metal Métal > I.C.O

Biographie > Spaghetti-core

I.C.O. se compose de 5 membres dont on ne connaîtra que la première lettre de leur prénom. I.C.O nous vient d'Italie et plus précisément de l'écurie SupernaturalCat Records (Lento, Morkobot, Ufomammut). I.C.O c'est l'abréviation d'Incoming Cerebral Overdrive. Mais I.C.O c'est également et surtout le dépositaire d'un sous-genre musical italien à souhait : le spaghetti-core.
2003, premier sortie avec une démo 3 titres promotionnelles qui met déjà en sang les tympans des non-initiés. Près de trois plus tard, le groupe passe au choses sérieuses avec un premier album baptisé CEREBRAL heART notamment mixé et masterisé par deux pontes du genre : Kurt Ballou et Alan Douches. Le résultat fait pas mal de dégâts chez les inconditionnels de hardcore brûlant et torturé du côté de la péninsule mais reste relativement confidentiel hors de ses frontières (en même temps, l'Italie et le metal, ça ne s'exporte pas bien...). A l'été 2008, I.C.O remet ça avec un deuxième album, plus hard, plus expérimental, plus brutal et avant-gardiste que son prédécesseur... qui voit le jour plus d'un an plus tard via SupernaturalCat Records. Son titre : Controverso.

I.C.O / Chronique LP > Le Stelle : A voyage adrift

I.C.O - Le Stelle - A voyage adrift Voici la folie metal expérimental italienne dans toute sa splendeur : après un Controverso qui avait joué à fond la carte d'une brutalité crasse mâtinée de technicité de pointe, I.C.O abat cette fois celle d'un mathcore avec le conceptuel Le Stelle : A voyage adrift (du moins c'est ce que l'on croit au début), toujours sorti chez le très recommandable SupernaturalCat Records (Morkobot, OvO, Lento, Ufomammut...) et qui, avec un titre du calibre de "Mirzam", ressemble de près comme de loin à un Dillinger Escape Plan italien. Métronomique et déstructuré, véloce et violent en même temps, dopé par une aisance technique rare, cela change pas mal du groupe que l'on avait connu avec l'album précédent et qui partait régulièrement dans tous les sens, mais le résultat est d'une redoutable efficacité. Pourtant ne nous leurrons pas, dès lors que commencent à poindre les premiers riffs des titres suivants, on comprend qu'Incoming Cerebral Overdrive porte toujours aussi "bien" son patronyme et son étiquette spaghetti-core assez unique en son genre. Et qu'il ne va pas tarder à le prouver.

Parce que la suite, avec "Sirius" ou "Betelgeuse" pour ne citer qu'eux, part joyeusement dans tous les sens, vrillant les tympans entre math-rock métallique déglingué et petits bricolages électroniques sortis d'on ne sait trop où. Les italiens livrent des titres mélangeant rock psychédélique, math-prog-metal syncopé et quelques autres bizarreries dans la même marmite et assaisonnent l'ensemble d'un zeste de folie pure. Et si le rendu final est donc quand même bien barré, parfois parsemé de quelques fulgurances post-black metal décharnées ("Kochab"), on a aussi parfois un peu de mal à suivre le truc dans le bon ordre et accrocher tous les wagons dans l'ordre. Malsain mais dynamique (ou dynamite ça marche aussi), mouvant et distordu, polymorphe et salement masochiste, I.C.O est donc assez insaisissable, un serpent métallique parfois blackcore bizarroïde que l'on évite parfois d'approcher de trop près, redoutant quelque peu les irrépressibles excès et autres déviances schizoïdes ("Bellatrix", "Rigel"), un peu comme si après avoir ingéré Mastodon, Secret Chiefs 3, Baroness et Mr Bungle, le groupe avait, dans un énième accès de démence psychotique, régurgité le mélange dans les enceintes.

Extrême.

I.C.O / Chronique LP > Controverso

ICO - Controverso Si un soir tu as mal à la tête, surtout n'écoute pas Controverso, le deuxième méfait sonore d'I.C.O. Jamais. Vraiment. Non mais sérieusement, c'est un conseil d'ami. Ne nous remercie pas, ça nous fait plaisir. Parce que tu peux te dire qu'on exagère, c'est pas impossible en même temps, mais sache qu'on expérimente nous-mêmes les effets des disques que nous chroniquons, notamment les dommages collatéraux qu'ils peuvent occasionner de temps à autre. Et là, on te le confirme, pour faire court : c'est du brutal. [W-Fenec reconnu d'utilité publique par le Ministère de la Santé].
Pour cerner un peu ce que fait I.C.O, il suffit d'enfourner la galette dans le mange-disque et d'appuyer sur play. Là, normalement, on se prendre une énorme déflagration en travers de la figure. Pas le temps de s'asseoir confortablement que déjà "Reflections" nous laboure déjà les tympans à coup de hardcore 50% déstructuré, 50% épileptique, 300% corrosif. Un chant gueulard, quelques vociférations à tendance black metal (pas une réussite d'ailleurs), une section rythmique qui en met partout (mais alors, vraiment partout.), on prévient les âmes sensibles, ce groupe-là n'est certainement pas là pour faire du tricot. Adeptes du pilonnage systématique primaire, les Italiens foncent droit dans le tas, vomissant leur haine dans les micros pendant que les riffs s'entrechoquent joyeusement pour faire fumer les amplis et nous piétiner les vertèbres.
"Oxygen" et "Controversial", poursuivent dans la même veine. Zéro concession, on matraque à l'aveugle et on pose les questions après (toutes ressemblances curieuses avec une quelconque police est évidemment purement fortuite.). Et tant pis pour ceux qui seront ici pris entre le marteau et l'enclume, et du coup dans l'impossibilité d'échapper à la séance de torture auditive, le groupe ébrèche les tympans, déchire les membranes auditives et poursuit consciencieusement son entreprise de démolition sonore. Résultat : ça va vite, très vite, ça frappe fort, très fort et rien n'y fait, le gang italien n'est pas vraiment décidé à ralentir la cadence. Sorte de Converge velu passé au mixeur death/grind/black avec quelques poils de Dillinger Escape Plan, I.C.O verse dans la sauvagerie métallique sans nom ("Science", "Magic") et passe en mode boucherie avec "Sound" puis "Colors". Il y en a un peu plus, ils nous le mettent quand même et enfoncent un peu plus le clou avec "There", huitième et dernier titre de cet album qui balance la tripaille par fûts entiers. Brutal.