Impure fest 2010 Au programme : 9 groupes parmi lesquels des reformations extraordinaires (Kargal et Gantz), un tout premier (The Man Man Machine) et des derniers (Meny Hellkin et Ampools) concerts, des invitations (Who Needs Maps ? venant de Montceau les Mines) dont certaine de dernière minute (Geraniüm, Farewell ayant déclaré forfait au dernier moment) auxquels s'ajoutent valeurs montantes (Hiro) et confirmées (Aside From A Day).
Devant un tel étalage de décibels et un enchevêtrement de musiciens sur scène et dans le public (sans compter sur les slams de Joss et Onito), autant vous dire qu'il m'est difficile de remettre tous ces fabuleux évènements dans le bon ordre. C'est dans la joie et la bonne humeur (les dédicaces se succèdent et les blagues fusent : Onito nous offre "Comme d'habitude" pour cause de corde cassée lors de The Man Man Machine, Kargal se fait rebaptiser "Carglass", ...) que l'équipe de choc du week-end a réchauffé l'atmosphère tandis que le mercure pointe des températures négatives à l'extérieur. Il est certain que pour qui voulait se prendre de grosses décharges post, rock, émo, punk, stoner, hard, crust ou screamo plus ou moins coreuse, toute combinaison étant bien sûr envisageable, c'était bien à la porte des chaleureux Passagers du Zinc qu'il fallait frapper. Les amateurs d'écorchures en tous genres, les volontaires au plongeon dans le grand chaos et ceux désirant se laisser absorber par des mélodies insidieuses étaient bel et bien là, avec certainement un record d'affluence pour le doublé Asidefromaday / Ampools (dernier show avant le split oblige) de samedi soir... ou plutôt dimanche matin. Même si certains sets ont été expédiés relativement rapidement (avec une poignée de titres au compteur), la palette des styles présentés permet à chacun d'y trouver son compte. Et en ce qui me concerne, j'aimerais mettre l'accent sur les performances de Kargal et de Hiro, particulièrement dévastatrices, sans oublier l'ahurissant potentiel de The Man Man Machine, merveilleusement sulfureux et abrasif. Pour compléter le haut du panier de cet Impure fest 2010, comprendre Gantz et Asidefromaday, l'effervescence a été à la hauteur des attentes du public puisque les combos se sont livrés à une exploration en règle des conduits auditifs, usant d'une science que bien peu savent manier avec autant d'efficacité. En revanche, j'ai eu du mal à me faire un chemin dans les structures tourmentées de Meny Hellkin et de Geraniüm mais il n'a pas été déplaisant, loin de là, de découvrir les incantations screamo/emo de Who Needs Maps ?. Enfin, c'est un exceptionnel prix d'excellence qui doit être remis, sans concession, à Ampools. Cet ultime concert, chargé d'émotions, nous fait regretter que l'aventure se termine si tôt. Mais il n'y a pas de quoi désespérer totalement puisque, selon Onito, "on se retrouvera en enfer". Ou, qui sait, en 2020 pour fêter les 20 ans de Impure Muzik. D'ici-là, n'oublions pas que deux soirs de suite, le rock'n'roll nous a sauvé la vie.