metal Métal > I Pilot Daemon

Biographie > Drive with the daemon

Né en avril 2005 du côté de Toulouse I Pilot Daemon fait ses premiers pas sur scène au mois de ... mai de la même année. Composé de zikos expérimenté, Baptiste (Condkoï), Sylvain (Disphoria, ex-[Dazed]), Sébastien (Explicit Clowns) et Romain (Elmeh, ex-[Dazed]), le combo partage alors l'affiche avec des pointures de la trempe de Cortez, Houston Swing Engine, Made Out Of Babies, These Arms are Snakes, Time to Burn ou Year Of No Light. En juin 2006, I Pilot Daemon entre au Laspolovegas Studio du guitariste Sylvain pour enregistrer son premier essai discographique, un mini-album intitulé Happily depressed. Le groupe signe alors chez le label de référence dans la région toulousaine, Lacrymal Records (Cellscape, [Dazed], Dona Confuse, Plebeian Grandstand) et sort donc son EP en janvier 2007. Quelques mois plus tard, I Pilot Daemon retourne en studio enregistrer quelques nouvelles compos en vue d'un Split CD partagé avec les allemands d'Anything But Yours.

I Pilot Daemon / Chronique LP > Come what may

I Pilot Daemon - Come what may Il est enfin là, le nouveau I Pilot Daemon, petit joyau noise-hardcore-sludge, qui déboule dans nos tympans pourtant acérés avec un Come what may brut de décoffrage et gorgé de cette rage froide qui ensevelie l'auditeur sous des torrents de décibels. "Goodbye nobody" pour se mettre dans l'ambiance puis bombardement noisecore sulfurique avec "After... after" et "We deserve happiness". Comme ça direct dans les gencives, juste pour tâter de l'ultime, là où les guitares tonnent comme jamais, que la paire basse/batterie vrille le crâne comme aucune autre et que le chant se charge de torpiller l'ensemble avec une énergie peu commune. Hardcore oui mais "'n'roll" aussi, quelque part entre Breach et Coalesce, le petit zeste de Converge qui fait "mâle", le son "made by IPD" est des plus compacts, insidieux même et ravage ce qu'il reste de neurones chez l'auditeur après le passage des "Only at night" et autres "The life collider", véritables brûlots addictifs dopées au hardcore-noise subversif et au groove incendiaire qui dépouille.
Des titres sanglés sur des parois émotionnelles ravagées par la haine, s'enfonçant en rappel dans des crevasses où la noirceur, étouffante et palpable, est la seule maîtresse. I Pilot Daemon ébrèche les conduits auditifs de sa victime et prend le temps, pièce après pièce, de mettre ce qui lui reste d'équilibre mental en lambeaux ("After the gold rush"). L'album s'offre alors une chute-libre vers des contrées aux atmosphères viciées, presque postcore, mais dans ce que le genre a de plus délicieusement torturé ("El savage"), entre cris déchirant la nuit et exutoire enfiévré, quand "Wild turkey", véritable attentat sonore, est une merveille de rock'n'roll aussi déviante que monstrueusement salvatrice. Les guitares se mettent dans le rouge à force de s'escrimer à contenir leur fureur, avant de finalement, céder à la tentation de tout lâcher dans les enceintes l'instant d'après et un "Purple teeth" aussi power-burné qu'écorché vif. "Black at heart" et "Lost in Madrid", achèvent de contaminer l'auditeur et on ressort de l'album en se disant qu'on a beau être entraîné, ce Come what may-là est un disque dont on ressort sérieusement ébranlé, épuisé... mais heureux. Et derrière l'ombre, après le chaos, peut-être enfin la lumière, mais ce ne sera pas pour demain. Classe...

I Pilot Daemon / Chronique Split > The lighthouse is in our back

ABY | IPD - The Lighthouse is in our back Anything But Yours vs I Pilot Daemon, ABY vs IPD soit la collision frontale entre le math-truc aux relents hardcore et effluves mélodiques d'une part, et rock'in hardcore rugueux et abrasif qui laminent les conduits auditifs d'autre-part. 3 titres pour les uns, cinq pour les autres, mais une égalité parfaite dans l'antagonisme musical : quand l'un décide de jouer la subtilité en dévoilant des mélodies vénéneuses , l'autre lui répond sans sourciller en la jouant "hard" via quelques assauts métalliques qui viennent faire saigner les enceintes. Emo post-punk dopé par quelques accents math-rock qui éloignent sensiblement Anything But Yours des sillons habituels du genre pour voir le groupe emprunter quelques chemins musicaux plus escarpés, quelques touches screamo parsemées sans complexe avant de tremper le tout dans l'acide, les allemands dévorent leurs harmonies avec appétit. Acre et dérangeant, mélodique mais déviant, énergique et magnétique, ABY parvient à fusionner la rage d'un Breach et la finesse d'un Slint ou d'un Lack, l'impact d'un Transistor transistor et l'inventivité d'un Fugazi... toutes proportions gardées évidemment.
Quant à I Pilot Daemon, ceux qui avait pu jetter une oreille sur The happily depressed seront en terrain connu. Les autres expérimenteront les douces sensations que peuvent procurer des guitares qui rampent le long de la colonne vertébrale pour venir s'insinuer en nous jusqu'à prendre possession de notre esprit. Rythme effréné qui enflamme le cortex cérébral, tension palpable, éclairs paroxystiques, guitares qui découpent la cage thoracique, IPD y va au scalpel avant de nous injecter directement en intra-veineuse, un condensé hautement addictif de Botch qui aurait copulé avec Refused. Des légendes du hardcore punk'n roll scandinave devant lesquels les toulousains ne baissent pas pavillon ("Slow moving vampires"). S'ils en héritent l'énergie brute et une écriture aussi racée qu'incisive, les quatre trouvent parfaitement leur voie et n'hésite pas à faire sauvagement parler les décibels sur un "Holy cobra" au groove stoner rock dément. Avant l'ultime saillie. Screamo puissant, hardcore rock tellurique, I Pilot Daemon déballe en toute décontraction ses compos roots et ravageuses. Une petite séance de bottage de cul branchée punk hardcore qui lessive la concurrence et met clairement les choses au clair : il faudra désormais compter avec ces quatre là.