre ses nouvelles muses et ses anciens amours, mais le tout est intéressant et habilement composé. Rien à redire car à l'écoute de tous ces morceaux, on ressent la patte du groupe. Sur les trois derniers morceaux par contre. avec "Lethean" et "First prayer" un fouillis rock prend son tour de piste et ce n'est qu'à coups de solos énervés et de poussées vocales inhabituelles que les minutes défilent. "Dead Letters" rattrape quelques instants l'impression d'un album expédié sur ces trois morceaux avec des envolées intéressantes et des arpèges dynamiques, mais nous ne sommes pas passés loin de rester sur une déception. Néanmoins, ce Dead end kings est un bon album. Recherché et puissant comme on pouvait l'attendre d'un Katatonia.