Idiot Saint Crazy Valentin Carette est bien connu de nos services parce qu'oeuvrant depuis un paquet de temps dans le petit monde de la musique nordiste par le biais d'une foultitude de groupes (Scathodick Surfers, Yolk...) plus intéressants les uns que les autres. Idiot Saint Crazy est de ceux-là, un projet protéiforme et multi-étiquettes qui a bénéficié d'une lente maturation...

Le premier morceau, "Weltanschauung" combine clavier caressant, sillons guitaristiques et polyrythmie made in Meshuggah sur une longue plage qui séduit les oreilles, même celles allergiques aux démonstrations, comme les miennes. Un ovni qui combine à la fois une volonté d'accrocher l'auditeur sans pour autant céder à la facilité du formatage consanguin et complaisant. Le début de "I WTF" fait irrémédiablement penser au "Midlife crisis" de Faith No More puis poursuit la quête du premier morceau, en repartant sur une musique instrumentale qui use de riffs heavy et de rythmes concassés. Au petit jeu des influences, la piste Mike Patton semble se confirmer avec "The flagrance of love", un morceau dont les coups de butoirs se révèlent particulièrement jouissifs avec les écoutes. Valentin a des influences, on ressent aussi des bouts de Primus sur "12.12.12", ne s'en cache pas et propose son melting-pot ambitieux et personnel en retour. Ce qui ne gâche rien, c'est que les atmosphères sont également variées, Idiot Saint Crazy peut aussi flirter avec le blues déviant de Tom Waits sur "He'll wait", mais avec le feeling propre au musicien. Au fil des écoutes et des morceaux, il est difficile de ne pas penser que 12.12.12 est le disque d'un amoureux de la musique, de toutes les musiques. Une création de petit garçon qui s'émerveille devant les 500 galettes de sa collection, ne souhaitant absolument pas en choisir une dizaine parmi les étagères. En résulte un album aventureux (rock, metal, blues, éléctro et bien d'autres, échappant à mes petites compétences...) et cohérent qui peut s'adresser à beaucoup de chapelles et à différentes sensibilités. Néanmoins, avec quasi 80 minutes au compteur, il faut avouer que 12.12.12 est un sacré morceau à appréhender et il faut donc faire un effort d'immersion...