metal Métal > Human Side

Biographie > Possible (human) side effects


Depuis près de 10 ans, Human Side affine son art, fait de post-hardcore rock et de metal brut contrasté et technique. En 2001, le groupe, originaire d'Annecy, sort son premier essai, en EP baptisé Torsion. Puis plus grand chose, ou plutôt silence radio relatif du côté du combo haut-savoyard qui connaît alors plusieurs changements internes et qui n'enrichit sa discographie qu'à partir de 2007, avec la sortie de son premier album : Lapse. Un disque autoproduit plutôt remarqué dans le milieu indé hexagonal.

Human Side / Chronique LP > Lapse


human_side_lapse.jpg Après neuf ans d'existence et un seul maxi au compteur, voici que les Human Side débarquent tranquillement avec leur premier album sous le bras. Lapse, neuf titres de post-hardcore métallique doublé de quelques plans noise-rock qui font des ravages, le tout soigneusement emballé dans un digipack élégant, une plage CD-Rom (bien sympatique avec clip, images et autres bonus), un artwork qui ne suggère rien de très gai, mais un propos parfaitement maîtrisé, patiemment orchestré. Pour aiguiller l'auditeur, on dira que Human Side se situe à la convergence des influences d'un Botch qui aurait passé une soirée avec Unsane, pendant que Condense attendait dans la voiture. Gros son métallique à la Breach, le groupe est d'une minutie extrême, affinant son alliage musical en le parsemant de nombreux petits détails qui font toute l'efficacité de l'ensemble. Hardcore chaotique mais parfaitement structuré, metal sulfurique, noise-rock oppressant, samples finement distillés, chant ou spoken word relativement en retrait, quelques interludes post-classiques au piano et violoncelle ("On high in blue tomorrows"), Human Side maîtrise le sujet et plus que ça, à des choses à dire. Un chant délibérement étouffé, à l'image de la pochette de Lapse, une poigne de fer qui cherche à entraver les mouvements d'une victime effrayée, accentuant sa pression physique sur un mental qui ne demande plus qu'à se laisser aller à céder aux faiblesses d'une âme trop longtemps torturée. Une lutte pour la survie, un duel à mort entre l'oppresseur et l'oppressé qui se traduit par un déferlement de violence, de coups portés pour mettre hors d'état de nuire l'adversaire. Chez Human Side, la douleur est insidieuse, la souffrance latente mais ne demande qu'à remonter à la surface pour éclater au grand jour ("I try to follow", "Imposing noise"). On pense variablement à Envy, Draft ou Will Haven mais le groupe parvient à se faire une petite place de choix en distillant une musique toute en rupture, tendue, lourde, écorchée vive mais qui prend le temps de varier ses ambiances. Sauvage et mesuré, mais toujours ouvragé avec un savoir-faire qui ne se dément pas, un disque aux deux visages...