metal Métal > I Killed The Prom Queen

Biographie > Mais qui a tué la reine du bal?

I Killed the Prom Queen s'est formé à Adélaïde en 2003 avec Michael Crafter, vocaliste plus que chanteur, Jona Weinhofen, guitariste et chant clair, Sean Kennedy, bassiste de son état, et JJ Peters aux fûts. Ils sortent un EP Choose to live or die assez rapidement, puis When goodbye means forever en 2004. Le groupe n'est pas sans rappeller Killswitch Engage ou Shadows Fall. Ils signent en 2006 sur Metal Blade Records, qui sort leur album Music for the recently deceased aux État-Unis en novembre 2006.

I Killed The Prom Queen / Chronique LP > Beloved

I Killed the Prom Queen - Beloved Intro' classieuse, presque mélancolique, "Beginning of the end" prend le temps de caresser l'auditeur dans le sens du poil avant que les premières vocalises écorchées vives ne viennent ébrécher ses sens. Lorsque guitares et section rythmique entrent à leur tour en scène, on sent déjà que la puissance de feu des Australiens va certainement faire de jolis ravages dans la tuyauterie auditive. "To the wolves" se charge dès la piste suivante de confirmer cette impression. Très grosse envie d'en découdre, une production phénoménale et un cocktail metalcore punky qui envoie sauvagement la sauce, le groupe met ici fin à quelques sept années d'absence discographique et ne manque pas son retour.

Il en profite également pour afficher clairement ses intentions, aboyant sur l'auditeur, vociférant des gangvocals corrosifs et ponctuant le premier acte de son come-back par un éloquent : "You left us for dead". Autrement dit, ça va chier maintenant. Niveau mélodique, c'est aussi très solide et ça contrebalance la débauche de moyens engagés par un groupe qui, sûr de son fait, monte au front la rage chevillée au corps. En même temps avec l'arsenal qu'il se trimballe, c'est tout de suite plus facile (cf : le très rock hardcore "Bright enough" et son groove bulldozer, le quasi épileptique "Melior"). Si bien que les morceaux se suivent, s'enchaînent à la perfection et donnent toute leur verve corrosive à un album aussi soigné dans ses moments de raffinement (si, il y en a) que dans les passages les plus destructeurs ("The beaten path"). Là forcément...

Un engagement de tous les instants, viril mais correct, I Killed the Prom Queen distribue les titres bien ravageurs comme d'autres enfilent les perles ("Thirty one & sevens", "Calvert street"), soignant son efficacité dans les impacts à coups de riffs tronçonneuse et de poussée de fièvre contaminatrice, malgré quelques facilités un peu crasses dans certains refrains ("Kærjrlighet"). Dévorant goulûment les enceintes, le groupe monte en pression et livre un "Nightmares" ouvertement guerrier, effaçant du même coup certaines tentations émo-pop-punk un peu discutables entrevues ci et là en insistant sur ses qualités premières : l'explosivité viscérale et la hargne corrosive ("No one will save us"). Juste avant de livrer un onzième et dernier titre en forme d'ogive terminale. Un "Brevity" tout en intensité déflagratrice et abrasion émotionnelle qui scelle définitivement le come-back d'un groupe qui, avec ce Beloved commet quelques erreurs mais n'en livre pas moins un album solide et d'une efficacité plus que redoutable.

En somme, une belle fessée made in Epitaph (Architects, Converge, Every Time I Die ou Retox...). Pour pas changer.

I Killed The Prom Queen / Chronique LP > Music for the recently deceased

I Killed the Prom Queen : Music for the recently deceased I Killed the Prom Queen, IKTPQ pour les intimes, envoie du bois, entre hardcore et émo (ben voyons, n'ayons pas peur des mots), des vocaux à réveiller un cadavre, IKTPQ se place dans un créneau un peu particulier, Music for the recently deceased en annonce la couleur rien que par son titre. Un album très fin donc, à diffuser dans toutes les veillées funéraires qui se respectent, à supposer que le croque-mort soit un tant soit peu rock'n'roll. Pardon aux familles, tout ça... Quitte à exploiter un filon, autant le faire avec conviction, ainsi au programme des réjouissance s'enchaîne "Say goodbye", "The deepest sleep", "Headfirst from a hangman's noose" et "There will be no violins when you die". Produit et Mixé par Fredrik Nordstrom (Kruger, Opeth, Hammerfall), Music for the recently deceased passe en revue onze titres d'un hardcore bouillonant, entre couplets intenses, déluges sonores et murs de guitares.

I Killed the Prom Queen se distingue surement par son chant écorché, à la limite death-metal, qui fait son originalité, quelques couplets un peu gentillets, un peu trop clean, comme sur "Bet it all on Black" ou "The deepest sleep" qui prennent des influences sur Drop, Dead, Gorgeous ou The Devil Wears Prada, où l'on se trouve à la limite d'un émo pour ado. IKTPQ n'hésite cependant pas à saupoudrer leurs titres, pourtant d'un bon profil, de solos foncièrement un peu décevant, "Sharks in your mouth" ou "Your shirt would look better with a Columbian neck-tie" en son de bons exemples avec des relents de Metallica ou AC/DC. Malgré ces petits défauts, I Killed the Prom Queen à plus d'un tour dans son sac, ainsi ont trouve les écorcheurs "€666", brasier de guitares, phazer circulaire, une intro rigoureuse et plombante, grogrements outranciers, et le très entrainant "The deepest sleep", guitares à couper au couteau, une basse qui claque en arrière-plan, un chant à faire tilter le médecin de garde.

Onze titres un peu bourrus à éviter les matins de gueule de bois, mais à garder pour les matins difficiles (le lundi par exemple).