metal Métal > Jaïl

Biographie > N'oublions pas les balkans

Entre 1994, année durant laquelle Jaïl a vu le jour à proximité de Lyon, et 2000 le groupe a sorti 1 album et 2 maxis. Durant cette période, il a aussi participé à de grands festivals comme les Eurocks et a pu croisé sur les planches des groupes comme Lofofora, Boost, Silmarils ou Call Us As You Wish... Une petite pause et un changement de line-up plus tard, et revoilà un quatuor classique : chant/guitare/basse/batterie avec les postes occupés respectivement par Admir, Cyril, Nico et Tom ; qui déversent leur métal sur un 8 titres très encourageant. Porte-parole d'un peuple martyr sous les yeux du monde entier (souvenez vous 1992-1995), Admir par l'intermédiaire de Jaïl, apporte une réelle personnalité au combo avec son chant en bosniaque.
Ensuite, Nico quitte le navire et est rapidement remplacé par Olivier. En 2005 et 2006, Jaïl donnera quelques concerts, avec Feverish, Troïdes Priamus Hecuba, Dread's ou encore Gojira et Pepper Noster. Toujours en 2006, le groupe compose de nouveaux titres et les enregistre au Passe-Muraille (Doppler, Villa Vortex, Yerban Kuru, ...). C'est ainsi que Tisina, nouveau 3-titres du quatuor, voit le jour début février 2007 via le jeune label Red Eyes Prod (Downless, No Name, Dollsex, ...).

Jaïl / Chronique EP > Tisina

Jaïl - Tisina Permettant d'émettre un signe de vie auprès du public et à la presse, tout en s'imposant l'exercice qu'est le passage en studio, Jaïl a aussi profité de ce nouvel EP pour inviter des potes à pousser la chansonnette.
Au menu de Tisina (dont la traduction veut dire "Silence"), simplement trois titres, dont deux voient la collaboration de quelques amis. Mais on y reviendra plus bas. Le groupe ouvre donc les hostilités avec "U rovu", morceau qui aurait très bien pu figurer sur Mali glas. Les ingrédients qui faisaient la spécificité du son de Jaïl sont à nouveau réunis : un chant harmonieux (en bosniaque), une guitare l'accompagne tranquillement, basse et batterie se terrent avant que n'éclate le feu d'artifice. Les deux autres titres sont un peu moins originaux mais bien envoyés et soignés, témoignant à nouveau de l'application de Jaïl dans son travail. En fait, ils sont plus directs, inclinés vers des structures hardcore et dotés d'un phrasé bien plus frontal. "Ahmed show", coécrit avec Ahmed de Dread's voit en plus de sa participation, celle de Manu (Shiva) et c'est sur "In my hands" que Keefran et Manu de Douze 33 (groupe qui a splitté dernièrement) ont apporté leur pierre à l'édifice. Si sur ces deux derniers titres, Jaïl semble nous échapper d'un point de vue purement musical (sans pour autant paraître méconnaissable !), le groupe n'oublie pas d'évoquer le sujet brûlant qu'est la situation Iraquienne ou d'un thème douloureux comme celui de la torture.
Tisina a été l'occasion pour Jaïl de repasser un petit coup par le studio (afin de ne pas perdre la main), de partager de bons moments avec des membres de Douze 33, Dread's et Shiva tout en participant à la promotion du jeune label auquel il appartient (Red Eye Prod) et, enfin, de donner un indice rassurant sur leur état de santé. A la prochaine !

Jaïl / Chronique EP > Mali glas

Jaïl : Mali glas Un luth s'invite le temps d'un titre ("Pod vreċom") à l'ouverture de la galette pour faire de Jaïl un groupe de cosmo-pop dépouillé. Sur le reste du disque, le groupe pratiquant un métal singulier et puissant, avec ses structures old-school se démarque correctement de la vague néo. Cet épisode musical n'a déteint que sur un seul titre, "Puška", morceau à la fois racé et jumpant faisant penser à System Of A Down fait presque office d'électron libre au sein des autres compositions.
Les 2 parties de "Sine" démontrent la possibilité du groupe à naviguer entre violence clairement exprimée et énergie couvée comme des braises qu'il ne faudrait pas laisser s'éteindre. Mes notions de Bosniaque étant plutôt faibles, ce sont les rares passages chantés en français qui laissent apparaître la réelle éthique dont dispose le groupe. Ainsi à l'image de "Easy" de Oneyed Jack, le groupe s'en prend avec justesse à l'effervescence que peuvent créer certains évènements sportifs et la récupération qui en est faite : " Voir des enfants mourir de faim est devenu banal / mais c'est bien moins important que l'équipe de France en finale du mondial " envoie Admir à la fin de "Čiko". Certainement que les textes écrits en cette langue balkanique, possèdent aussi cette même verve. La voix est toujours aussi juste qu'elle soit chantée ("Strana zemjla" et "Doċe dan osvjete"), criée ("Sine") ou chuchotée comme au travers de l'épique et frissonnant "Mali glas". Lorsque cette fantastique et dernière piste se termine, on se dit " déjà ? ", alors on a qu'une envie : s'envoyer une deuxième fois ce brûlot dans les oreilles. Derniers détails, le son est impeccable et on se fera bien plaisir avec la basse groovie de "Strana zemjla" ou le tubesque riff de "Doċe dan osvjete".